la mort des médias sociaux, 1 an et demi après … vous prendrez bien un petit kawa, 6e épisode,

Poursuite de notre causerie auprès du café avec l’introduction d’une section importante (la 2ème) dédiée à la stratégie de contenus, un des fondements de la communication digitale :  à quoi ça sert, comment ça marche, et quelles sont les spécificités des stratégies de contenus sur Internet, sont les thèmes principaux de cette partie. Car le marketing de contenu (alias “brand content” en Globish) n’est plus original, il est entré dans les mœurs et nous allons dédier une section entière sur ce sujet avec des points de vue des 2 auteurs, des témoignages, et aussi des contributions de Anthony Plewes et Stewart Baines depuis la Grande Bretagne.

Deuxième plat de résistance de cette vidéo : la suite du débat sur la mort des médias sociaux. Il s’agit de la suite du débat que nous avons lancé en début 2012 de façon assez provocante. Dans ce chapitre nous revisiterons les 4 phénomènes qui vont changer la donne et que nous évaluons après 1 an et 1/2 de terrain : la croissance de l’infobésité, la lassitude des utilisateurs, la convergence des plateformes, et la socialisation du Web via les sites Web des entreprises. Il s’agira d’un chapitre abondamment détaillé, dont on peut prédire qu’il sera une de pierres d’angles du livre.

les médias sociaux sont-ils morts ? retour sur un débat acharné de 2012
la mort des médias sociaux, 1 an et demi après … vous prendrez bien un petit kawa, 6e épisode, was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

5ème étude Lecko sur le RSE : 20 ans pour convaincre les utilisateurs et ce n’est pas fini !

eye-largeJe me suis rendu le 31 janvier, à l’invitation d’Arnaud Rayrole de Lecko, à la restitution publique de son étude 2013 sur le réseau social d’entreprise. Il s’agit d’une étude annuelle que Lecko publie depuis maintenant 5 ans : un travail titanesque qui correspond à un véritable investissement de la part de la société conseil, avec 100 jours/homme dédiés à sa construction. Plus de 151 planches, bourrées de comparatifs, de matrices, de Verbatim et d’analyses, qui seront autant d’outils précieux au responsable RH ou communication interne qui désire s’équiper, mettre en œuvre ou faire évoluer son système d’information collaboratif.

Comme à mon habitude, je fournis ci-dessous le script quasi intégral de la présentation, qui vous permettra de prendre connaissance de tous les détails. Mais avant tout, je voudrais vous livrer quelques réflexions qui m’ont été inspirées par cette session dont je n’ai perdu aucune miette. Celle-ci s’est déroulée en 2 parties: d’une part une présentation de la part des représentants de Lecko sur l’étude elle-même, puis les interventions de spécialistes des logiciels et réseaux sociaux d’entreprise : d’une part Christophe Routhieau de BlueKiwi puis Xavier Artiguebielle avec Jive et enfin un duo assez facétieux constitué de Ludovic Magne de Yammer et de Na YoungKwon de Microsoft SharePoint.

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[Arnaud Rayrole, patron de Lecko, un des 2 meilleurs cabinets spécialisés en France]

Les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) ont 5 ans… sauf que cela n’est pas tout à fait exact

Oui, cela fait 5 ans que nous parlons des réseaux sociaux d’entreprise, mais il serait faux de croire que le travail sur la collaboration d’entreprise a commencé si tard. Dès 1994, des applications comme Lotus Notes (plus tard racheté par IBM), ont permis, au travers d’un terme barbare censé désigner à peu près la même idée à l’époque : le « groupware ». Il s’agissait alors de l’établissement de la collaboration entre les équipes, de création de communautés, de bâtir des référentiels partagés, y compris avec les clients … bref, comme disait Alphonse Karr, « plus ça change … »

Cela pourrait paraître anecdotique, mais ne l’est pas. Si cela fait 20 ans que nous tentons par tous les moyens, technologique, humains organisationnels et autres de faire fonctionner la collaboration d’entreprise et que cela est toujours aussi difficile, cela doit bien vouloir dire quelque chose dont on ne peut pas faire abstraction.

Lecko l’a bien souligné : si une majorité d’entreprises ont tenté l’aventure, il y en a beaucoup trop qui ont juste “mis une croix dans la boîte” a dit Arnaud Rayrole dans son introduction.

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Les solutions techniques, moins importantes que l’aspect humain/organisationnel

C’est un poncif de toutes les approches conseil, un leitmotiv de la maîtrise d’ouvrage en systèmes d’information répété ad nauseam. Sauf que cela n’est pas tout à fait vrai non plus. Certes, l’aspect organisationnel, humain et éducationnel est primordial. C’est un truisme. Ceci étant, démarrer un projet collaboration avec un logiciel bancal, faire un mauvais choix technique, personnaliser un bon logiciel de façon à le rendre inutilisable etc. etc. revient à se tirer une balle dans le pied. L’approche humaine peut toujours être bonne, il n’y a pas de partie émergée de l’iceberg, il y a deux parties égales d’un ying et d’un yang qui sont aussi importantes l’une que l’autre et se nourrissent.

En cela, l’étude de Lecko prend toute sa valeur car elle permet de reconstituer le paysage dans son ensemble, d’une façon peut-être un peu plus neutre que ce que l’on peut voir chez certains analystes américains du secteur, également revendeurs de prestations aux éditeurs de logiciels et aux SSII.

Le bénéfice utilisateur au cœur de la réponse et de l’usage

Ce que j’ai aimé dans la présentation d’Arnaud Rayrole, c’est particulièrement ce point sur l’insistance de l’importance du bénéfice de l’utilisateur (slide 37). C’est là véritablement que se situe le point de bascule de la démarche de collaboration réussie ou non. Trop de démarches de RSE partent de l’entreprise elle-même, en oubliant l’utilisateur ; et ce malgré les incantations.

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[sautez sur vite ce slide, c’est là le nœud du problème !]

Mieux lier les activités métiers

C’est un point sur lequel Lecko a insisté lourdement ; je pense qu’ils ont parfaitement raison. J’avais déjà souligné ce point plusieurs fois sur mon blog. Les systèmes de collaboration internes destinés uniquement à faire du cyber babillage, n’apportent pas grand-chose à l’entreprise voire lui font perdre du temps. Autant laisser jouer les employés sur Facebook à Hellopolys pendant les heures de travail.

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[page 28 : une cartographie des pratiques qui offre un regard utile et intéressant au maître d’ouvrage qui veut cadrer son projet]

Mieux lier les outils entre eux

Encore une remarque pertinente de la part de Lecko dans cette étude, qui indique la nécessité de créer des ponts entre les outils, à l’heure où naturellement, les éditeurs tentent d’intégrer les différentes facettes de la collaboration sur les mêmes plates-formes. C’est notamment le cas du leader incontesté SharePoint (70% de part de marché ou plus) qui vient de racheter Yammer pour son module de discussion. La présentation faite en commun entre Yammer et SharePoint montre une intégration intelligente des 2 composantes collaboratives. Elle souligne aussi une autre tendance soulevée par Lecko : le fait que le SaaS ne fait plus peur aux directions informatiques. Ouf ! il était temps.

Les utilisateurs sont toujours un frein

L’étude a démontré aussi que de nombreux projets étaient soit en cours soit déjà réalisés (70% du CAC40 selon Lecko). Mais elle a aussi mis l’accent sur les difficultés liées à l’adoption par les utilisateurs. Sur le terrain, cette difficulté paraît criante. Tenter de démontrer, comme je le fais tous les jours depuis malheureusement trop d’années, que les outils de collaboration permettent de remplacer avantageusement, dans beaucoup de situations, le mail jusqu’à le faire (presque) disparaître, est toujours une croisade en 2013 et ce n’est pas normal ! La soi-disant génération Y n’y peut mais, et hélas la situation ne s’améliore guère. Cf. le point suivant.

Parmi les présentations des différents éditeurs de logiciels, j’ai noté les choses suivantes :

D’une part, pour la bouteille à moitié pleine, le discours de Christophe Routhieau, qui démontre une bonne intégration de BlueKiwi à l’intérieur d’Atos, aussi bien pour l’installation du logiciel et son utilisation en interne, que vis-à-vis des clients de la SSII, y compris dans le monde. Ceci est une bonne nouvelle. Petite déception pour le côté de la bouteille à moitié vide, en ce sens que Christophe à minimisé le « zéro e-mail » en disant (en substance) qu’il s’agissait plus d’une métaphore que d’une réalité. Or je suis convaincu du contraire, même si le « zéro e-mail » de Thierry Breton est légèrement caricatural, cette caricature met l’accent sur un véritable problème qui mérite d’être résolu avec force et détermination. Je suis toujours un fervent défenseur de cette idée iconoclaste et difficile à mettre en œuvre. Il faudrait ne pas perdre de vue cet objectif.

Avec Jive et Yammer/Microsoft, on peut aussi conclure que 2013 est l’année du débarquement des Américains sur un marché français qui vient juste de doubler mais qui reste encore modeste à 26 millions d’euros d’euros de chiffre d’affaires annuel. Attendons-nous à voir ces chiffres grossir de façon considérable, et probablement à un peu de contraction sur le nombre des acteurs de niche sur ce marché.

Enfin, et du côté du satisfécit, notons la quasi-unanimité des intervenants pour dire que la France est un des marchés les plus avancés en Europe sur ces sujets. Cocorico ! Fonçons et installons nos réseaux sociaux d’entreprise en améliorant la mise en œuvre et l’accompagnement des utilisateurs.

Je vous laisse découvrir la suite de l’étude dans son compte rendu…

Ce qui a évolué ces 5 dernières années

  • un certain nombre de progrès :
  • notamment dans l’ouverture et l’acceptation de l’ouverture de l’information. Ces ouvertures se font en ce moment et ceux qui entrent en retard sur le domaine du 2.0 font cette ouverture à l’accéléré.
  • le Saas n’est plus un point bloquant dans beaucoup d’organisations
  • idem pour le BYOD et beaucoup d’entreprises réfléchissent à laisser les collaborateurs utiliser leur propre matériel
  • de plus en plus d’entreprises traitent ces projets comme de véritables projets de transformation
  • on est aussi passés d’une vision du RSE à des RSE. Il existe des projets de réseaux portés par les métiers et aussi les collaborateurs.
  • on assiste aussi à la socialisation des du SI de l’entreprise … même si encore trop d’entreprises sont “dans le déni, et imposent un RSE unique” a précisé Arnaud Rayrole
  • les outils passent maintenant au second plan derrière l’usage dans l’entreprise
  • enfin, ce ne sont plus des stagiaires ou des “volontaires désignés” mais des personnes dont c’est le vrai métier. Au même titre que pour un gros projet, il faut développer des méthodes et des outils, et professionnaliser la gestion de projets

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5ème étude Lecko sur le RSE : 20 ans pour convaincre les utilisateurs et ce n’est pas fini ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

les médias sociaux expliqués à ma PME

tv-small_thumb.gifJe dois l’avouer avec honte, je ne vais pas tous les jours en province; en fait je n’y retourne quasiment plus depuis que j’ai quitté ma région il y a de cela près de 25 ans. Ce n’est pas du fait d’un excès de parisianisme, puisque justement je ne suis pas parisien, mais tout bêtement d’une question de gestion du temps. Il est ironique, qu’il prenne plus de temps d’aller à la Roche-sur-Yon qu’à Budapest, on peut le déplorer mais c’est un état de fait. Ceci étend, j’ai répondu exceptionnellement et avec plaisir à l’invitation de mes amis Hervé Pillaud et Emmanuel Chopot de Vendeers, l’association affiliée à Media Aces, qui promeut l’usage des médias sociaux dans cette partie occidentale notre pays ; il s’agissait d’une session dédiée, pour partie, à notre travail chez Orange (transparence : dont je suis le directeur Internet du groupe). Dans cette présentation qui commence au slide numéro 10, ce qui vous évitera d’entendre mes élucubrations géographiques, je reviens sur l’historique du Web et du Web social en particulier, pour le replacer dans son contexte et dans son utilité. Je montre également (planches 15 à 20) l’évolution du paysage des médias sociaux dans le monde, de 2006 à nos jours. J’insiste enfin sur la pertinence des médias sociaux pour les petites entreprises régionales, comment faire vivre des communautés, et comment se projeter et projeter sa marque dans le paysage digital.

Merci à Vendeers pour la mise en ligne de cette vidéo et l’organisation de cette conférence.

les médias sociaux expliqués à ma PME was last modified: février 8th, 2013 by Yann Gourvennec

une conférence E-marketing BtoB à Paris le 12 février à ne pas rater …

Logo_CCM_Benchmark_conferences-287et ceci d’autant plus que j’y participerai. Tribune ouverte à Fabrice Deblock, l’organisateur, pour annoncer cette réunion.
par Fabrice Deblock de Benchmark Group
Conférence E-marketing BtoB : les nouveaux leviers de la performance
Mardi 12 février 2013, de 9h00 à 17h30

Communication, acquisition, fidélisation… Quelles opportunités offrent les réseaux sociaux en BtoB ? Comment y investir de manière durable et rentable ? A quel ROI s’attendre ? M-pub, applications, force de vente connectée…

Conférence E-marketing BtoB

Comment construire une stratégie mobilite pertinente pour répondre aux attentes des professionnels ? Ciblage, newsletters mobiles, sociales… Comment optimiser ses opérations d’e-mailing pour en maximiser la performance ? La conférence E-marketing BtoB organisée par CCM Benchmark traitera de ces questions.

Au programme, les témoignages de Nicolas Dru (3M), Christophe Marée (Adobe), Yacine Mahfoufi (Alcatel-Lucent), Sophie De Parseval (Booster Academy), Marine Lucas (Bouygues Telecom Entreprises), Sylvie Bourrelier (Ceva santé animale), Patricia Gandit (Cisco), Steve Pachter (Edenred), Wandrille Lefebvre (Fnac.com), Hervé Dhelin (IBM), Florent Nosel (Kiloutou), Philippe Deljurie (Météojob), Marie-Jeanne Vonderscher (Pro BTP), Pierre-Yves Daniel (Quotatis), Michel Haddad (Raja) et moi-même.

Lire le programme

une conférence E-marketing BtoB à Paris le 12 février à ne pas rater … was last modified: septembre 20th, 2014 by fabdeb75

le Web social en 10 questions (6) – « être community manager ne suffit pas »

network-largeSuite de la version intégrale de l’interview que je donnais dans le n° spécial de Marketing Magazine intitulé “Marketing [R]évolution” et qui préfigure ce que sera notre futur ouvrage Le Marketing Digital Expliqué à Mon Boss qui sortira mi 2013 aux éditions Kawa. Voici l’intégralité des 10 questions qui m’ont été posées, en 10 épisodes. Il faudra taper http://bit.ly/wsocial10 pour rassembler tous les articles.

6. Comment développer une communauté et profiter de la viralité ? Que manque-t-il aujourd’hui dans les organisations pour engager réellement la conversation avec les consommateurs ? Ou que doivent-elles mettre en place ?

Le mot de « communauté » pour commencer est galvaudé. N’a pas une communauté qui veut, même celui qui vend beaucoup de produits. Une communauté est le résultat de la réunion de 3 facteurs majeurs : d’abord la passion, ensuite le besoin d’aide mutuel et enfin le bénéfice mutuel. Tous les produits ne déclenchent pas la passion, c’est ainsi, il ne faut pas s’en offusquer. C’est pourquoi beaucoup de marques qui sont dans ce cas déplacent le champ d’application des médias sociaux vers un partenariat, une démarche de mécénat ou une fondation, une activité sportive qu’ils sponsorisent par exemple.

[la métaphore du jardinier : cultiver son jardin – photo antimuseum.com]

Ensuite, une fois ceci établi, animer une communauté demande beaucoup de travail, qui peut se résumer comme le font Hagel & Armstrong dans un vieil ouvrage qui est toujours très utile, Net Gain : c’est ce que les auteurs appellent la métaphore du jardinier : premièrement planter (c’est-à-dire amorcer car une communauté de se crée pas de rien) deuxièmement arroser (soit animer régulièrement) et enfin désherber (enlever les sujets non pertinents, modérer les contenus non propices à un développement harmonieux de la communauté etc.).

Le travail de communauté est exigeant, il ne suffit pas de se nommer « community manager » pour avoir intégré ces valeurs fondamentales.

le Web social en 10 questions (6) – « être community manager ne suffit pas » was last modified: février 6th, 2013 by Yann Gourvennec