Quand la transformation digitale rencontre la philosophie

Le questionnement de l’évolution de l’espèce humaine a souvent suscité à la fois la fascination et l’angoisse. C’est cette angoisse qui a souvent été mise en avant dans notre culture, notamment dans le cinéma, exploitant les dangers inhérents de l’époque : le nucléaire dans la planète des singes de 1968, les changements climatiques dans Interstellar, l’intelligence artificielle dans la trilogie Matrix... C’est souvent d’un point de vue négatif que l’on aborde ce futur car comme toute espèce, l’homme est amené soit à disparaître, soit à évoluer. Ce sont deux hypothèses qu’aborde Pierre Calmard, CEO de iProspect France, dans son livre L’homme à venir, aux éditions Télémaque. Choisissant la seconde hypothèse (celle de l’évolution) il y décrit une mutation progressive de l’homme grâce aux évolutions technologiques. Cette mutation est-elle une réalité qui nous guette ou un fantasme de scénariste hollywoodien ? Voici le point de vue de Pierre Calmard.

Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce livre ?

C’est une réconciliation avec la philosophie. Cela fait 15 ans que je dirige des agences digitales, c’est un métier que j’adore et dans lequel j’apprends plein de choses, c’est un monde passionnant qui bouge beaucoup.

L'évolution exponentielle des technologies risque de changer le paysage que nous connaissons dans les années à venir
La technologie progresse à une vitesse exponentielle, et risque de changer le paysage que nous connaissons dans les années à venir

Je me suis toujours intéressé à la philosophie. J’étudiais la philo au départ, espérant devenir professeur, et je continue à m’y intéresser aujourd’hui. Ce qui m’intéresse dans le digital aujourd’hui, c’est que nous sommes dans un monde qui est en train de changer profondément l’être humain. J‘ai de la chance vu que les vieux philosophe ne connaissaient pas le monde digital. Par exemple, Platon et Nietzche n’avait aucune idée du monde tel qu’il est aujourd’hui, cela m’a donc paru intéressant de confronter la transformation digitale du monde, des entreprises, de l’économie mais aussi de ce qui fait l’être humain, avec la philo, et se poser de vraies questions telles que l’avenir de la liberté, du bonheur pour nous, nos enfants, et nos descendants.

Cet homme du passé, fait penser au livre de Joël de Rosnay, l’Homme Symbiotique, paru dans les années 95. Il décrivait déjà une sorte de surhomme capable d’aller au-delà de ce que sait faire un Homme. Et dans votre livre, vous allez bien au-delà de la symbiose. Vous êtes passé dans le monde du surhomme et de l’intelligence artificielle. Pouvez-vous nous décrire cet avenir radieux ?

Les technologies et la digitalisation du monde vont si vite que nous pouvons imaginer que demain, la notion d’individu évolue considérablement. D’où l’hyper individualité citée dans le livre, qui sera, demain, un être qui aura un cerveau augmenté avec une intelligence complémentaire au pauvre cerveau humain. C’est un individu qui aura un corps différent, augmenté voire même plus de corps du tout. Car nous pouvons imaginer que la totalité de la personnalité soit transférée dans des machines ou dans un réseau et ne soit que finalement une suite de 0 et de 1. C’est pour cela que nous parlons de plus en plus de potentiel d’immortalité pour les individus de demain.

Ce n’est pas pour demain, mais quand nous voyons la vitesse avec laquelle les technologies évoluent, nous pouvons l’imaginer dans un horizon de quelques siècles.

Ce sont les fameuses théories de Kurzweil, c’est un peu effrayant ce monde dans lequel vous voulez nous faire vivre.

Il y a un côté effrayant et anxiogène, mais c’est le cas de chaque espèce qui disparaît. Les grecs, les mayas, les romains, les tyrannosaures… personne n’a jamais imaginé sa propre disparition. C’est intéressant d’un point de vue humain d’imaginer sa propre disparition, qui est obligatoire et programmé, car nous allons évoluer. Ces fameuses machines pensantes ne sont pas tout d’un coup des Deus Ex Machina qui viendront pour nous éradiquer, comme dans les films de science fiction des années 50. C’est notre production, nos descendants. Les générations à venir vont les digérer, rentrer en synthèse, pour arriver à une espèce de fusion Homme-Machine qui donnera quelque chose de nouveau. Dans mon sens, il ne faut pas avoir peur, il faut en accepter l’idée. Nous sommes dans un monde où nous avons la chance de pouvoir donner les contours, la forme de cet homme à venir, qui sera très différent de nous.

 

Kurt Vonnegut a écrit Player Piano en 1952 : il y décrit un monde post-intelligence artificielle, où l’homme est devenu inutile. Il n’y a plus besoin de travailler car les machines le font beaucoup mieux que lui, il finit donc étranger d’une société qu’il a lui même créée. Ici, il y a plus une histoire symbiotique entre l’homme et la machine. Pourquoi l’être humain ne disparaitrait t-il pas ? Comme dit Stephen Hawking, l’avènement de l’intelligence artificielle signale-t-il la fin de l’homme ?

 

Il faut remettre les choses dans un contexte beaucoup plus large. Nous pouvons très bien dire que nous avons connu la fin de l’australopithèque, il est difficile d’en croiser dans le métro de nos jours.

Nous ne parlons pas d’un être sorti de nul part qui viendrait nous éradiquer en tant qu’espèce. Ce sont nos descendants, notre avenir, qui nous contemplent, dont nous commençons à percevoir les contours. C’est en cela qu’il ne faut pas avoir peur, je comprends qu’aujourd’hui nous ayons cette inquiétude vu que tout le monde sait qu’inéluctablement, nous sommes à un moment charnière où en tant que tel, nous allons disparaître. Les 2 hypothèses sont plausibles :

l’hypothèse A consiste à dire que l’humanité va disparaître dans son entièreté (provoqué par une mauvaise maitrise du climat, de l’énergie, voire une autodestruction).

l’hypothèse B, elle est de dire que nous allons simplement évoluer pour donner naissance à quelque chose d’autre. L’être humain tel qu’il est aujourd’hui n’est que l’australopithèque de l’homme à venir.

 

Effectivement, l‘homme peut disparaître, entraînant avec lui ses travers et les mauvais éléments qui ont malheureusement parsemés le 20ème siècle, et qui ont rivalisés d’ingéniosité pour tuer le maximum de nos compatriotes. Ceci étant, est ce qu’il ne faut pas non plus avoir une vision positive et optimiste du monde ?

J’ai une vision très optimiste car je me place dans l’hypothèse B. Je me dis qu’il y aura une descendance, et qu’il est nécessaire de faire l’effort d’aller vers elle. J’entends par là maitriser au mieux l’avènement de ce que sera demain, des êtres nouveaux. Voilà pourquoi je développe un concept de réévolution, dans le livre. Cela traduit une sorte de révolte individuelle positive pour apprendre à vivre dans ce monde, et apprendre à nos enfants à grandir dans ce monde digitalisé, afin de nous projeter dans un monde que nous allons mieux appréhender, mieux maitriser.  C’est un enjeu essentiel. Il y aura une partie de l’humanité qui disparaitra corps et bien, et l’autre partie doit essayer de se projeter vers quelque chose de positif.

Souvent, nous considérons que l’extraterrestre ou la machine pensante est là pour détruire l’espèce humaine et nous éliminer à coups de sabres laser. La réalité n’est pas forcément celle-ci.

Je suis étonné de voir que dans la science fiction, il y a assez peu d’espèces ou d’éléments extérieurs bienveillants. Pourquoi l’intelligence artificielle, celle que nous avons contribué à créer pour demain, serait forcément destructrice pour nous ? Pourquoi serait t-elle moins bienveillante ou moins empathique que nous ? Si nous sommes suffisamment intelligent, nous donnerons peut être naissance à un être bien empathique, plus bienveillant, qui nous permettra d’évoluer de façon positive.

Comment expliquer cette éminence du personnage maléfique dans la science fiction, ou la pré science fiction, comme Frankenstein, les Morlocks, l’Homme Invisible… Nous avons toujours vu l’avenir de l’homme comme un sorte D’Armageddon, pourquoi ? Quels messages pouvons-nous faire passer à nos clients dubitatifs à propos de la transformation digitale, afin de les rassurer face à l’avenir de la technologie ?

 

Notre inconscient collectif est peuplé de Morlocks, de descendants qui ne sont en fait qu’une régression. C’est un élément intéressant, c’est un réflexe d’espèces, qui au moment de sa disparition annoncée, se replonge dans le passé (le retour au produits bio, au terroir, vers ce que nous maitrisons). Et notamment dans notre société, car nous sommes une « société de vieux » en Europe, aujourd’hui.

Pour moi, ceci n’est qu’un feu de paille, car l’histoire ne fait jamais de retour en arrière, elle ne fait qu‘avancer.

Nous sommes aujourd’hui dans un monde où nous avons ce paradoxe, où il y a une crainte de l’avenir qui est vraiment génétique et en même temps, un optimisme sur l’avenir pour ceux qui apprennent à vivre dans un monde nouveau et qui sont ouverts à des choses novatrices.

Cependant, il ne faut pas faire d’angélisme, je crois que ce qui sont étonnants du transhumanisme, comme Kurzweil par exemple, risque de commettre une lourde erreur car la technologie a aussi ramené du négatif comme le nucléaire, qui a su démontrer avec Hiroshima ou Fukushima, qu’elle peut avoir des effets dévastateurs malgré ses nombreux effets positifs.

Nous pouvons aussi être optimiste et constater que l’histoire de l’univers n’a ramené que de plus en plus de complexité.

 

A quand la fin de l’espèce humaine ?

Les transhumanistes disent que la fusion homme-machine sera pour la moitié du 21e siècle. Ça sera les premières expérimentations. De mon avis, l’hyper accélération de l’histoire est incroyable. Je dirais 3 siècles, dans 300 ans nous aurons un être très hybride, et dans 700 ans nous serons passé à autre chose…

Quand la transformation digitale rencontre la philosophie was last modified: juin 11th, 2015 by Andy Malunda
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Andy est Assistant Web Marketing chez Visionary Marketing. Ses missions incluent la rédaction d'articles et la réalisation de vidéos pour le compte de Visionary Marketing.
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11 réflexions sur “ Quand la transformation digitale rencontre la philosophie ”

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  • 11/06/2015 à 13:32
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    Là où Ray Kurzweil parle de dizaines d’années, Pierre Calmard parle de centaines d’années. Autant dire que c’est là de la voyance. Nous vivons un moment historique extrêmement intéressant, je suis bien d’accord, mais je trouve ce dernier bien modeste dans ces mots trop simples, sans références scientifiques de pointe. Un point de vue est un point de vue, ma grand-mère avait aussi des points de vue. J’aurais préféré des idées nouvelles, la suppression assez puérile des stéréotypes mentionnés, complètement dépassés pour la jeunesse actuelle. Peut-être monsieur Calmard ne s’y connait pas assez en science et en techniques (technologies), pour en parler.

    Des choses sont intéressantes mais d’autres sont très amusantes tellement elles sont enfantines, quand il dit : « les transhumanistes » pensent… Alors qu’il existe autant de transhumanismes que de transhumanistes. 3 siècles c’est bien trop timide et même pas d’explications sur ce nombre (allez hop, je vais pas me mouiller, je vais dire 3 siècles! lol) , un chiffre dit au hasard ou lié à un problème inconscient, l’injuste, par exemple que ressentirait cet auteur si les jeunes actuels pourraient devenir « immortels » et pas lui-même? En ce qui concerne l’ensemble de cette intervention, et pour moi-même, en tant que transhumaniste, il me semble être très sinon trop banal, timide, au fond. Entre pays nous échangeons des idées d’un niveau autrement plus intellectuel et sensible. Si le livre est pour quelqu’un, il ne semble absolument pas intéressant pour les transhumanistes eux-mêmes. Sinon son optimisme fait plaisir, seul bémol, son dialogue n’accroche pas, pas de passion, alors que le sujet est autrement plus passionnant. J’espère que monsieur Pierre Calmard mettra un peu de passion sur ces prochaines interview, ces prochains commentaires, ce ne serait pas plus mal, là on voit une pensée presque dépassionnée, et assez à côté de la plaque, me semble-t-il et sur cette drôle d’idée de plusieurs centaines d’années. Il ne semble pas connaître une évolution géométrique ou exponentielle. Jean-Luc Matteo-Donné, sans concessions pour personne. *** Nos rêves sont plus réels que vos réalités ***

    Réponse
    • 11/06/2015 à 15:53
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      Bonjour ! Je vous remercie d’être passé sur notre blog, et d’avoir pris le temps de lire l’article. Votre commentaire a bien été pris en compte, nous allons contacter Mr Calmard qui ne manquera pas de vous répondre. Cordialement.

      Réponse
    • 15/06/2015 à 00:57
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      Bonjour,

      Il est amusant d’évoquer un manque de passion et de remarques enfantines, avec une telle foi aveugle dans le scientisme béat de Kurzweil et de ses disciples…

      J’espère au moins que vous avez lu l’ouvrage pour porter un jugement si éclairé. Je pourfends pour ma part de telles certitudes, laissant au doute philosophique toute sa force.
      Marrant aussi mon problème inconscient : j’imagine que vous maitrisez autant la psychologie que la science, je ne peux que m’incliner ;-).

      Enfin, ma grand-mère comme la vôtre avait sans doute des points de vue. C’est aussi votre cas, et le mien. « Humain, trop humain », disait Nietzsche.

      Il est vrai que mes études d’ingénieur statisticien sont loin : mais je serais quand même ravi d’échanger sur les lois exponentielles, il se trouve que c’était plutôt mon truc.

      Gageons que nos descendants disposeront de plus de bienveillance que votre commentaire dont le génie me dépasse.

      Réponse
      • 15/06/2015 à 14:38
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        Monsieur,

        J’espérais des réponses logiques et non une réponse affective qui n’explique au final pas grand, chose, sauf peut être de votre sensibilité liée à l’égo. Pourquoi 300 ans? Connaissez-vous Ray Kurzweil comme moi-même, ayant été dans un groupe à même pas deux mètres de lui-même, nous le bombardions gentiment de questions plus ou moins complexes. C’est un homme affable (affable en un mot je précise), qui a bcp d’humour, et qui sait rester modeste, surtout si on compte les attaques affectives et logiques qu’il vécues. Il sort un nouveau livre, et même un film, je vous conseille simplement de les lire/visionner. Vous savez, je n’ai rien contre vous personnellement, je m’attaque aux concepts, aux idées etc. NON aux personnes de qui elles proviennent. Je suis logicien et critique, et aux USA la critique est mieux reçue que France, je l’ai appris avec le temps. La France est extrêmement retardée au niveau de la diffusion des idées transhumanistes (très variées, très nombreuses!) L’AFT est axé, à ce qu’en j’en ai vécu, sur le côté éthique des transhumanismes, ce qui me semble aussi timide, malheureux. Je peux lire votre livre en diagonale si vous voulez mais j’ai posé des questions précises. Je suis au courant heure par heure des découvertes importantes sur les nanotechnologies, les cellules souches, ce qui semble aussi des gadgets et qui deviendront des outils, de L’IA, de même. Et je suis en contact avec de nombreux pays, et j’ai remarqué qu’il y avait autant de transhumanistes que d’humains, ceci même à l’intérieur des groupes, groupes qui ne prennent pas en compte toute la diversité idéelle et logique de chaque être humain. J’imagine que dans votre livre vous écrivez sur les dernières avancées technologiques, les dernières découvertes scientifiques. J’imagine que vous parlez de la loi de Moore, de l’évolution de l’informatique, de la robotique. J’imagine que vous écrivez sur les nanotechnologies; Combien elles sont à la fois une source merveilleuse de possibilités, mais aussi dont le danger fait de la bombe atomique un pétard à mèche! J’imagine que vous expliquez le comment ce fait-il nous avons pas le choix que d’évoluer, que nous sommes une espèce intermédiaire, bien loin d’être idéale, et plutôt destructrice (je parle bien plus pour les hommes que les femmes, évidemment.) Je peux imaginer une infinité d’autres choses qui pourrait être dans votre livre, mais à part avoir découvert une idée maîtresse que les transhumanistes n’auraient pas vu, êtes-vous certain que j’y apprendrais vraiment quelque chose, non en tant qu’humain qui ne connait même pas le mot transhumaniste, mais en tant que transhumaniste, scientifique, et logicien, mais encore critique depuis une quinzaine d’années? Remarquez je lis tous les jours de nombreux articles scientifiques et parfois il m’arrive d’être assez direct en critique, comme le jour où la petite revue Science & Vie prônait avec forte conviction que le cerveau générait la conscience! Sans même en donner aucune preuves! Cela paraissait tellement évident pour la direction que cette dernière ne m’a répondue poliment par téléphone que j’étais farfelu! Ce jour là je me suis plus tourné vers Nature et Science (Pour la science en français), et j’ai un peu délaissé S&Vie – J’étais plus jeune à l’époque. Mais j’ai compris une chose: Se méfier surtout de ce qui parait évident pour tous, je suis devenu critique et logicien à partir de cet incident.

        Bref, je ne voulais pas vous blesser tout en sachant très bien que je n’avais pas trop le choix, c’est mon rôle, parce qu’il n’y en a pas assez, aussi! Et l’homme de l’avenir me semble invisible, l’humanité n’est pas une fin en soi, et si un posthumain est bien plus sensible, plus logique, plus heureux! (en théorie) que nous les humains, nous, l’humain, nous devons lui laisser la place et nous effacer, ou bien nous transformer aussi. Si j’utilise des mots simples ce n’est pas pour vous même, mais pour votre public, et ce n’est pas du tout méchant de ma part, juste pratique.

        300 ans… hum…

        Bref, je vous souhaite une bonne journée, j’espère de tout cœur, et là c’est affectif, que si vos lecteurs vous posent des questions, vous serez à même de leur offrir des réponses logiques, pratique, plutôt qu’affectives. L’information est sans prix, pas vrai?

        Jean-Luc Matteo-Donné

        *** Nos rêves sont plus réels que vos réalités ***

        Réponse
        • 16/06/2015 à 09:53
          Permalink

          Bonjour Monsieur et merci encore de ce long commentaire.
          Pour ma part, j’ai trouvé au contraire la réponse de Pierre Calmard fort rationnelle et très claire.
          Son livre soulève des questions philosophiques très intéressantes, bien au-delà des thèses que vous citez.
          Quelle est la valeur de l’humanité ?
          Vaut-elle d’être préservée ?
          Peut-elle être transformée au-delà de ses capacités physiques ?
          Cela est-il important et faut-il se réjouir, ou au contraire, se lamenter d’un passé idéalisé pas forcément idéal ?
          Comme toutes les réflexions philosophiques, elle soulève plus de questions qu’elle n’en résout, c’est bien normal.
          Cependant, son propos n’est ni de valider ni d’invalider, si j’ai bien compris, les thèses transhumanistes, dont j’ai dit ici http://visionarymarketing.fr/blog/2012/10/tedxparis-scientisme-contre-humanisme-jusquo-linnovation-peut-elle-repousser-la-limite-tedxparis/ tout le bien que je pensais.
          Quant au débat sur les délais de transformation de l’espèce humaine, je prends personnellement ceux-ci pour symboliques, et je ne saurais trop vous conseiller d’en faire de même.
          En vous souhaitant une agréable journée.

          Réponse
          • 17/06/2015 à 00:36
            Permalink

            à Yann Gourvennec

            Quelle est la valeur de l’humanité ?

            Réponse : sans prix ou un prix infini, au choix.

            Vaut-elle d’être préservée ?
            Elle est sans prix, donc cette question ne se pose pas.

            Peut-elle être transformée au-delà de ses capacités physiques ?

            Réponse : Toute capacité physique est avant tout une capacité mentale. Nous savons très bien, à l’heure actuelle, que les capacités mentales peuvent être transformées.

            Réponse : D’autre part il est plausible, raisonnable de penser qu’un posthumain, non seulement auraient toutes ces capacités mentales bien plus évoluées que l’humain, mais encore pourrait posséder des attributs mentaux inconnus à ce jour.

            Cela est-il important et faut-il se réjouir, ou au contraire, se lamenter d’un passé idéalisé pas forcément idéal ?

            Réponse : Tout est idéal historiquement parlant, en ce sens que nous ne pouvons pas, à ma connaissance, changer le passé, il est idéal parce qu’inscrit dans l’histoire. Alors le mieux est de donner un sens à votre mot « idéal », et je sais très bien combien il est facile de jouer avec des mots dont les définitions sont floues.

            Si la psychologie humaine idéalise le passé ce n’est que dans un but d’équilibrage de sa psychologie présente. Si nous étions trop conscients des démences du passé nous ne ferions plus rien, sous deviendrons aussi déments. Nous idéalisons sans bien souvent le vouloir, cela permet une évolution plus stable, mais en cela nous en oublions de nombreux enseignements, surtout celui que l’homme (l’être humain mâle) est un état très dangereux pour lui-même et la planète.

            D’où notre intérêt d’évoluer très vite vers un posthumain (= plus humains mais + qu’humain,
            titre de livres de Théodore Sturgeon : Cristal qui songe, et les plus qu’humains.

            Comme toutes les réflexions philosophiques, elle soulève plus de questions qu’elle n’en résout, c’est bien normal.

            Réponse : Le « c’est bien normal » est en trop dans votre phrase, superflu, peut porter à confusion.

            Cordialement,
            Jean-Luc Matteo-Donné

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