l’ innovation et ses secrets bien gardés (par le G9+)

Comment générer une innovation efficace sans innover dans le management même de l’innovation ? C’est ce que le G9+ a voulu explorer en clôture du Salesforce World Tour Paris le 25 Juin 2015 lors de la conférence « L’innovation a ses secrets, partageons-les. » Le compte-rendu ci-dessous a été rédigé par Bruno Dumont, du G9+, les enseignements sont nombreux, les voici livrés en format brut aux lecteurs de Visionary Marketing

Secrets d’innovation par les femmes et les hommes du terrain

l'innovation : une route toute droite et pourtant chaotique
l’innovation : une route connue et pourtant les habitudes sont tenaces et la route chaotique
  • Bénédicte de Raphélis Soissan: PDG et Co-fondatrice de Clustree
  • Stéphanie Delestre: PDG et Co-fondatrice de Qapa fr
  • Yann Glever, directeur de l’innovation de Deloitte France
  • Franck Nouyrigat, co-fondateur de Startup Weekend
  • et Alice Zagury PDG de The Family, comme animatrice du débat

A retenir :

  • Seniors/Jeunes, Homme/Femme : ces dimensions de la diversité disparaissent. Ce ne sont plus des enjeux
  • Start-ups/Grands groupes : c’est l’axe sur lequel développer des complémentarités
  • L’avantage pourrait être entre les mains des grands groupes s’ils savent :
    • apprendre à gérer leurs talents aussi bien que les diplômes
    • entretenir un doute sainement perturbateur sur la durabilité de leur modèle d’activité

De multiples formes de complémentarité à développer entre start-ups et grands groupes

La complémentarité à reconnaitre et à exploiter serait alors celle qui sépare encore les start-ups et les grands groupes. Ce besoin est-il ressenti aujourd’hui ?

  • Yann Glever assure que oui, citant le cas de Storms, outil de créativité que Deloitte France a présenté aux autres bureaux du cabinet en Europe.
  • Pas vraiment en France où la solidarité reste encore limitée, nous dit pourtant Stéphanie Delestre : « impossible de joindre un grand patron. Ou alors, il faut se présenter après avoir décroché un contrat chez Google !» alors que le Directeur du Port de Hambourg, par exemple, est prêt à recevoir sans a priori une jeune entrepreneuse.

Les grands groupes apprennent à regarder à l’extérieur

Franck Nouyrigat estime que peu de groupes remettent encore en question leur business model. Pourtant le taux de rotation au sein du CAC 40 reste très faible, ce qui démontre une capacité à résister aux menaces des nouveaux entrants. « Une grande entreprise est structurée pour exploiter un modèle d’activité », mais elle sait aussi acheter de la propriété intellectuelle, un produit, l’accès à un marché si nécessaire …
Sur une note sainement discordante, Franck Nouyrigat affirme que « l’avenir viendra des grands groupes » ; « ils seront les leaders de l’innovation basée sur les talents ». Lire la suite

l’ innovation et ses secrets bien gardés (par le G9+) was last modified: juillet 8th, 2015 by Natacha Heurtault

Le digital transfigure aussi le monde du Luxe

Pour le béotien, le secteur du luxe est un domaine qui échappe au monde de l’Internet. Exclusif, volontairement mystérieux, il s’entoure d’artifices pour préserver ce sentiment d’exclusivité. Toutefois, le digital a également investi ce domaine autrefois interdit, et il n’y a pas de nombreuses ruptures, dans l’expérience client, plus que dans l’échange autour du produit. Afin de comprendre les enjeux de ce secteur, nous avons invité Alexandre de Sainte-Marie, auteur du livre récemment paru aux éditions Dunod « Luxe et Marque » (identité, stratégie, perspectives). Nous analyserons bientôt ce livre en détail dans un article qui paraîtra à la rentrée. Alexandre a une formation marketing et travaillé pendant 12 ans chez L’Oréal puis Henkel France, puis 8 années en tant que Directeur général chez Hermès où il a internationalisé les activités de la marque. Il est désormais chez Datawords où il dirige une practice qui s’appelle multicultural consulting services, et qui consiste à proposer des interventions de conseils centrées sur les questions de e-multiculturalisme, dans le but de déployer des stratégies digitales de marques à l’international. Voyons donc maintenant avec lui les bouleversements que le digital imprime également à ce domaine exclusif du luxe.

Parlons justement du luxe et du digital et des impacts du digital dans l’industrie du luxe. A l’origine ce n’est pas une évidence vu qu’Internet, c’est « cheap ».

