Innovation : quatre secrets du succès de la Silicon Valley

Berceau des géants du net, véritable mine d’innovation, centre névralgique des nouvelles technologies, la Silicon Valley est une source de fascination pour nombre d’entreprises qui rêvent de découvrir les secrets de cette réussite. C’est le but du livre écrit par Guillaume Villon de Benveniste, intitulé Les secrets des entreprises de la silicon valley : innover pour devenir leader et paru aux éditions Eyrolles.

On entend beaucoup parler de la Silicon Valley, comment peut-on la décrire ?

On peut la définir comme l’épicentre mondial de l’innovation. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a 120 ans, la Silicon Valley était à Paris, ici dans le neuvième arrondissement. On imaginait à l’époque que depuis l’Avenue de l’Opéra, qui était très large, on pourrait y faire décoller des avions !

Silicon Valley
Quels sont les secrets pour que les efforts d’innovation réalisés par les entreprises portent leurs fruits ?

Nous allons parler des entrepreneurs de la Silicon Valley. As-tu fait un choix parmi ces entrepreneurs ? Est-ce la bio-Tech ? La Hi-Tech informatique ?

Je n’ai pas de choix particulier, mais je me suis beaucoup inspiré d’Apple, car cette entreprise a réalisé une performance sans égale en matière d’innovation, sur la dernière décennie. Je me suis également inspiré de la façon d’innover dans la Silicon Valley. On pourrait en apprendre beaucoup en France. L’objectif est d’expliquer ce que les gens font dans la Silicon Valley, et la façon dont ils réussissent l’innovation là où nous avons peut-être quelques difficultés.

Quels sont ces secrets ?

Il y en a quartre :

Le premier secret, qui nous concerne, je pense, nous Français, est de se convaincre que le vecteur de compétitivité majeur, c’est l’innovation. Je dis cela car si l’on se penche sur nos 30 dernières années France, les coûts sont rationnalisés, vont dans les pays émergeants, vers les fusions et acquisitions etc. Dans la Silicon Valley, on s’aperçoit qu’il y a une foi dans l’innovation, pas juste parce que l’on trouve que c’est sympa d’innover, mais car il y a une compréhension de sa fonction économique et de son apport en compétitivité.

Le deuxième secret est de donner un sens à ce qu’est l’innovation. Il y a différentes façon de donner un sens, et l’écueil qui est le nôtre en France est, de mon point de vue, que l’on est capable de faire de nouvelles choses que personne n’achète. On fait ce que j’appelle de l’invention, sans avoir cette culture commerciale. Dans un processus d’innovation la première question est : « qu’est-ce qui va déclencher l’acte d’achat ? ». C’est quelque chose que l’on a moins l’habitude de faire en France. Les entreprises de la Silicon Valley sont moins focalisées sur la technologie et plus sur ce qui fait qu’un client va acheter.

Le troisième secret est la culture du consommateur et du client. Prenons le cas de la musique : Sur les 75 dernières années, on constate qu’il y a eu différentes formes de produit : les 45 tours, les 33 tours, les cassettes audio, les CD, les IPods le Streaming… Ce qui est remarquable, c’est que le leader ne reste jamais en place lorsque l’on change une forme de produit, quand on va d’une forme de produit à une autre, alors que le leader a tous les avantages compétitifs et devraient pouvoir investir pour faire de nouvelles choses. Mais curieusement, les entreprises n’en ont jamais été capables. Par exemple, Philips était leader avec la cassette, il a co-inventé le CD avec Sony, mais a perdu son leadership lorsque le CD est devenu la forme de produit dominante dans le monde de la musique. On ne peut pas reprocher à PHILIPS de ne pas avoir inventé le CD : ils ont inventé le CD, mais ils n’ont peut-être pas su innover. On est ici dans des subtilités… Dans ce cas-là, le Walkman a été conçu par Sony : toute la création d’un nouveau matériel musical sur la base de la technologie du CD a été effectuée par Sony, pas par Philips.

Le quatrième secret est l’idée que passer d’une forme de produit à une autre est capital. La vie du consommateur doit devenir plus simple : le fait d’écouter de la musique devient plus simple en passant du CD à l’IPod. Le fait d’acheter de la musique devient également plus facile puisque l’on n’a pas besoin d’aller dans un magasin, et cela a des conséquences économiques incroyables. C’est la faillite de Tower Records avec 200 000 emplois qui disparaissent. Le consommateur choisit une technologie, une forme de produit et même toute une structure économique pour rendre sa vie plus facile, pas par amour pour une technologie.

Pourtant, on se demande encore à quoi sert L’Apple Watch…

On ne le sait pas. Pour qu’une innovation dure, il faut que l’on comprenne à quoi ça sert, et cela fait la différence entre une innovation et un gadget. Certains gadgets représentent quelque chose de nouveau mais ne s’immiscent pas dans notre quotidien de façon durable, tandis qu’une innovation s’immisce directement dans notre quotidien.

Il y a dans la Silicon Valley des entreprises dont on ne connait pas toujours les noms, mais qui sont aussi foisonnement d’innovation.

Absolument, Philippe Collombel de chez Partechestime qu’aujourd’hui, qu’il y a une cinquantaine de startup avec une valorisation de l’ordre de 1.000.000.000 de dollars. Et derrière celles-ci, il y a plus de 200 entreprise dans l’ordre de 500.000.000 dollars.

La Silicon Valley est aussi très atypique par rapport au reste des Etats-Unis

Elle est effectivement assez atypique : il y a eu un certain nombre d’études qui ont été menées pour essayer de comprendre ce qui fait que la Silicon Valley est si particulière. L’armée américaine, pendant a guerre froide, a beaucoup investi dans la Silicon Valley, dans des entreprises comme Intel. Il y a aussi le fait qu’aujourd’hui, sur un sujet un peu différent,  on trouve dans la Silicon Valley une culture un peu différente de celle de Los Angeles, par exemple. Il y a une culture de collaboration chez les ingénieurs, les investisseurs etc. Il y a quelques mois, j’étais dans un café dans la Silicon Valley à San Francisco, et en attendant une personne, j’écoutais de quoi les gens parlaient. Et je pense qu’à peu près trois quart des gens parlaient de startup, d’investissement, de ce que l’un avait perdu, de ce que l’autre avait gagné etc. Je vais aussi dans les cafés à Paris, où l’on parle de sujets très différents, plus géopolitiques, et moins d’innovation.

Le Silicon sentier est une sorte de microcosme tout comme la Californie est un microcosme aux Etats Unis ?

J’ai senti depuis deux ans qu’il y a un éveil sur les sujets d’innovation et de startup en France. C’est par exemple devenu plus courant de lever de l’argent, alors qu’il y a seulement trois ans Louis Gallois regrettait qu’il n’y ait pas suffisamment de financement d’innovation en France. Tout cela est en train de changer : il y a une amorce positive.

Récemment, le patron de Cisco, John Chambers, est venu déverser une tonne d’argent en France.

Absolument, 200 millions. C’est un bon début, d’autant qu’il n’a pas tari d’éloges envers les startups françaises. Quand je vois l’écosystème français, je constate qu’il est en plein développement. La seule chose que j’aurais à regretter (si je peux me permettre) est que cet écosystème de startup a le mérite d’exister beaucoup plus maintenant qu’il y a seulement 5 ans par exemple, et n’a peut-être pas suffisamment essaimé dans les grandes entreprises du CAC40 français. On constate qu’il y a aussi beaucoup de créations de ce que l’on appelle des Labs, OpenLabs, innovation Labs, etc, dans de nombreux secteurs, comme les banques et les entreprises industrielles. Dans les processus de fabrication de production de ces grandes entreprises du CAC40, l’innovation est encore peut-être sous-représentée. Et on en revient au premier secret des entrepreneurs, c’est que la clé de la compétitivité, c’est l’innovation.

Innovation : quatre secrets du succès de la Silicon Valley was last modified: janvier 25th, 2016 by Cédric Jeanblanc
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Cédric Jeanblanc

Consultant Junior en Web Marketing chez Visionary Marketing
Cédric est consultant en Web Marketing chez Visionary Marketing. Nommé "étoile montante du content marketing" par la Content Marketing Academy, il est spécialisé en production de contenus multimédia, articles de fond, vidéos et podcasts.
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