drive to store : « beaucoup en parlent mais peu en font » (mobilité)

phone-large

Le drive to store est le nouveau mot à la mode, issu de cette nouvelle tendance du digital, que nous avons appelée u-commerce (ubiquitous commerce) et qui consiste à faire sauter la frontière entre commerce réel et commerce en ligne. Il s’agit principalement, au travers du développement des mobiles et des applications, de ramener l’utilisateur/consommateur dans le magasin, pour profiter de promotions, et surtout … pour remplir le magasin notamment aux heures creuses. Pour cela, diverses méthodes sont utilisées, comme l’affichage de promotions comme nous l’avons vu avec Bruno Vercelli de Sentinelo (d’autres systèmes existent). Mais il y a aussi ce qu’on appelle le Geo-Fencing (littéralement l’escrime géo localisée en anglais ; encore une métaphore guerrière, décidément les marketeurs ne changeront jamais) qui consiste à aller chercher l’utilisateur là où il est et lui proposer une promotion dans la mesure où il passe à côté d’un magasin. Du moins, c’est cela que nous entendons depuis des années et que l’on croit être le Graal du futur commerce.

La réalité est toute autre. C’est ce que nous démontre François Bieber, pionnier du drive to store avec Kwanko Netaffiliation. Comme le dit François, le drive to store, « beaucoup en parlent, mais peu en font ». Ses expériences, menées sur des clients réels et dans plusieurs pays, montrent, et ceci n’étonnera pas les lecteurs de Visionary marketing, que c’est surtout la pertinence des promotions qui déclenche l’action de l’utilisateur/consommateur.

le drive to store : beaucoup en parlent mais peu en font

le drive to store, une mécanique plus complexe qu’il paraît au prime abord (photo antimuseum.com)

Ceci nous amène à revoir la pensée autour de ces actions de géolocalisation. En premier lieu, via la qualité de la promotion et de l’offre, sa pertinence, son adaptation au goût du futur consommateur, en deuxième lieu vient la géolocalisation. Et, là encore ce n’est pas surprenant, c’est l’utilisateur qui décide de se géo localiser ou non. Cette démarche plus respectueuse de l’utilisateur, de sa vie privée, et de son libre arbitre, est véritablement au centre de l’efficacité du drive to store, qui n’en est encore qu’à ses balbutiements, et dont on a du mal à mesurer l’ampleur aujourd’hui, mais qui est certainement amené à se développer de façon spectaculaire … pour peu qu’on respecte ces quelques règles de bon sens.

interview de François Bieber, fondateur de Kwanko Net Affiliation

J’ai créé le groupe Kwanko en 2003, nos activités sont d’un côté le Web avec la plate-forme d’affiliation net affiliation, qui est notre métier historique, le 2e axe, c’est la publicité sur mobile avec notre offre Swelen qui est le résultat du rapprochement avec cette société en 2011, et puis le 3e axe qui est aujourd’hui un axe sur lequel nous connaissons un très fort développement, qui est celui de la convergence entre le digital et le monde physique, au travers notamment de l’offre de géo-localisation, et notamment le drive to store.

« Le drive to store beaucoup en parlent mais peu en font »

Aujourd’hui, Kwanko un des groupes publicitaires qui réalise le plus de campagnes drive to store qui est une activité qui a réellement émergé en 2013. Aujourd’hui, nous lançons plusieurs campagnes de ce genre par mois pour nos annonceurs comme micromania et la Fnac. L’activité mobile représente 5 % de notre chiffre d’affaire mais aujourd’hui il est difficile de dire combien représente le drive to store. C’est un marché qui est émergeant à aujourd’hui. Je pense qu’aujourd’hui, cela doit représenter à peu près 50 % de nos campagnes.

Pour pouvoir réaliser des campagnes drive to store, Kwanko s’appuie naturellement sur le réseau mobile, qui permet de faire de la géolocalisation efficace, et donc d’un point de vue stratégique, nous avons commencé à développer notre offre sur la France qui est notre marché historique, et depuis le dernier trimestre 2013, nous commençons à bien développer cette offre à l’international, puisque nous avons lancé notre première campagne en Belgique. Nous sommes en train de lancer en novembre des campagnes au Portugal, et en Italie.