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Luxe et marque

Internet est transparent, c’est le lieu des bonnes affaires. Pour une marque de luxe, c’est accepter que plein de personnes différentes parlent de la marque. Les valeurs d’internet et les valeurs du luxe étaient très opposées et pendant un long moment, le luxe s’est tenu à l’écart d’internet. Il trouvait qu’internet était une menace, qu’il ne lui apportait pas beaucoup d’avantages. C’est récemment que les marques de luxe se sont tournées vers internet en se disant qu’internet devenait un outil indispensable, en particulier pour parler aux classes d’âge les plus jeunes et pour parler aux nouvelles clientèles du luxe. En Asie, les clients du luxe sont hyperconnectés, on parle de « millenials » qui passent leur temps sur les réseaux sociaux, à se renseigner sur les marques de luxe. Les marques de luxe ont donc compris l’intérêt d’être présentes sur Internet.

Cet esprit d’ouverture était un peu contraire à l’esprit de mystère qui règne dans cette industrie du luxe.

Le luxe c’est un tour de main, du savoir-faire, les personnalités très affirmées des directeurs artistiques ou des directeurs de création des maisons. C’est vrai que la transparence d’internet a pu faire peur à ces marques de luxe mais désormais elles n’hésitent plus et sont très nombreuses à diffuser leurs défilés en live par exemple.

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L’essor du digital touche aussi l’industrie du luxe

Tout cela a changé avec les réseaux sociaux notamment. Mais si les marques se dirigent en masse vers la pub en ligne et l’E-réputation et surtout l’international : quel est l’importance du multiculturalisme dans l’industrie du luxe ?

Je crois que les marques de luxe, désormais, doivent accorder énormément d’attention à la manière dont elles s’expriment et la manière dont elles essayent d’être aussi locales que possible dans chacun des pays où elles ont soit une filiale de distribution, soit un agent distributeur, soit des boutiques. Nous avons assisté à une évolution très importante. Pendant très longtemps, jusqu’aux années 2005 environ, elles étaient internationales, c’est à dire qu’elles avaient un modèle d’origine, très souvent européen, pour ne pas dire français ou italien. Elles essayaient d’imposer ce modèle dans tous les pays où elles étaient présentes sans beaucoup d’adaptations. Aujourd’hui cette époque est révolue, la marque de luxe essaye d’être nord-américaine quand elle s’exprime depuis San Francisco, italienne quand elle s’exprime depuis Milan, et japonaise quand elle s’exprime depuis Tokyo. Il faut être très respectueux de son identité d’origine, très connaisseur de ses racines et de l’autre côté, être modeste quand nous parlons à l’internaute local et lui montrer que nous avons bien compris le contexte dans lequel il évolue, que nous connaissons les traditions, la culture, et la langue du pays. Elle doit aussi montrer qu’elle n’est pas là que pour l’argent mais aussi s’inscrire dans un contexte socio-culturel du pays dans lequel elle est présente.

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Le digital transfigure aussi le monde du Luxe was last modified: juillet 8th, 2015 by Andy Malunda

Musique en ligne : Qobuz bouscule les idées reçues

Nous l’avons tous remarqué, l’évolution technologique a rendu la musique plus accessible. Même si certains nostalgiques restent accrochés au CD (voire aux disques vinyl, pour les puristes), le digital est en train de changer les règles. L’industrie du disque en prend un coup mais un sujet reste à vulgariser : la mauvaise qualité de la musique en ligne.

Et oui ! les idées reçues sont nombreuses, et celle-ci parmi les plus tenaces. L’explication est pourtant simple : le son numérique est une conversion de l’analogique (après tout quand vous parlez, ce n’est pas de la voix de synthèse mais le résultat de votre « colonne d’air qui rencontre vos cordes vocales). Le résultat numérique est fonction de la qualité de cette transformation : plus la compression est élevée, plus le fichier est petit, plus le son est approximatif. A la manière d’un JPG pour une image. Un photographe averti prendra ses photos numériques en format RAW, sans perte, sans déformation … mais beaucoup plus gros. On n’a rien sans rien. La conversion numérique ensuite, n’est pas sans faute : prenez la voix numérique sur les téléphones par exemple. Avez-vous remarqué que quand vous épelez un mot, les T et les P, les N et les M, les S et les F ne sont pas distinguables ? Résultat, vous êtes obligés d’utiliser la bonne vieille méthode militaire : T for Tango, C for Charlie etc.

Pas encore convaincus ? Voici l’argument final : une fois votre son numérisé, vous le passez sur une chaîne “HIFI” (voire même un simple cordon qui relie votre iPhone à un ampli ou équivalent) et cela ressort sur des enceintes … analogiques. Et voilà, la boucle est bouclée : vos enceintes étant analogiques, on convertit à nouveau le son à l’envers (c’est ce qu’on appelle un DAC : Digital to Analog Converter). Les meilleurs DAC peuvent coûter des milliers d’euros, ce n’est pas rien, et encore, ça a beaucoup baissé en 5 ans. En conclusion, la qualité de votre fichier numérique doit être le plus proche possible de l’original analogique. Oubliez donc les MP3, ceux-ci sont une caricature du son. 

Le problème, c’est qu’avec l’avènement de la musique en ligne et notamment en streaming, la qualité en a pris un coup derrière les oreilles. La qualité de son proposée par les plus grandes plateformes est souvent décevante et faire mal aux oreilles de ceux qui savent apprécier une mélodie. Si vous écoutez du RAP ou Depeche Mode, pas de drame, leurs synthétiseurs sont digitaux, donc pas de révolution. Si vous écoutez le concerto Empereur de Beethoven, préparez-vous à souffrir. 

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Pour sauver la musique et les mélomanes, il ne fallait rien moins qu’un chevalier blanc de la musique, que j’ai eu la chance d’interviewer longuement un samedi (il est très difficile à joindre).Yves Riesel, vrai pro du disque et de la musique, pourfendeur de bidules et d’idées reçues, résistant des droits et de la libre concurrence, a fondé QoBuz, une plateforme de musique en ligne qui propose un format audio haute résolution (un format ouvert nommé FLAC) qui va vous réconcilier avec la musique. Toutes les musiques, car son catalogue est hyper large. Si comme moi vous aimez vous régaler autant de Bill Carrothers que Schumann ou Breton et passez d’un style à l’autre, vous allez vous régaler avec Qobuz, qui propose même des fichiers en qualité studio (c’est à dire mieux que le CD, ce qui selon certains n’est d’ailleurs par difficile, car le CD avait déjà pas mal dégradé la qualité du son, si on omet sa restitution sans craquements).

Bonne écoute, vous allez voir et entendre, Yves Riesel ne mâche pas ses mots, notamment vis à vis de certains opérateurs et nous lui laissons d’ailleurs à ce sujet la paternité de ses propos.

Vous venez du milieu de la musique, pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Je suis fan de musique classique depuis mon plus jeune âge, c’est ma spécialité même si QoBuz vend d’autres genres musicaux. J’ai longtemps été collectionneur de disques ; le CD a été une période fantastique en termes de découvertes, de répertoires, et de réappropriations d’enregistrements anciens mais j’ai toujours voulu avoir un accès plus facile à la musique, ce que permet le numérique.

Musique en ligne : QOBUZ - Yves Riesel
Yves Riesel : chevalier blanc de la musique en ligne (photo Le Point.fr)

Quand l’aventure QoBuz a-t-elle commencée ?

Nous avions déjà crée en 1997 une société de production et de distribution de disques, qui s’appelait Abeille Musique. En 2003, j’ai voulu travailler le numérique chez Abeille musique, en achetant mes premiers serveurs. Finalement ça a abouti en 2008, par la création de la société QoBuz.

Le contexte concurrentiel était totalement différent d’aujourd’hui, il y avait très peu de monde sur le marché. Ce qui m’a beaucoup choqué, c’est de constater que les sociétés présentes dans le domaine de la musique en ligne, n’avaient aucun respect pour le son, pour le travail des musiciens, et la qualité en général. 

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Musique en ligne : Qobuz bouscule les idées reçues was last modified: juillet 3rd, 2015 by Yann Gourvennec

Transformation digitale : fin ou renouveau des experts comptables ?

Les experts-comptables sont bel et bien dans le collimateur de transformation digitale. Dans un article précédent, je décrivai ce phénomène comme celui de la grenouille, qui bout tranquillement depuis des années dans son jus, sans vraiment agir. Les experts comptables ne sont pas les seuls concernés bien entendu. Ils font néanmoins partie des premiers métiers de services à souffrir frontalement de cette forte transformation des métiers. Ces métiers du service, malgré les discours entendus sur ce sujet, ne sont en effet pas épargnés, loin de là, par les fortes secousses structurelles que nous observons en ce moment et auxquelles Jacques Attali faisait allusion dans un article du JDD du 28/06/15. En général, on se réfère à ce phénomène abusivement, par l’ “Uberisation » des marchés, alors s’il s’agit d’un phénomène bien plus profond (même si je conviens que dans la folie des taxis de la semaine dernière, il est difficile de prendre du recul, et que le terme a néanmoins une certaine réalité).

Tirés aux deux extrêmes, en bas vers la commoditisation, et en haut vers le conseil et le service à haute valeur ajoutée, les experts-comptables vont devoir choisir leur camp. Ces menaces n’auraient cependant rien de concret si un acteur comme Selfmed, dont nous avons interviewé le patron, ne venait pas donner corps à tous ces concepts. Dans le cas de Selfmed, il s’agit de la comptabilité dans le milieu de la santé. Mais il suffit de remplacer les pointillés par le secteur que vous désirez.

la transformation digitale frappe les experts comptables de plein fouet
La révolution digitale des experts comptables est en marche.

