RSE : utilisation, efficacité et performance (tribune libre)

Depuis maintenant quelques années, les réseaux sociaux ont largement envahi nos vies personnelles : nous passons en en effet  6h45 par mois sur Facebook (source Blogdumodérateur). Mais au delà de cet usage personnel, c’est aussi au travail que nous utilisons ces réseaux, tant est si bien qu’ils sont sujet de discorde au sein des entreprises car ils nuiseraient à l’efficacité et à la productivité. Cependant, malgré la distraction qu’ils représentent au travail, les réseaux comme Facebook, Twitter ou Linkedin sont indispensables dans la vie professionnelle. La création de réseaux sociaux d’entreprise (RSE) ont notamment fait leurs preuves avec la société Atos et son avancée dans le social business. Mais pour autant, s’agit-il de la solution idéale pour les entreprises qui souhaitent développer les relations sociales au sein de leur activité ?

Facebook vs RSE

Les longues journées de travail ne sont finalement plus si longues quand on intègre le temps passé sur les réseaux sociaux (Facebook majoritairement). 6 employés sur 10 se connectent au moins une fois par jour sur ce type de réseau, dans 80% des cas pour des raisons personnelles.

Ce qui n’est pas forcément du goût de certains employeurs pour qui l’utilisation des réseaux sociaux doit être limitée au minimum pour favoriser la productivité. Cependant, avec le changement des mœurs et l’immédiateté de l’information, il est bien compliqué aujourd’hui de se séparer de ces plateformes.

Et d’ailleurs, des cas d’abus des réseaux sociaux au travail ont amené un arrêt le 26 février 2013 qui condamne comme “faute grave” cet abus. La loi progresse petit à petit par rapport à ce sujet et va dans le sens de la rédaction de chartes définissant un temps alloué aux connexions sur ces réseaux sociaux.

Exploiter certains réseaux sociaux comme véritable outil professionnel

RSE chef d'orchestre
un RSE qui  donne le « la »

On le voit de nos jours, les techniques de recrutement évoluent et se servent des réseaux sociaux : de plus en plus d’annonces pullulent sur Facebook voire même des groupes dédiés à des recherches d’emploi comme OCCAZZISSIME Jobs & Stages qui regroupe des milliers de membres. Le caractère immédiat des réponses à ces demandes d’emploi y est pour beaucoup, car le processus de recherche est souvent long et apporte rarement satisfaction. Les réseaux sociaux pallient au moins à cette rétention du temps.

Avec seulement 21 minutes passées par mois sur Twitter, les employés négligent un outil qui est pourtant précieux concernant la veille concurrentielle.
La veille est pourtant un élément capital de la vie d’une entreprise ;  c’est pourquoi, toute entreprise doit s’en parer pour être au courant de sa visibilité, de la relation qu’elle mène avec son client et du capital sympathie qu’elle dégage.

Les réseaux sociaux d’entreprise : un premier pas qui doit en appeler d’autres

Sachant que la satisfaction des employés grimpe de 20 points quand on leur permet d’utiliser les réseaux sociaux au travail (source RTL), alors pourquoi ne pas tout simplement mettre en oeuvre un Réseau Social d’Entreprise (RSE) ?

Ces réseaux sociaux regroupent tous leurs membres  et la communication interne au sein d’une même identité,  celle de l’entreprise. Grâce à leurs implémentations timides mais de plus en plus nombreuses, les RSE font notamment gagner du temps aux projets et on synthétise la communication puisque les différentes strates de la hiérarchie –direction des ressources humaines, de la communication, et générale- sont, de fait, mises en relation.

Déjà 80 % des entreprises du CAC 40 se sont paré d’un RSE, avec près de 2500 utilisateurs actifs en moyenne en plus par an d’après Les Echos. Cette solution permet de mettre tous les acteurs professionnels en réseau et de développer ce dernier par des rencontres qui seront, elles, physiques.

Objectif zéro email : le RSE selon Atos

Atos, acteur international des solutions informatiques lance depuis 2009 des outils pour les entreprises orientés autour de 4 axes : augmenter la productivité, favoriser la collaboration entre les membres d’une communauté de travail, engendrer l’innovation et enfin rendre leur pleine satisfaction aux employés.

Je me suis intéressé à quelques uns des outils proposés par cette société qui sont amenés à devenir de réelles alternatives pour les entreprises qui souhaiteraient devenir comme le dit Atos, une organisation intelligente (Smart Organization).

  • Il y a d’abord eu en 2011 le programme Zero Mail qui visait à réduire le temps passé par les employés sur leurs emails. Ce temps gagné serait optimisé sur d’autres tâches et accroitrait de fait la productivité de l’entreprise.
    Trois ans plus tard, le président d’Atos Thierry Breton se félicitait “d’avoir réduit de 60% les mails internes envoyés par ses employés”, grâce à son RSE. La moitié d’un effectif constitué de 80.000 personnes n’envoie plus qu’une quarantaine de ces messages au lieu d’une centaine auparavant.
  • Atos a aussi repris Blue Kiwi, cet éditeur de RSE, afin de permettre encore une fois la diminution du nombre d’emails mais aussi et surtout un gain considérable de productivité grâce à l’interactivité entre les membres. Celui-ci est désormais utilisé par 80% des collaborateurs d’Atos avec pas moins de 300.000 posts mensuels en février 2014 d’après la société, ce qui prouve que le partage d’informations au sein du groupe est grandissant si ce n’est culminant.

Les outils collaboratifs comme le RSE doivent encore faire leurs preuves

Un premier chiffre venant d’une étude menée par Gartner : 80% des projets collaboratifs ont ou vont échouer.
Et il existe une réponse à savoir que les entreprises idéalisent les RSE qui ne sont souvent qu’un outil de plus dans la vie d’un collaborateur. Suivez ma logique, sans réelle approche managériale, ces outils seront destinés à mourir à petit feu et seront rendus au rang de réseau social.

La vraie question est donc ce que veulent faire les entreprises de ces réseaux sociaux. Le prisme de beaucoup d’entre elles est de se parer d’un RSE pour être perçue comme digitale. Seulement, le RSE ne résout pas tout et doit être plutôt appréhendée comme un outil facilitant la productivité et qui au contraire, ne l’incarne pas. Des entreprises comme Pernot-Ricard ont su prendre ce virage grâce à l’outil Chatter et à une bonne connaissance de ses communautés.

En effet, le soucis était de “développer nos marques et mettre en réseau nos 18 800 collaborateurs dans le monde », comme l’expliquait Olivier Cavil, directeur de la communication de Pernod Ricard. C’est ainsi que 4 types de communautés ont vu le jour au sein de ce RSE à savoir les collaborateurs entre eux, les groupes formés autour d’intérêts communs, par métiers et enfin par projets. Et les chiffres sont sans appel :  un taux d’utilisation de 60% de ses collaborateurs toutes les deux semaines, 87% de satisfaction par rapport à l’outil et près de 15.000 posts déjà publiés, d’après le journaldunet.

Ainsi, il faut raisonner les réseaux sociaux d’entreprise comme une solution technologique mais qui regroupe bien des personnes amenées à collaborer “physiquement”. De plus, pour mieux apprécier ces dits résultats par rapport à la productivité, il conviendra de revoir l’avancée de ces outils à moyen/long terme.

RSE : utilisation, efficacité et performance (tribune libre) was last modified: mai 20th, 2015 by Nicolas Laurent

marketing B2B avec les médias sociaux : 6 critères de succès

La sélection du jour est…

Cet article dédié au marketing B2B avec les médias sociaux que j’ai écrit récemment pour notre nouveau site Web, dont l’intégration 100 % responsive design vous permettra de poursuivre cette lecture sur votre mobile. Les sujets du marketing B2B sont souvent minimisés pourtant, on oublie qu’une grande majorité du commerce est réalisée par ces échanges d’entreprise à entreprise. Si j’en crois les co-auteurs de Wikipédia il s’agirait d’une proportion d’environ 70 % bien que je n’aie pas encore réussi à croiser cette information ; je la juge cependant assez crédible, affaire à suivre.

Pourtant, le marketing B2B manque sérieusement de documentation et d’experts, la plupart des élèves sortant de nos écoles de commerce préférant se jeter sur le marketing du B2C, apparemment plus facile. C’est bien dommage, car le B2B offre de nombreux avantages, et pas seulement celui d’une plus faible concurrence. Les sujets du B2B sont souvent plus profonds (voir notre schéma de comparaison B2B et B2C ci-dessous) et se prêtent particulièrement à l’usage des médias sociaux, contrairement aux idées reçues. J’ai donc listé ici quelques points qui me paraissent particulièrement cruciaux pour l’usage des médias sociaux en rapport avec le marketing B2B et je vous engage à lire également la suite de l’article qui est intégralement repris sur notre site Web 

Les critères de succès du marketing B2B dans les médias sociaux peuvent être résumés ainsi :

marketing B2B et marketing B2C et pertinence avec les médias sociaux
marketing B2B et marketing B2C et pertinence avec les médias sociaux
  • Premièrement, la vente en business-to-business s’établit essentiellement autour d’une démarche d’apport de solutions (au sens de ce qui est décrit dans Solution Selling par Michael T. Bosworth).  Pour schématiser, on peut dire que dans le marketing du B2B, ce qui marche le mieux, c’est comment on documente, résout – voire même comment on aide à faire émerger – les problèmes devant les yeux des clients avant de les résoudre. Ce genre de démarche consultative ne peut pas être réalisé par des gens qui ne connaissent pas le domaine technologique ou professionnel auquel se rapporte le contenu. Seules des personnes capables de comprendre le domaine sont aptes à s’exprimer sans faire d’erreur. Dans ce cas, les communicants jouent surtout un rôle de soutien … ou de chambre d’écho quand les experts n’ont pas la capacité ou le temps nécessaire pour s’exprimer.
  • Deuxièmement, les interlocuteurs de ces « techniciens » sont d’autres techniciens qui eux-aussi naviguent sur les médias sociaux, et en particulier les blogs, afin de trouver des réponses à leurs questions et leurs problématiques. C’est quand le marketeur aura documenté ces problèmes que l’acheteur trouvera une véritable réponse à ces questions.
  • Troisièmement, le B2B touche souvent de petites communautés très vivaces et très proches les unes des autres, souvent passionnées par leur domaine. Les médias sociaux agissent très bien dans ce domaine, notamment autour des blogs, où l’on trouve souvent de petits nombres de commentaires mais très riches et très documentés.
  • En marketing B2B il est facile de créer un esprit d'entraide et de passion autour d'un sujet : ici le cloud computing chez Orange Cloud for BusinessQuatrièmement, tout le monde n’est pas en effet capable de créer un contenu, ni de parler devant un client, mais force est de constater que beaucoup de techniciens, spécialistes de l’avant-vente, marketeurs des domaines des techniques, etc. parlent déjà devant des clients, ont l’habitude de s’exprimer en public, d’écrire des livres techniques ou technico-marketing et de concevoir des présentations … La caricature qui veut que l’ingénieur soit nul en présentation est un poncif. Beaucoup sont excellents, et même souvent meilleurs que certains communicants. Il n’y a donc qu’un pas dès lors à franchir pour leur donner accès aux médias sociaux ouverts, ce qui leur permettra d’industrialiser ce marketing du bouche-à-oreille, dont ils sont dépositaires de la matière brute : le contenu. D’autre fois, le communicant saura les accompagner pour les aider à mettre en forme leur savoir, à le promouvoir surtout, c’est cela qui fera toute la différence.
  • Cinquièmement, le B2B procède d’une démarche d’écosystème, classique dans le marketing du bouche-à-oreille et qui fonctionne parfaitement dans le business-to-business. Les techniciens parlent aux techniciens, et dans ce cas il n’y a pas d’effet de timidité ou de retrait, chacun peut s’exprimer librement. (voir par exemple cette réunion blogueurs et influenceurs réalisée pour le compte d’Orange Cloud for Business fin 2014, un des nombreux exemples d’esprit d’écosystème autour d’un thème fédérateur, le cloud compting (photo ci-dessus à droite)
  • Sixièmement, la dernière des choses à faire, c’est de forcer quelqu’un à prendre la parole en public s’il ne le désire pas. Il faut donc identifier les personnels les plus aptes, les encourager, et les laisser eux-mêmes encourager leurs voisins. C’est unedémarche essentiellement virale et participative. Notre phrase magique, c’est d’annoncer tout de go que « vous ne serez jamais des blogueurs, mais des professionnels qui bloguent ». C’est plus qu’une formule de rhétorique, c’est un véritable déclencheur qui permet de passer la barrière de la timidité et donne les moyens à quiconque de se dépasser. Dans le cas où cette démarche d’apprentissage ne peut fonctionner, Visionary Marketing accompagne ses clients pour les aider à mettre en forme les contenus et contourner l’effet de nombre qui pose problème. Les techniciens ou experts n’ont peut-être pas le temps d’écrire de longs articles pendant des heures, mais ils ont sûrement le temps de parler à un intervieweur par exemple. De nombreuses stratégies de contournement existent.
marketing B2B blog business decision
le blog de Business & Decision sur les Big Data : une des premières missions de Visionary Marketing

