5 préjugés sur Pagesjaunes, géant du marketing B2B – interview de Julien Billot

julien-billotNous sommes tous, au-moins à certains moments, sous l’emprise de préjugés qui nous font croire des choses qui ne résistent pas à l’épreuve des faits. C’est ce dont je me suis encore aperçu lors d’une discussion avec Julien billot, DGA de Solocal group (ex Pagesjaunes) qui m’a permis de démonter les préjugés que nous pouvons avoir sur le sujet du Solomo (cartographie, annuaires et mise en relation avec les professionnels en ligne). Il ne s’agit pas d’une affaire réglée, où Google règnerait en maître, et où ils auraient tout écrasé sur leur passage. Du moins, pas en France ! La vérité en chiffres, sur le village gaulois des services de relation aux professionnels avec cette interview exclusive de Julien Billot (cf. photo) réalisée il y a quelques semaines.

rollodexPréjugé numéro 1 : Pagesjaunes est un annuaire. Ce n’est pas tout à fait faux, mais le champion historique français des annuaires professionnels est devenu bien plus que ça : « c’est une plate-forme de mise en relation » selon Julien Billot. Car ce qui intéresse le professionnel, c’est qu’on le promeuve, qu’il soit vu en ligne ou sur papier et que sa notoriété croisse ainsi que son business. Pagesjaunes réalise tout un attirail de mise en relation, des bannières pour promouvoir des professionnels, des pages d’atterrissage et aussi des sites Web. Surtout, l’entreprise française va bien au-delà du simple annuaire de téléphone, en fournissant la certification des informations sur les professionnels grâce à sa base de connaissances et à sa présence sur le terrain. En fait, le vrai métier de Pagesjaunes c’est de donner “toutes les informations pour permettre aux consommateurs de choisir un annonceur”. On joue quelque peu sur les mots ici, mais on comprendra aisément le positionnement.

newspaper-largePréjugé numéro 2 : l’annuaire papier est mort. Rien n’est moins vrai. Certes, 60 % du chiffre d’affaires et des « vues » Pagesjaunes se réalisent en ligne, mais il faut souligner que le papier est encore distribué à 20 millions d’exemplaires. Il y a certes une perception assez parisienne et biaisée, qui veut que l’annuaire papier a disparu, mais en fait, nombre de provinciaux préfère encore le papier et ce pour des raisons pratiques ; l’ordinateur, dans un habitat horizontal, n’étant pas toujours à portée de main. