Facebook ne disparaîtra pas, le bouche à oreille non plus

La sélection du jour…

Une fois n’est pas coutume est cet article que j’ai écrit sur e-marketing.fr intitulé « les médias sociaux valent mieux que ce que vous en faites ! » À un moment, 10 ans après sa création, où Facebook est placé sous les feux roulants des critiques, et où les accusations vont bon train pour expliquer sa disparition, ainsi que celle – imminente – de Twitter, selon de sages prédicateurs, nous revenons sur les fondamentaux des réseaux sociaux, hélas largement oubliés depuis les jours dorés du Web 2.0. Cette belle époque des bisounours est en effet révolue, période bénie où les « likes » étaient des « amis » ou même des « fans ».

Facebook ne disparaîtra pas, le bouche à oreille non plus

Longtemps les entreprises ont adopté une stratégie moutonnière dans les réseaux sociaux : il est temps de sortir du troupeau et de revenir aux fondamentaux du marketing du bouche à oreille et des réseaux sociaux (photo antimuseum.com

Avant de vous jeter à corps perdu dans Facebook, apprenez le langage du marketing du bouche à oreille et ses fondamentaux

Pourtant, loin de la renier, les pionniers restant toujours un peu nostalgiques, et à juste titre, il nous faut revenir sur les fondamentaux du marketing du bouche-à-oreille, qui reste, qu’on le veuille ou non, le moteur du partage et de la recommandation. Ce marketing du bouche-à-oreille, plus respectueux (on en parlait encore hier), tourné vers les autres ; presque altruiste devrait-on dire, reste au cœur de la logique les médias sociaux et, au cas où nos sombres prédicateurs auraient raison, survivront encore aux réseaux sociaux, car le marketing du bouche-à-oreille est probablement vieux comme le monde.

le bouche à oreille expliqué par Andy Sernovitz
le bouche à oreille expliqué par Andy Sernovitz dans son excellent ouvrage illustré

Facebook est devenu le mass média du 21ème siècle : il ne disparaîtra pas

Ceci étant, je n’accorde aucun crédit à la disparition de Facebook. Peut-être me trompé-je, et serai-je contredit demain matin, dans ce monde où l’incertitude règne. Mais je pense que la messe est dite, surtout pour Facebook, qui a amassé suffisamment de cash ; on peut peut-être juger celui-ci légèrement virtuel mais tel est le jeu de la bourse, qui fonctionne pour tout le monde, la high-tech comme le reste, et ce cash, comme dans le cadre de Yahoo, permettra à Facebook de rester à flot pour un bon moment.

Admettons que le réseau social, dans sa confirmation actuelle, cesse de plaire ou que ses utilisateurs s’en détournent, ce qui est déjà probablement un peu le cas dans l’Occident, Facebook aura suffisamment de cash, ils l’ont déjà démontré avec le rachat de Whatsapp, pour mettre la main sur des concurrents qui lui permettront de rester dans la course. C’est donc bel et bien dans une ère des sociale mass médias, dans laquelle nous sommes entrés, comme je l’ai expliqué dans cette vidéo Hootsuite que je vous ai insérée ci-dessous.

Mais voilà, même si tous les moutons sautent de la falaise pour aller s’écraser 200 m plus bas, rien ne vous interdit de réfléchir un peu et de trouver une autre solution. Voilà, dans cet article, les pistes que j’aimerais dégager pour le futur. Beaucoup, et notamment dans le B2B, où les budgets sont moins pléthoriques et où on réfléchit à deux fois avant d’engager son argent, trouveront des inspirations dans ces quelques lignes, du moins je l’espère. Bonne lecture !

[Tribune libre] Les médias sociaux valent mieux que ce que vous en faites !:

« En matières d’e-réputation, retourner aux fondamentaux n’est pas une option. Cela devient même impérieux, dans cette période de maturation des médias sociaux, quelque dix ans (voire plus) après leur arrivée sur le marché.

Je viens de fêter mon septième anniversaire sur Twitter aujourd’hui. Lorsque j’ai commencé à travailler dans la banque sur Internet en 1996, on avait coutume de dire que les années Internet étaient comme des années de chien, que le temps y passait 7 fois plus vite que dans le monde réel, comme on le dit de ces animaux. Je ne connais pas la réalité des chiffres pour la race canine, mais ce que j’ai appris , c’est que les années Internet sont plus proches des années Lumière que des années de chiens. Cependant, plus le monde va vite, plus les choses changent, plus c’est la même chose, pour paraphraser Alphonse Karr. Hors de la simple figure de style, mes observations du terrain en ce moment me prouvent que pour les clients que je vois il est nécessaire de revenir aux basiques. Voyons alors pourquoi il faut éviter de se poser les mauvaises questions, et avec mes excuses si cela bouscule les idées reçues de la blogosphère, cela est parfaitement volontaire et totalement assumé.

Il faut se focaliser sur le pourquoi et non sur le comment Maîtriser les outils et le contenu des médias sociaux est important. Il y a un minimum d’outillage technique et de contexte que n’importe quel professionnel des médias sociaux, et pas seulement les Community managers, se doivent de maîtriser. Ceci, dans le fond, est évident et n’a pas besoin d’être remis en cause. Cependant, plus je lis les blogs dédiés au Community management et aux médias sociaux, et plus je ressens que nous sommes en train de tourner en rond. J’ai pris conscience de cela de façon très nette lorsque, il y a quelques jours, j’ai rencontré un des leaders du ecommerce et plus particulièrement son directeur des médias sociaux, et que je me suis mis à regarder rétrospectivement leur évolution stratégique au travers des médias sociaux. Leur présence a fluctué au travers des années, et bien qu’ils ne les utilisaient que depuis à peine trois ans, ce parcours m’a semblé très proche de ce que je vois dans la majorité des entreprises (B2B et B2C compris, même si on trouve des différences entre les deux).

Tout a commencé avec quelques innovateurs qui sont partis bille en tête sur cette nouvelle tendance, timidement au départ, puis avec frénésie et avec une flopée d’initiatives, certaines orientées collaboration (c’était le bon vieux temps de wikinomics) ou CRM et 48 heures. Cette frénésie à généré tout un tas de belles initiatives, mais aussi une montée en charge croissante de la part des clients pour un meilleur service, qui n’a pas toujours trouvé sa réponse. Tous les ecommerçants ne peuvent se permettre de ressembler à Amazon. L’étape suivante fut une fragmentation de cette présence médias sociaux avec encore plus de gens qui ont sauté sur la mode à une époque où les plateformes sociales ont gagné en popularité, au début 2011 et 2012. La dernière phase nous amène à 2014 avec un Community management qui se ‘ professionnalise ‘ et une agence (au tarif non négligeable) qui nourrit Facebook pour le plaisir de nourrir Facebook, avec une régression par rapport à la première phase citée plus haut.

Du pain et des jeux Les Romains et une expression pour cela : panem et circenses. Donnez au peuple du pain et des jeux, et ils seront heureux. L’empire romain a maintenu la paix dans ses provinces comme cela, sans avoir à se préoccuper trop des politiques à long terme. Ceci me rappelle un peu ce que nous vivons aujourd’hui dans les médias sociaux. En fait, j’ai rencontré ce problème moi-même alors que j’étais dans ma dernière année de direction médias sociaux pour un des plus grands opérateurs européens.

C’est Facebook qui dirige ! Facebook a ses propres règles. Si vous voulez maximiser ‘ l’engagement ‘, vous devrez amuser vos utilisateurs et les divertir. Nous avions ainsi découvert que la seule façon dont nous pouvions générer ‘ de l’engagement ‘ était de poster des histoires plus ou moins drôles sur les téléphones mobiles. Cela fonctionnait. Nous aurions même pu payer pour promouvoir ses articles, de façon à faire monter artificiellement ‘l’engagement ‘. Tout ça est très joli, mais pourquoi faisons-nous cela ? Ce qui compte vraiment pour les clients, c’est le service que nous leur rendons, la qualité des produits, la relation que nous entretenons avec eux… À moins que vous soyez dans le luxe, la beauté ou la mode, mais toutes les marques ne sont pas Louis Vuitton ni L’Oréal ! »

(Via marketing.fr) [Tribune libre] Les médias sociaux valent mieux que ce que vous en faites!:

Facebook ne disparaîtra pas, le bouche à oreille non plus was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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4 réflexions sur “ Facebook ne disparaîtra pas, le bouche à oreille non plus ”

  • Ping : Facebook ne disparaîtra pas, le bouche &a...

  • 26/05/2014 à 11:08
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    Merci pour ce billet ça fait du bien de lire des idées qui ne se contentent pas de copier/coller 😉 Je suis juste un peu étonné que vous écartiez les marques de mode et de luxe de votre affirmation « Ce qui compte vraiment pour les clients, c’est le service que nous leur rendons, la qualité des produits, la relation que nous entretenons avec eux… ».
    Pour ce qui est de Facebook, je me suis offert le luxe de faire un peu de prospective après l’annonce du partenariat avec Publicis sur mon blog, votre point de vue serait évidemment bienvenue http://bit.ly/1oOrTc8

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    • 26/05/2014 à 15:05
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      Merci beaucoup Jérôme, je cours voir le lien.
      Je les ai exclus car pour ces marques, les communautés sont souvent vivaces, auto organisées, et l’attachement à la marque est très fort, bien au delà du produit lui-même (le lien importe plus que …).
      Merci de votre visite et de votre commentaire.

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