via le mariage d’amour entre médias sociaux et marketing B2B.

marketing B2B avec les médias sociaux : 6 critères de succès was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Big Data : Le cinéma avait déjà tout imaginé (avec Guy Jacquemelle)

Big Data et cinemaBig Data : Le cinéma avait déjà tout imaginé (éditions Kawa) est un livre écrit par Xavier Perret et Guy Jacquemelle, qui nous a accordé une interview pour aborder ce sujet passionnant qui est celui des Big Data. On compare dans ce livre des films aussi variés que Matrix, The Truman Show, Requiem For A Dream et Retour Vers Le Futur, à la réalité des Big Data. Car ces 11 films ont en commun d’aborder avant l’heure une facette du Big Data : réalité augmentée, dépendance à la donnée, ville 100% connectée, prédiction de l’avenir… Tous ces éléments n’étaient il y a quelques années que des idées sorties de l’imagination de scénaristes américains, mais sont désormais une réalité.

Ce livre revient sur la relation entre l’innovation et la science-fiction.

Nous avons sélectionné une dizaine de films, comme Matrix, Minority Report, The Truman Show, ou encore La Mouche. Ce sont des films qui, quand on les regarde avec l’optique des Big Data, nous disent beaucoup de choses sur ce sujet. Par exemple dans Matrix, qui se passe dans deux siècles, on vit dans un monde virtuel, et on ne peut rejoindre le monde réel. Ce qui est intéressant, c’est que c’est le premier film qui montre les Big Data avec des chiffres qui tombent en permanence (c’était l’économiseur d’écran le plus hype du début des années 2000 !), et aujourd’hui 90% des données ont moins de deux ans. On est donc réellement dans un déluge de données telles que nous l’annonçait Matrix.

L’architecte de Matrix n’est qu’un algorithme qui agit en fonction des réactions de Néo, le personnage principal de Matrix. L’architecte élabore une série d’hypothèses (représentées par la multitude d’écrans) et sélectionne sa réponse en fonction de l’hypothèse validée (l’écran sur lequel la caméra zoome à 2:15). Ces hypothèses sont calculées en fonction des données de la vie de Néo, stockées et utilisées par l’architecte, que l’on peut observer durant toute la séquence. De quoi donner des idées à Mark Zuckerberg ?

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Big Data : Le cinéma avait déjà tout imaginé (avec Guy Jacquemelle) was last modified: mai 11th, 2015 by Cédric Jeanblanc

Le CDO et la « lourde tâche » de la transformation digitale

arnaud rayrole - Quand le CDO prépare la transformation digitale - avec LeckoLe rapport Lecko intitulé « Equiper et organiser son entreprise pour se transformer », présente un état des lieux des perspectives et des problématiques rencontrées par les organisations dans leur transformation digitale. Cette transformation digitale se traduit dans l’entreprise notamment par l’amélioration de l’interconnexion des personnes. Cette interconnexion a pour but de fluidifier la circulation d’informations dans l’entreprise, lui donnant une nouvelle agilité, nécessaire pour s’adapter à un environnement qui évolue sans cesse. Dans ce contexte, la prise d’initiative est primordiale, et l’entreprise doit trouver le bon réseau social d’entreprise pour faire émerger ces initiatives provenant de divers acteurs de l’entreprise, et non les étouffer comme cela arrive hélas trop souvent. Ainsi, Lecko a comparé plusieurs plateformes collaboratives : si les géants américains tels Microsoft et IBM sortent du lot, d’autres solutions existent et rivalisent, notamment les français Jamespot. Toutefois, la transformation numérique de l’entreprise ne se limite pas à l’outil : la culture et les pratiques des salariés et des managers doivent également évoluer pour que ce changement puisse se faire au sein de l’entreprise. Arnaud Rayrole, directeur général de Lecko, a répondu à nos interrogations autour de ce rapport et nous a livré quelques détails sur cette transformation digitale, le ressenti des utilisateurs de RSE et l’évolution du marché.

En bref : le CDO (à ne pas confondre avec le CDO) et sa lourde tâche

Cette étude se fcalise sur le lien entre la consommation numérique et les pratiques sociales et collaboratives sur les réseaux sociaux d’entreprise. C’est l’un des éléments importants que l’on a pu observer et mesurer avec des organisations qui nomment des CDO (Chief Digital Officer, à ne pas confondre avec Chief Data Officer) qui ont pour lourde mission de préparer leur entreprise à l’ère numérique. Cette transformation s’opère autant dans l’innovation numérique que dans la culture d’entreprise interne. Il faut une nouvelle manière de s’organiser et de travailler pour faire face à l’ère du digital : le réseau social d’entreprise en est le socle. Il permet d’une part de mettre en réseau les acteurs de l’entreprise, en leur permettant de s’organiser différemment pour faire face à l’évolution de leur métier et l’évolution des besoins d’entreprises. Cela leur permet également d’apprendre différemment, plus “sur le tas” en permettant de partager leur expérience, en mettant en lien des experts sur une thématique avec des personnes plus “neuves” sur le sujet. L’ensemble permet à l’entreprise d’être plus aile par rapport à ces problématiques de transformation. Nous avons fait le lien entre les activités sur les réseaux sociaux d’entreprise et ces enjeux stratégiques de transformation numérique. 

Où en sommes-nous au niveau du déploiement des postes de CDO ?

 Il y a d’un côté l’apparition des CDO (40 % des entreprises du CAC 40 ont un CDO). Du côté des usages collaboratifs nous étions encore il y a 3 ou 4 ans sur des projets d’expérimentation avec un périmètre local ; aujourd’hui, 75 % des sociétés du CAC 40 ont un réseau social d’entreprise, accessible à l’ensemble des collaborateurs. Ensuite, nous avons mesuré d’une part une intensification des usages sur toutes les plates-formes, et d’autre part un élargissement du nombre d’acteurs actifs sur ces plates-formes.

En est-on allé jusqu’à ressentir mesurer le ressenti des utilisateurs ou se contente-t-on du déclaratif managérial ?

Ce n’est pas une enquête sur l’expression de la satisfaction des consommateurs. Nous avons mesuré une activité réelle, des comportements : à partirent du moment où l’utilisateur se sert d’un outil, c’est que cela lui est utile. Nous avons également enquêté auprès des “porteurs de changement”, des leaders de pratiques qui sont de manière officieuse ou explicite en train de porter le changement localement dans l’entreprise. 

Dans les années précédentes, en termes d’usage et de qualité de l’usage, il y avait un manque de connexion avec le cœur de métier. Voit-on une amélioration dans ce sens ?

La collaboration a la vocation à s’appliquer dans tous les domaines d’activité de l’entreprise. Lorsque l’on est en phase d’expérimentation, on peut aussi développer ses pratiques sur des terrains connexes avec l’activité de l’entreprise. Les entreprises ont d’ailleurs beaucoup travaillé à mettre de la transversalité, par exemple à fédérer des praticiens sur une thématique, mais en touchant finalement un aspect très secondaire, mais non moins prioritaire que le business quotidien de chacun. C’est en train de changer, il y a de plus en plus de patrons qui mettent en réseau leurs équipes autour d’un processus. Ce n’est pas quelque chose de linéaire, mais quelque chose qui avance par expérimentations successives, par itérations. Il s’agit d’une évolution très hétérogène au sein de l’entreprise 

évolution du marché
En France, en 2014, le marché des solutions de RSE s’établit à 56M€, soit 16M€ de plus qu’en 2013.

Cette évolution non linéaire se retrouve dans les différentes solutions, avec des solutions plutôt métier…

On a d’un côté une matrice que l’on appelle la matrice des potentiels réseaux sociaux, qui va évaluer les solutions du marché par rapport à leur capacité à aider à l’émergence de nouvelles formes de collaboration. C’est une matrice importante. Nous avons des matrices qui sont spécialisées sur des différents segments parce que la collaboration se décline dans un contexte donné. On a une matrice sur la communication, une sur la productivité, une autre sur les processus, une quatrième sur le knowledge management, et la cinquième sur les communautés externes avec les environnements clients et partenaires (visibles sur le slideshare, à partir de la slide #56). 

Ces matrices montre des leaders et des challengers. Quelles sont les éditeurs qui réapparaissent régulièrement dans ces matrices ?

Il faut arriver à trouver chaussure à son pied, et en fonction de son contexte on va trouver un intérêt différent pour chacune d’entre elles. Il y a tout de même des acteurs qui se distinguent sur chacun de ces domaines. Sur le domaine de la productivité, nous avons trois grands acteurs aujourd’hui en position de leader : Microsoft avec sa suite Office 365, Jive parce qu’il s’agit d’une plate-forme de collaboration très riche et performante, et IBM pour les mêmes raisons. Il y a ensuite des acteurs plus généralistes qui traitent des sujets différents. Il y a par exemple Jamespote, un acteur français qui se démarque grâce à sa capacité de créer un objet, par exemple un ticket incident, et de le gérer dans un flux social et autour duquel on peut converser. C’est cette capacité qu’a l’outil à s’adapter à un contexte métier particulier. Concernant les communautés, Talkspirit est aujourd’hui une solution en avance par rapport à ses concurrents, grâce à sa capacité à animer un écosystème réunissant l’entreprise, ses partenaires et ses clients. 

productivité

Le paysage n’est pas réellement en train de se consolider, il y a toujours autant d’éditeurs.

Exactement. Chaque année, on nous demande : “le marché est-il en train de se consolider ?”. Et chaque année, nous donnons une réponse négative : toujours pas, et même au contraire, on a de nouveaux acteurs qui arrivent. Mais il y a une chose qui commence à être bien marquée, c’est la collaboration qui n’est plus une chose à part, et les fonctions sociales deviennent des commodités que l’on retrouve dans toutes les solutions. La différenciation se fait en allant se positionner sur un domaine de l’activité de l’entreprise avec une approche sociale. Mais la collaboration en soi est quelque chose sur laquelle les généralistes ont du mal à offrir une valeur ajoutée, car ce n’est plus un sujet sur lequel on peut se différencier.

Le CDO et la « lourde tâche » de la transformation digitale was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

les télécoms acteurs et victimes de la transformation digitale ?

Ma lecture du jour … m’a emmené du côté de cet article de Guillaume Villon de Benveniste qui est l’auteur d’un excellent blog sur l’innovation où il interviewe divers acteurs des nouveaux marchés et se livre à des analyses intéressantes sur certains secteurs comme ici celui des télécoms, à l’aube , je le cite, d’une « troisième révolution industrielle ». Cette analyse m’a intéressé et interpelé au premier plan.

Cette révolution industrielle est en fait déjà une réalité avec, en son cœur, un paradoxe assez étrange, fort bien souligné par Guillaume dans son article. Sans télécoms pas d’Internet, sans mobiles et sans 3G/4G/4G+ etc. pas d’Internet mobile et enfin, sans innovation  permanente, pas de satisfaction clients, car ceux-ci en veulent toujours plus et plus longtemps. Avec l’autre pendant de ce paradoxe de la transformation digitale qui voudrait que ce soient  les Telecoms qui paient et les OTT (les services « over the top » c’est à dire littéralement qui viennent au-dessus du réseau) qui sont responsables des effondrements de marge et donc des difficultés actuelles des opérateurs en Europe (aux Amériques, les prix et les marges sont confortables, comptez environ 150$ pour un accès fibre à faible débit au Canada et environ 60 à 75$ pour un forfait mobile).

Et s’il y avait une autre lecture ?

les télécoms acteus et victimes de la transformation digitale ?

Le data center ultra moderne d’Orange en Normandie (photo visionarymarketing.com) : les Telecoms investissent dans les réseaux, la transformation digitale et les over the top récoltent … Mais est-ce si simple ?

OTT et transformation digitale

Pour les béotiens, les OTT sont les services comme Google Hangout, Skype, WhatsApp, Viber etc. et les nombreux services Internet qui viennent vendre de la valeur ajoutée (avec aujourd’hui Netflix et tous ses camarades américains non encore arrivés ici) sur les réseaux opérés par les opérateurs. En d’autre termes, l’argent changerait de main et ces services OTT vampiriseraient les revenus tout en aspirant des volumes de plus en plus significatifs de la bande passante car ils sont très gourmands. Il suffit de voir les débats incessants sur le supposé blocage de la bande passante de YouTube par les opérateurs. Sans parler des menaces, réelles ou supposées, sur la neutralité du Net et de l’Internet à deux vitesses. Pourtant, la plus grande menace ces dernières années est venue non des géants du Web mais de l’intérieur, en 2012. La révolution industrielle que va vivre les télécoms dans les quelques années qui viennent sera bel et bien industrielle et aura pour enjeu d’une part les coûts internes et d’autre part la taille et le poids internationaux. Affaire à suivre …

trafic mobile des OTT - transformation digitale
La vidéo se déplace – même si ce n’est qu’un début – vers l’Internet. Une opportunité de revenus pour les opérateurs, mais aussi un coût (source : Ericsson en Juin 2013). Ici, il ne s’agit que du mobile, mais le même phénomène est observable sur le fixe

Comment préparer l’Europe à la troisième révolution industrielle ? 

Comment créer les conditions pour que les économies européennes puissent tirer pleinement partie de la troisième révolution industrielle, au moment où les Etats-Unis confortent leur prééminence économique et que l’économie chinoise s’affirme davantage ? Quels rôles les opérateurs télécoms peuvent-ils jouer dans la troisième révolution industrielle ?

I/ Les opérateurs télécoms sont dans une situation paradoxale

Les mutations industrielles profondes, liées notamment à l’avènement de la troisième révolution industrielle, vont créer une forte demande pour une réseau télécom d’une qualité optimale. Par conséquent, les acteurs de réseaux télécoms devraient être davantage valorisés, à

via Industrie et infrastructure | The Innovation and Strategy Blog

les télécoms acteurs et victimes de la transformation digitale ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec