Formation en digital : mes conseils aux professionnels qui changent de carrière

Formation en digital : mes conseils aux execs qui veulent changer de carrière

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Le directeur adjoint de Grenoble Ecole de Management, Jean-François Fiorina, en pleine présentation le 07/04/2017 devant mes élèves, de sa stratégie de contenu digital pour l’école. Après tout, si le patron peut le faire, les élèves le peuvent aussi. Logique, non ?

Il y a des années où, au terme d’un long tunnel de travail, sans avoir eu vraiment le temps de regarder derrière soi, on se rend compte qu’on est passé à côté de quelque chose d’important. J’aime ainsi regarder mon blog de temps en temps et relire les brouillons que je n’ai pas eu le temps de finir. C’est ce que je fais aujourd’hui et j’y trouve cette pépite dans ma liste d’articles jamais finalisés, avec une interview à laquelle j’ai participé sur le site de Cadremploi. Je profite donc de la période d’accalmie relative de juillet pour rattraper le temps perdu et prodiguer mes conseils aux professionnels qui cherchent une formation en digital.

La formation en digital : formation en quoi ?

La formation en digital est un sujet qui est a priori facile et qui pourtant est plutôt complexe. C’est que d’une part, le terme de « digital » est assez confus. Où commence-t-il et où finit-il ? Ensuite et surtout, une formation en digital,  comme une formation dans n’importe quel autre domaine, cela se réfléchit, se mûrit et ne se décrète pas dans n’importe quelles conditions.

En exergue de la lecture que je vous propose ci-dessous je vous prodigue donc quelques conseils tirés de mon expérience liée au recrutement dans mon Master spécialisé en stratégie digitale à Grenoble École de Management (NB : formation dispensée sur le campus de Paris).

Mes conseils aux pros qui cherchent une formation en digital pour leur reconversion

  • Premier conseil : commencer par son projet professionnel : pour un exec, le point focal doit être le projet professionnel et / ou de reconversion. Il faut éviter à tout prix de faire de la formation en digital parce que vous avez un passage à vide (la fameuse crise de 40 ans). En d’autres termes, la première chose que je vérifie quand j’interviewe un exec pour mon Master, c’est sa motivation positive et non sa motivation négative. Oui, je veux bien comprendre qu’il ou elle est frustré(e) dans son travail actuel ou avec ses collègues et que ce n’est pas rose tous les jours. Pour quelqu’un qui a travaillé plus de 30 ans, ce n’est pas difficile à imaginer. Mais cela ne transforme pas une position essentiellement négative (je n’aime pas ça ou ça) en une position positive (voilà ce que je veux faire !) En d’autres termes, et pour reprendre  ceux de Daniel Porot, Il faut s’intéresser à la piste d’atterrissage et non à la piste de décollage. Si, en tant que recruteur, je ne comprends pas cette piste d’atterrissage, soit j’essaie de l’éclaircir avec le candidat jusqu’à temps que cela devienne clair, soit je le dissuade de réaliser cette formation car il n’en sortirait que frustration.

  • Le deuxième conseil est d’éviter le miroir aux alouettes. Qu’entends-je par là ? Le digital est à la mode, donc je veux être à la mode, donc je veux faire du digital. Cela ne suffit pas car le digital n’est pas qu’une matière floue. C’est aussi une matière multi spécialisée qui implique une haute technicité à la fois d’un point de vue de la compréhension technique et marketing. En gros, il faut toujours un double profil assez difficile à circonscrire, et qui ne sera jamais le même en fonction de votre profil d’origine. L’ingénieur qui se forme au marketing aura beaucoup de problèmes sur certaines choses et moins sur d’autres et vice versa pour celui qui vient d’une école de commerce. Il n’y a pas d’interdits par rapport à une formation initiale ou une autre, on peut avoir des ingénieurs qui évoluent vers le marketing de façon très satisfaisant et vice versa, ce n’est pas le point de départ qui compte encore une fois, c’est le point d’arrivée.
  • Il faut également vous mettre dans le crâne que vous ne deviendrez pas programmeurau terme d’une formation en digital marketing. Sinon il vous faut vous diriger vers une formation au sein d’une école d’ingénieurs. Mais pour un étudiant en executive qui est déjà en poste et qui aspire à des fonctions managériales, il est rare de se diriger vers la programmation. Ne vous méprenez pas, je ne minimise pas l’importance de la programmation, au contraire et je connais des exemples de marketeurs qui sont devenus des experts techniques (j’en ai même un dans mon équipe de professeurs, et j’en ai été moi-même). Mais le cas est plus rare. Il n’y a pas besoin d’être programmeur pour être responsable de maîtrise d’ouvrage et diriger des programmeurs. Je l’ai fait assez souvent dans ma carrière, et même si j’ai appris la programmation tout seul sur un langage qui aujourd’hui n’existe plus et n’a rien à voir avec les langages du Web, j’en sais suffisamment pour pouvoir travailler avec des techniciens et apprécier leur travail à sa juste valeur. Et prendre beaucoup de plaisir à travailler avec eux aussi.
  • Il va falloir aussi apprendre à repartir de zéro car s’asseoir sur les bancs d’une école quand on a entre 30 et 50 ans, ce n’est pas aussi simple que cela. Cela peut même être très frustrant car il y a des passages obligés (des devoirs, des cas d’école et la fameuse thèse professionnelle), qui ne sont pas forcément très faciles à réaliser quand on est un professionnel et qu’on n’a plus l’habitude des examens. C’est un peu scolaire mais en même temps, cela permet de mesurer ses connaissances et de faire le point. Il faut donc accepter de repartir à zéro et cette frustration demande, pour être acceptée, beaucoup d’humilité.
  • Mon conseil suivant serait de vous dire que la reconversion est également un travail à temps plein. Ne croyez pas que vous allez faire cela en plus de votre boulot et qu’un jour comme par miracle une reconversion va intervenir. Personne dans les grandes entreprises, sauf exception exceptionnelle, ne vous attend à la fin de la formation pour vous dérouler un tapis rouge. Il vous faudra vous-même trouver une piste d’atterrissage à l’intérieur de l’entreprise, ou à l’extérieur, si l’opportunité ne se présente pas. En d’autres termes, vous êtes responsable de votre avenir et ce type de formation est un bon moyen de mettre les choses au point pour décider de repartir de zéro en changeant le cours de sa carrière. C’est un tremplin. Pas une fin en soi.
  • Une chose importante également est de comprendre que dans une formation comme celle-ci, certes les professeurs et les enseignants pourront vous apporter et vous apprendre des choses, mais l’essentiel viendra toujours de vous. Même après avoir réussi tous les examens et avoir passé la thèse professionnelle, c’est encore vous qui ferez la différence à la fin du processus et qui ferez en sorte que votre formation est une réussite ou un échec. Ce qu’il faut éviter à tout prix, c’est de se retrouver dans une position où il n’est pas possible de mettre en pratique ce que vous avez appris lors de la formation. Si vous apprenez tout du digital et que vous êtes obligé d’attendre deux ans ou trois ans pour pouvoir le mettre en œuvre, alors dans ce cas il y a maldonne et il vous faudra recommencer tout à zéro car vous aurez, par manque de pratique, oublié l’essentiel de ce que vous aurez appris. N’oubliez pas encore une fois que l’essentiel de ce que vous allez apprendre  sera ce que vous aurez mis en œuvre vous-même. C’est pour cela que notre enseignement est essentiellement basé sur la pratique. Mais même cela ne suffit pas. Donc, si vous n’avez pas la possibilité de mettre en œuvre ce nouveau savoir, revenez à la question précédente et reposez-vous la question de savoir si vous avez fait tout ce qu’il faut pour changer véritablement de poste. J’ai vu des execs trancher sur cette question en décidant carrément de quitter leur emploi actuel, ce qui leur permettait de ce consacrer pleinement à cette recherche d’une nouvelle voie. Vous pouvez également décider de prendre un congé sabbatique puisque celui-ci, en principe, ne peut être refusé. On peut même exercer un nouveau job pendant un congés sabbatique, ce qui permet de faire un test et de voir si cela vous convient bien.
  • Dernier point et non des moindres pour ce qui concerne la formation, s’assurer que votre niveau en anglais est au minimum correct car cette formation est internationale et nécessite donc une bonne maîtrise de cette langue d’autant plus que bon nombre d’élèves de cette formation sont étrangers et ils ne comprendraient pas que vous ne puissiez pas suivre le cours en anglais ni que vous ne soyez capables de vous exprimer dans cette langue. Ceci serait également un gros handicap pour le passage des différents examens et plus encore, pour la suite de votre carrière. Il y a 35 ans mon Père me répétait que sans l’anglais je ne réussirais pas ma carrière, alors 35 après, j’aurais tendance à dire qu’il vous faut maîtriser 2 ou 3 langues. Bon, sinon il y a des formations en français, mais quel dommage de ne pas vouloir embrasser le vaste monde !

Voici mes conseils, je vous invite maintenant à lire l’article de Cadremploi :

Choisir sa formation en digital ? les conseils de Cadremploi

Le secteur du digital est si vaste que ses contours sont parfois un peu flous, de l’aveu même de nos experts

! Difficile dans ces conditions de trouver une formation adéquate. Cadremploi a interrogé trois experts pour vous aider à connaître quelques grands principes et vous aider à choisir le programme adapté pour vous. Quelle durée suis-je prêt à investir dans ma formation ? Si vous hésitez encore, sachez que la question de la durée est essentielle dans un secteur comme le digital, où les formations courtes (quelques semaines, voire quelques jours) sont légion.

formation en digital
Le blog de mes élèves sur http://digital-me-up.com est un bon endroit pour se rendre compte de la formation, de ce que les élèves en retirent et de leur capacité aussi à apprendre à marcher en marchant. Enfin, c’est un objet de motivation pour beaucoup d’entre eux et d’inspiration pour quelques uns qui ont compris la puissance du content marketing et n’hésitent pas à le mettre en oeuvre dans leur entreprise ou pour eux-mêmes.

« En quelques semaines, on peut maîtriser un ou deux concepts – comme Photoshop par exemple, mais pas plus », assure Lamia Moussaoui, professeure à Skema Business School. Faut-il pour autant rejeter en bloc les formations courtes ? Tout dépend de votre profil, explique Geneviève Metz, directrice de Télécom Evolution*.

Une formation de quelques jours peut vous être utile si vous cherchez à acquérir une culture générale sur le digital. Mais pour ceux qui ont tout à apprendre, c’est le Mastère Spécialisé, une formation d’un an d’équivalent bac+6, qu’il faut choisir. Faut-il apprendre à coder ?Que les allergiques aux lignes de code se rassurent : ce n’est en rien obligatoire ! « Est-ce qu’on exige d’un Chief Digital Marketing Officer qu’il sache coder ?

La réponse est clairement non ! » martèle Yann Gourvennec, responsable du MS Stratégie Digitale de Grenoble École de Management. Tout dépend du métier que vous visez.« Demandez-vous ce que vous voulez faire, conseille Lamia Moussaoui. Si ce sont les métiers techniques qui vous intéressent – le développement d’applications, le machine learning, la blockchain – visez une école d’ingénieurs.

Mais si vous voulez travailler sur de la stratégie digitale – c’est-à-dire savoir utiliser efficacement les outils numériques au sein de l’entreprise – alors c’est une école de commerce ou une université qu’il vous faut. »

Source : sur le site de Cadremploi Quelle formation en digital pour faire avancer votre carrière ?

Formation en digital : mes conseils aux professionnels qui changent de carrière was last modified: juillet 5th, 2017 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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