Le drive to store comment ça marche ?

C’est un peu le graal de tous les réseaux de commercialisation physique, puisque cela permet enfin d’avoir un outil qui permet d’utiliser tout le monde digital pour pouvoir faire la promotion de la gamme grand public et de générer du trafic en magasins. Le principe qu’on met en place est simple : on va prendre un magasin, on regarde sa zone de chalandise, et on va pouvoir « géo-cibler » l’audience sur ces zones de chalandise, et ensuite concevoir une opération publicitaire qui généralement s’appuie sur une première phase. Cette première phase, c’est le ciblage géographique sur différents types de supports en fonction du type de clientèle.

Quand on est dans la bonne cible on affiche l’offre publicitaire de l’annonceur, et la plupart du temps, on redirige sur un moteur de géolocalisation de façon à faciliter pour le mobinaute le repérage du magasin et aussi d’en afficher les horaires d’ouverture de façon à ce qu’on arrive à maximiser l’efficacité pour l’annonceur.

On peut mettre en place également certaines subtilités, l’idée étants qu’un magasin gère des heures pleines et des heures creuses. Si je prends l’exemple d’un magasin assez classique, les horaires sont de 10 heures à midi et de 14 heures à 17 heures avec une période d’heures creuses et entre midi et 14 heures et 17 heures et 20 heures.

L’idée, c’est que sur des heures creuses, on peut promouvoir une offre qui va éventuellement présenter une raison suffisante pour faire venir des mobinaute en magasins, par exemple une réduction sur un produit, et pendant les heures pleines, on va plutôt faire simplement de la valorisation de l’offre de magasin pour pour enclencher le passage à l’acte du mobinaute et le faire entrer en magasin et le faire acheter.

On gère également les horaires de fermeture du magasin, avec par exemple une interruption de diffusion pendant ces heures, soit éventuellement la redirection vers le site Internet du magasin ou du réseau distribution.

La pertinence de la pub plus importante que la géolocalisation

Concernant l’efficacité de la géolocalisation, on arrive à avoir une fiabilité qui va de 200 m à 50 m donc une capacité de géolocalisation qui est assez pointue, et en termes d’efficacité publicitaire, c’est clairement une démarche qui répond aux demandes des annonceurs.

D’une façon assez traditionnelle, les annonceurs, quand ce genre de nouvelle offre arrive sur le marché, commencent par un test, puis ils mettent ensuite des budgets pour développer et exploiter au mieux ce type de support. les signaux que nous avons sont extrêmement encourageants, car les annonceurs renouvèlent régulièrement leurs campagnes après les périodes de test, c’est donc un signe que les tests sont concluants pour eux.

Ensuite, au niveau des internautes, on aimerait bien pouvoir dire qu’il y a un impact et que les publicités géo-localisées sont plus efficaces, on en est convaincus, mais on n’a pas encore pu le mesurer de réalité tangible. Ceci pour une raison très simple, c’est que finalement, le facteur le plus discriminant en termes d’efficacité sur une campagne, c’est plutôt la qualité de la publicité. Quand je parle de la qualité, je parle surtout du contenu de l’offre et de sa pertinence vis-à-vis de l’auditoire.

Aujourd’hui, on peut énoncer de façon fiable, qu’à partir du moment où on a une publicité qui est bien ciblée, en termes de ciblage comportemental, géographique ou du support de diffusion, on a avec ce système plus de chances d’être pertinent par rapport à l’audience et donc, mécaniquement, d’être plus performant.

À ce jour, on n’a pas encore de chiffres qui nous permettent de dire que les taux de clic sont plus importants quand quand on avait une publicité géo localisée par rapport à une publicité non géo localisée. Pour faire cela il faudrait comparer avec 2  campagnes, une géo localisée, et l’autre non, avec le même support publicitaire.

suivez moi !

Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
suivez moi !