LinkedIn : vers une plus grande professionnalisation des usages

Avec ses 13 479 110 abonnés en France (500 millions dans le monde)LinkedIn LinkedIn, récemment racheté par Microsoft propose toujours plus de nouvelles fonctionnalités génératrices de business, pour qui sait bien les utiliser. Si l’outil s’est enrichi au fil du temps de nouveaux services, il faut songer, pour en avoir une bonne utilisation, à vérifier que l’on en connaît bien certaines règles de base. Experte enthousiaste de cette accélération et de ces mutations, Joëlle Walraevens a publié à la rentrée dernière, aux éditions Kawa, la deuxième version de son ouvrage LinkedIn, le guide pratique moins d’un an après la sortie du premier. Un guide incontournable, actualisé pour une appréhension intelligente et concrète de l’outil. Nous l’avions rencontrée pour faire le point sur les évolutions de LinkedIn et échanger sur les clés d’une utilisation pertinente.

 

LinkedIn : Un outil puissant et en constante mutation

Si le premier guide était une clé pour bien utiliser LinkedIn, le deuxième guide se veut un allié pour dynamiser sa vie professionnelle et véritablement exploiter l’outil. « L’ouvrage comprend désormais plus de préconisations pratiques que de captures d’écran, LinkedIn ayant changé tout son layout. Le but est de bien aiguiller le lecteur, étape par étape », explique Joëlle Walraevens.

En effet, LinkedIn a fait peau neuve avec la refonte graphique de toute son interface. Outre ces changements en termes de design, il propose aussi une nouvelle navigation sur son site. Certaines rubriques ou thématiques sont maintenant regroupées et simplifiées ; certaines fonctionnalités apparaissent en « pop up » ou avec un volet dédié  sur l’écran (comme la messagerie). En outre, le rachat de LinkedIn par Microsoft en 2016 va sans aucun doute dynamiser encore davantage le développement de nouvelles fonctionnalités et d’outils.

 

Pour les entreprises, de belles opportunités en termes de ressources humaines et de développement

Les évolutions majeures récentes de LinkedIn en font un véritable allié de l’entreprise au quotidien, avec, notamment, des services dédiés pour les équipes de ressources humaines et les équipes commerciales.

Pour les ressources humaines, on y trouve des outils clé en main : « LinkedIn propose par exemple des kits d’intégration, qui expliquent comment travailler sur la notion d’ambassadeur pour les salariés, pour mettre en avant l’entreprise. »

Au niveau des fonctions commerciales, l’outil de social selling Sales Navigator, a été enrichi de nouvelles options, comme la possibilité pour les commerciaux d’identifier des prospects. Il permet également une nouvelle interconnexion entre les utilisateurs, qui peuvent voir à quelle entreprise leurs collègues sont déjà connectés, ce qui peut faciliter leur veille ainsi qu’une potentielle mise en relation. C’est donc un atout précieux pour la prospection. LinkedIn a par ailleurs racheté son client Point Drive, qui facilite l’échange de contenu avec ses clients et prospects, en s’adaptant parfaitement à eux : il est par exemple possible d’identifier quels contenus partagés ont retenu leur attention .

Un déploiement de l’offre payante au détriment des fonctions originelles de l’outil ?  

Avec cette montée en puissance constante de l’outil, ne peut-on pas craindre d’aller vers un tout commercial, déstabilisant pour certains utilisateurs et écartant, de fait, les entreprises de taille modeste ? La fonction première et la valeur ajoutée de l’outil, résidant dans l’échange spontané entre individus, pourrait-elle en être amoindrie ?

L’afflux de publicités peut donner une impression de « tout sponsorisé ». Depuis fin avril, LinkedIn a lancé une nouvelle offre publicitaire, Matched Audiences, qui se déploie au travers de 3 outils différents de ciblage. « C’est effectivement un challenge pour une entreprise de se distinguer parmi les centaines de millions de membres. Tout le monde communique : cela peut mener à une déperdition du message. Il est alors difficile, pour une petite entreprise, de se démarquer dans cet environnement très concurrentiel et de tirer son épingle du jeu, les solutions actuelles existantes étant relativement onéreuses. Mais on peut s’attendre à la mise en place d’offres pour les petites structures à long terme. »

 

Par ailleurs, le rachat stratégique de LinkedIn par Microsoft peut effectivement questionner sur la vocation de l’outil à bien rester un réseau social : «C’est une très belle opération pour Microsoft, qui a désormais un carnet d’adresses de près de 500 millions de contacts. On souhaite que LinkedIn ne devienne pas un simple outil informatique lambda mais qu’il veille à conserver cette part d’humanité. »

Justement, du côté de l’utilisateur individuel au quotidien, quels sont les bons réflexes à avoir pour donner vie à son profil ?

  

Nourrir son profil pour nourrir son business, avec les bons ingrédients : les do’s and don’t de l’utilisateur 

« Un outil informatique qui n’évolue pas est voué à mourir ». Ce constat est sans doute valable également pour le profil des utilisateurs. Une fois le profil créé, il est souhaitable de le faire vivre avec des contenus pertinents, ou de témoigner a minima d’une activité régulière en ligne. Poster, réagir, commenter… autant de postures possibles, mais il faut éviter de seulement « publier pour publier » à tort et à travers.

Pour les utilisateurs individuels, Joëlle Walraevens rappelle qu’il est essentiel de ne pas naviguer à vue et de décider d’un stratégie d’utilisation dès le départ : que veut-on faire sur LinkedIn? Qu’y cherche-t-on ? A quoi va servir l’outil ? Ainsi, le fait d’être inscrit sur LinkedIn ne suffit pas : il faut, pour l’utilisateur, entretenir soigneusement son profil : Joëlle recommande de s’y consacrer une heure par semaine. Un temps nécessaire, consacré à son propre professional branding, élément incontournable de la construction d’une carrière.

Il est donc important d’éviter cette errance numérique qui passerait par des publications sans réelle valeur ajoutée ou par l’absence d’action, laissant le profil à l’abandon. Ou encore, l’adoption d’un comportement « presse bouton » comme le nomme Joëlle, qui consiste à demander ou accepter des mises en relation en masse, ce qui manque de cohérence d’un point de vue business. Car une fois tous ces contacts ajoutés, que fait-on de la relation ? Ces ajouts ont-t-il vraiment du sens ?

Outil business à part entière, LinkedIn doit enfin effet rester dédié à la sphère professionnelle. L’utiliser comme un « Facebook bis » serait une erreur, nuisible à la crédibilité de l’utilisateur : « On voit une certaine déperdition au niveau du professionnalisme sur certaines publications. LinkedIn reste un outil business, et plutôt BtoB ».

Avec toutes ces évolutions éditoriales et technologiques, retenons donc que Linkedin est avant tout un réseau social, et que cette vocation première doit être préservée pour des échanges professionnels riches de sens. Cela passe par la pertinence et l’authenticité du contenu, y compris dans un échange « purement professionnel » ou émanant d’une entreprise. « La personne qui est sur LinkedIn est un être humain, et le réseau social existait déjà bien avant le digital. L’individu est un être sociable par nature et l’interaction générée sur les réseaux sociaux, même si des outils existent pour mécaniser certaines opérations, restent le fait d’individus »

 

LinkedIn : vers une plus grande professionnalisation des usages was last modified: juin 20th, 2017 by Caroline Chemouilli

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