content marketing : 5 conseils pour travailler avec son juriste (5/5)

Résumé des épisodes précédents

Il était une fois dans une galaxie très lointaine, un jeune chef de projet motivé et plein de confiance accompagné de son pada… stagiaire, qui se retrouve confronté au département juridique dans le cadre d’un projet de Brand Content auquel il participe.

Alors que le projet semblait bien avancé, celui-ci découvre de nouvelles règles juridiques à suivre et après une réunion très intense, il prend la mesure de la tâche qui lui a été déléguée.

Par la suite, il comprend que la nature du travail d’un juriste est différente de celle d’un chef de projet Marketing. Par conséquent, la communication doit également en tenir compte afin que le projet se déroule bien notamment en terme de planning et de respect des dates de rendu.

Nouvelle embûche; le chef de projet et son juriste se retrouvent confrontés aux procédures internes. Le chef de projet apprend à connaître quels sont les sujets sur lesquels il pourra obtenir de l’aide de la part de son juriste.

Enfin, tentant de faire une partie du travail de son juriste afin d’aller plus vite, le chef de projet marketing, commet une énorme « bourde » et comprend qu’il doit rester dans le cadre de sa fonction sous peine de faire des erreurs compromettant le projet.

Episodes précédents :

>Lire l’épisode 1
>Lire l’épisode 2 
>Lire l’épisode 3
>Lire l’épisode 4

Episode N°5 : Sur ta plateforme, les commentaires licites tu laisseras

dernierjour copyAprès avoir passé plusieurs jours à faire pénitence auprès de votre boss et une modification de votre plateforme, la décision a été prise d’augmenter l’engagement des internautes pour palier la communication erronée présente sur les supports offline.

Pour ce faire, vous allez ouvrir aux commentaires l’ensemble de vos articles (textes et vidéo), mieux vous allez inciter les internautes à proposer des contenus sur la plateforme afin d’améliorer l’audience et la SEO (l’optimisation du référencement).

Là-dessus pris dans l’urgence des modifications à apporter à votre site web et l’envie de vous racheter auprès de votre boss, vous oubliez de prévenir votre juriste.

48 heures plus tard, « ça ne loupe pas », un commentaire super négatif sur votre société et votre nouveau produit est publié par un internaute sous le pseudo « superstagiairedanstaface». Au vu du pseudo, vous comptez aller voir quelqu’un rapidement mais pour l’instant son commentaire a généré un flot de réponses hyper négatives voir diffamantes pour votre entreprise et votre projet. Du coup, vous supprimez tout.

Deux jours plus tard, votre juriste vous appelle…. Vous réalisez alors que vous avez complètement oublié de le prévenir pour les commentaires et donc les modifications des CGU et du coup vous vous excusez platement et tentez de justifier votre oubli : l’urgence, votre boss en colère, etc… mais votre juriste vous coupe et vous explique qu’il a reçu une lettre recommandée avec accusé de réception (encore !) de la part d’un internaute qui ne comprend pas pourquoi son commentaire a été supprimé et qui considère que sa liberté d’expression n’a pas été respectée et que son message n’avait rien de manifestement illicite même s’il émettait des critiques quant à la qualité du produit qu’il avait acheté notamment sa durabilité mis en avant sur votre plateforme et que par conséquent, il va saisir le juge et en parler à l’UFC Que choisir.mojitos

Vous décidez alors de vous asseoir pour reprendre vos esprits, votre juriste continue de parler mais vous ne l’entendez plus.

Vous demandez alors à votre juriste quelles sont les options. Il vous répond qu’outre le bad buzz que cela ferait, un procès est à envisager à moins qu’on réussisse à convaincre l’internaute d’une transaction qui pourrait s’élever à 4 000 ou 5 000 euros.

Bon, vous restez calme et vous évaluez vos options : comme vous le disait votre juriste, la transaction semble la meilleure option : cela évitera des coûts trop élevés et surtout le bad buzz vu que déjà sur les réseaux sociaux votre bourde sur le nom de domaine a bien fait rire. D’ailleurs, vous croyez vous souvenir que vous aviez déjà vu le pseudo de « superstagiairedanstaface ». Y en a un qui va prendre cher !!

démoniaqueDu coup, vous vous rangez à l’avis de votre juriste et budgétez les 5 000 euros mais il faut que vous en parliez à votre boss qui, heureusement pour vous, revient d’un week-end au soleil et est particulièrement détendu. Après avoir écouté la situation et avoir arrêté de tousser parce qu’il avait avalé son café de travers, il essaie de comprendre comment vos deux neurones n’ont pas pu se connecter et vous pousser à en informer votre juriste et il vous fait promettre de ne plus jamais aller aux toilettes sans avoir au préalable demander l’autorisation à votre juriste !

La fin de la campagne arrive et c’est l’heure du bilan; l’équipe marketing se réunit et le point est fait. Il en ressort notamment que tout a plutôt bien fonctionné mais que les mésaventures de la partie web ont eu un impact non négligeable sur la réussite du projet en terme d’image de marque, de relais interactif avec les clients et de coût financier. Ce qui amène à la conclusion qu’il vaut mieux impliquer un juriste dès le début de l’opération afin d’anticiper les embûches.

Trucs & Astuces :

1.L’ajout de fonctionnalités ou de contenus nouveaux au projet web doit être communiqué au juridique :

Ainsi, si votre projet inclut la possibilité pour les internautes de réagir au contenu que vous publiez, vous pouvez changer de qualification juridique pour cette fonctionnalité et ainsi profiter de la responsabilité limitée des hébergeurs. C’est à dire que vous n’êtes pas responsable des propos tenus par les internautes sous réserve que vous respectiez un certain nombre de règles.

Modifier alors les conditions générales d’utilisation de votre plateforme permet de bénéficier de ce régime et d‘ainsi mieux protéger votre société. Le service juridique vous aurait également formé sur la manière de gérer les commentaires et donc d’éviter de supprimer des commentaires parfaitement licites.

2.Plus généralement sur la modération des contenus postés par les internautes, il convient d’avoir une formation par son juriste afin de ne pas faire n’importe quoi, car de mauvaises actions peuvent changer la qualification juridique de cette partie de votre site web et rendre responsable votre entreprise des propos tenus par les internautes. Ainsi, dans certaine situation il vaut mieux laisser un commentaire même négatif mais licite plutôt que de le supprimer car le risque est de voir la responsabilité de l’entreprise engagée dans l’éventualité où vous laisseriez passer un commentaire manifestement illicite.

Cette dernière notion peut sembler floue et peu maniable mais il faut la considérer comme le point de départ qui doit diriger tout jugement et donc toute décision de modération. N’hésitez pas à en parler avec votre juriste.

content marketing : 5 conseils pour travailler avec son juriste (5/5) was last modified: novembre 10th, 2015 by Xavier Barriere
Xavier Barriere
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Xavier Barriere

Directeur Général Adjoint chez Arthur & Lehmann
Xavier Barrière a 15 ans d’expérience en tant que business partner de l’équipe Brand Content et responsable juridique du service des obligations légales chez Yahoo!.
La société Arthur & Lehmann SAS est spécialisée dans la prévention et la lutte contre les risques de NSEO, la santé des sites web et leur optimisation.
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