Comme le dit Michael Azoulay dans cette interview, les experts-comptables peuvent aussi sublimer l’expérience des clients en transformant cette menace en opportunité. C’est cela aussi, et surtout, la transformation digitale : une opportunité très forte de s’améliorer, sous la pression d’un monde qui change tant qu’il en est encore temps. Ceux qui auront perçu cette opportunité sont ceux aussi qui se seront donné les moyens de progresser et de faire évoluer leurs offres et leur personnel (c’est ce dernier point qui va être crucial, comme nous l’avons évoqué dans une présentation récente sur la transformation RH lors d’une conférence du CCM Benchmark group en juin 2015).

Comme quoi la grenouille, pour peu qu’elle s’en donne les moyens, peut encore sortir de la casserole et progresser rapidement en faisant de cette transformation digitale un aiguillon positif.

Interview de Michael AZOULAY, Président de Selfmed, éditeur d’une solution d’automatisation comptable en temps réel de la comptabilité des libéraux de santé (médecins, infirmières, kinésithérapeutes …)

 

Qu’est-ce que la transformation digitale chez les experts comptables ?

Dans la transformation digitale du métier comptable, il y a 2 parties :

  1. La première, qui est déjà faite, c’est l’évolution digitale de la production comptable, c’est à dire ce qui se passe entre les 4 murs du cabinet. Il y a parmi cette évolution la digitalisation de certains process auprès du cabinet, la numérisation des factures, la télétransmission des déclarations à l’administration fiscale etc.
  2. La seconde partie, qui reste à venir, c’est ce que propose Selfmed : une digitalisation de l’offre des experts comptables. Le business model de l’expertise comptable doit être réinventé, en tenant compte des nouveaux outils, de la mobilité, du temps réel, et des plateformes sas intelligentes comme nous le proposons, le tout dans une interaction et une offre totalement renouvelée des experts comptables.

Beaucoup d’experts comptables se contentent de faire des efforts dans la production comptable et non dans la transformation digitale du métier en lui-même, pourquoi ?

Aujourd’hui, la partie qui a été travaillée par les experts comptables en matière de numérique, est une partie qui reste invisible pour le client mais qui a permis aux cabinets de générer des gains de productivité. La visibilité de ce travail des experts comptables reste incomplète pour les clients. Il faut être conscient que dans un second temps, la vague digitale introduira nécessairement plus de transparence et plus d’échanges avec la clientèle.

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Transformation digitale : fin ou renouveau des experts comptables ? was last modified: janvier 9th, 2016 by Yann Gourvennec

Les médias sociaux : adulés et pourtant sous-exploités #baromediasociaux

Un baromètre des médias sociaux franco-américain

Déjà 78 inscrits [MAJ du 01/07 à 07:00 168 inscrits à cette heure] à notre webinaire du 2 juillet sur le baromètre des médias sociaux en entreprise. Une initiative que nous avons lancée avec notre partenaire canadien Hootsuite (installé depuis 2014 en France également) pour le compte de l’Adetem, la plus grande association de marketing en France, dont nous sommes également membres et supporters. Le résultat de ce baromètre est allé au delà de nos espérances, en dévoilant des résultats très fins qui seront dévoilés le 02 juillet dans un livre blanc. Ce livre blanc réunira non seulement les résultats des questionnaires avec leurs analyses mais aussi les compte-rendus et verbatims des tables rondes organisées avec Hootsuite et Adetem dans les locaux de Visionary marketing le mois dernier. Ces tables rondes nous ont permis d’approfondir le sujet et de rentrer plus loin dans l’analyse du développement de l’usage des médias sociaux par les marketeurs.Barometre-Reseaux-sociaux-marketing-peut-mieux-faire-T

Des résultats très intéressants en somme, qui nous ouvrent beaucoup de perspectives pour l’avenir du marketing et des médias sociaux entreprise. Ce livre blanc s’ouvre sur un éditorial que j’ai écrit pour l’occasion. Je vous le livre donc ici en format brut, afin de vous donner un avant goût de ce que vous pourrez découvrir en ligne et pendant le webinaire public et gratuit que nous avons pu organiser avec le concours de Webikeo, notre partenaire privilégié pour ce type de manifestations.

Enfin et surtout, j’insiste sur le caractère international de ce baromètre, qui nous permet enfin de comparer des choses comparables. Bonne lecture et surtout, à jeudi 2 juillet à 14:00 pour ce webinaire exclusif auquel vous pouvez vous inscrire directement sur http://medias-sociaux.net

s'inscrire gratuitement Lire la suite

Les médias sociaux : adulés et pourtant sous-exploités #baromediasociaux was last modified: juillet 1st, 2015 by Yann Gourvennec