médias sociaux : la prise de parole du « quidam » a révolutionné la communication (Olivier Cimelière)

Il y a quelques semaines, j’ai lu le livre de notre ami et confrère Olivier CimelièreManagers, parlez numérique !” publié aux éditions Kawa*. Olivier, Président de Heuristik communication, y dit des choses fondamentales, sans langue de bois (c’est un euphémisme) que les entreprises doivent désormais apprendre à mettre en œuvre, au-delà des discours. Je l’ai interviewé afin d’en savoir plus et de le titiller sur quelques points trouvés dans son livre.

* transparence : Kawa est aussi notre éditeur

Interview d’Olivier Cimelière – Managers parlez numérique !

Pour résumer mon livre en une seule phrase, je dirais que ce livre, traite des 10 bouleversements principaux que les médias sociaux et plus généralement la communication digitale introduisent dans la communication des entreprises et des dirigeants.

Qu’est-ce qui a changé avec les médias sociaux et qui a été bouleversé dans la communication ?

Beaucoup d’éléments ont été bouleversés, mais sans conteste l’élément le plus important et le plus brutal pour beaucoup de gens a été la prise de parole du quidam. Il s’agit de personnes qui auparavant ne s’exprimaient pas. On est dans des communications unilatérales, avec les sachant qui parlait à ceux d’en bas, aujourd’hui ceux d’en bas, non seulement conteste ce don, mais en plus ils expriment ils font entendre leur voix. Et ceci fait voler en éclats tous les schémas de communication traditionnelle. Le ton en plus ce n’est pas toujours très policé, on est parfois dans le brut de fonderie, dans la mauvaise foi aussi, mais cela a eu le mérite d’ouvrir des portes, de laisser entrevoir de nouvelles choses, et à des experts, des gens qui avaient des choses valables à dire, mais qui n’avait pas forcément les moyens de le dire, de faire savoir d’autres, de se positionner sur ce terrain de jeu, et de devenir à leur tour des influenceurs.

verypresstrip
Même si cette vidéo est un ODni (objet digital non identifié en provenance d’un service de RP qui s’est fait plaisir) elle est révélatrice d’un monde qui change. Il ne manque plus qu’à appliquer la leçon sur le terrain:    VERY PRESS TRIP – Bande Annonce VOST par l’agence So Bam on Vimeo.

Est-ce qu’on peut y échapper ?

C’est le souhait de certains, de reculer l’échéance, de contourner, d’y échapper, ou d’essayer de dupliquer les bonnes vieilles méthodes sur ce nouveau terrain de jeu, mais quoi qu’il en soit, non, c’est inexorable, ça va continuer, les gens vont se professionnaliser et ils vont continuer à s’exprimer. Le niveau de savoir a augmenté aussi, car on a accès aujourd’hui à un grand nombre d’informations. Ce qu’il reste à faire à ses acteurs traditionnels aujourd’hui, c’est de changer leur posture, d’écouter ces nouvelles personnes qui les interpellent, dialoguer avec elle, et de d’essayer de tisser de nouveaux modes relationnels. Celui qui voudra y échapper, pourra essayer, mais dans ce cas-là, il risque tout simplement de passer pour quelqu’un de suspects, car à vouloir être silencieux et se cacher, on vous prêtera forcément de mauvaises intentions.

Les gens qui font de la « communication à la papa », s’ils continuent d’appliquer leurs bonnes vieilles méthodes, vont aller dans le mur directement.

David et Goliath

Goliath, c’est ce que je mentionnais au début de cette interview, c’est ce qui avait accès à la parole, ce que j’appelle dans le livre cette oligarchie de la parole, c’était principalement les dirigeants, politique et économie, les grandes entreprises, les marques les médias, les quelques experts de renom, cela s’arrêtait là. David, c’est tous les autres, ce sont tous les petits qui ne s’exprimaient que comme ils pouvaient, en écrivant ou courrier du lecteur d’un journal, en téléphonant sur la ligne du service après-vente, on les entendait pas beaucoup. Aujourd’hui, ces se David, qui peut s’exprimer, il suffit d’un tweet pour cela. Et cela suffit pour faire vaciller une grosse marque et créer un Bad buzz ! Mais l’Goliath ne sont pas morts, ils peuvent tout à fait intelligemment comprendre simplement que la posture doit changer, un bon exemple et ses Nestlé, qui s’est fait « ratatiner » il y a 3 ans par Greenpeace par une attaque virale d’une puissance incroyable, et que justement ils avaient réagi selon les bonnes vieilles méthodes en envoyant les avocats. Aujourd’hui, ils ont installé une war-room, qui écoute en permanence le Web et les médias sociaux et qui interagit avec les gens. Alors tout n’est pas parfait, mais en 3 ans ils ont été capables d’accomplir cette mue, et cela montre bien que cela n’empêche pas à être Nestlé de continuer à être ce qu’ils sont.

Est-ce qu’on change le produit aussi ?

C’est là le piège, car être présent sur ces espaces n’est pas seulement ouvrir une page Facebook, et dire seuil et je suis digital ! C’est aussi d’adapter la culture qui va avec, c’est ça le grand problème aujourd’hui, la mutation, dans la posture les attitudes est loin d’être achevées !

La communication interne va disparaître

C’est un peu radical, mais moi je le pense, car là aussi je pense que le public interne a été longtemps négligé par les entreprises et leur management tout simplement parce qu’on partait du principe que les salariés c’était un public HT acquis, dans le meilleur des cas, ou en tout cas un public captif, car ils ont un emploi et n’ont pas envie de perdre, mais c’est fini ce temps-là. Les gens sont très informés savent beaucoup de choses ils connaissent l’entreprise, et sont capables de décoder la parole du dirigeant, et ils sont capables aussi de s’exprimer sur l’entreprise. Donc on a tout aussi intérêt d’avoir une posture de dialogue de conversation pour que les salariés, au lieu de devenir des râleurs, deviennent des ambassadeurs. Spontanément, ils sont enclins à le faire.

Journaliste blogueurs : la guerre ?

Je pense qu’il faut dépasser l’affrontement blogueurs et journalistes. C’est vrai que les blogueurs ont été très mal vu au début par les journalistes à ce qu’ils avaient l’impression de se faire un peu piqué leur boulot. Mais pour moi ils sont complémentaires. Les blogueurs ont des expertises à faire savoir, les journalistes ont la capacité, car c’est leur métier, d’enquêter, de contexte lisait, de regrouper, ce qu’un blogueurs ne peut pas toujours faire, car bien souvent il a un métier à côté, et il n’a pas forcément été formé pour cela. D’ailleurs on le voit aujourd’hui, plein de médias accueil des blogueurs dans leurs colonnes numériques, et ont compris que c’était plutôt un partenariat éditorial qu’il fallait faire, que passer son temps à se montrait du doigt. Il y a encore le côté « casse » de certains journalistes, mais il va résister de moins en moins, car la nouvelle génération de journalistes et totalement numérique, et pour eux, le papier et même à la limite de l’ovni, cela va s’estomper. Et maintenant, les rôles sont identifiés, et cette comme avant, quand les premiers journalistes TV sont arrivés dans les conférences de presse, les gens du papier les regardaient avec un mépris total car c’était la télé ! Aujourd’hui, plus personne ne songerait à cloisonner les gens de la télé du papier.

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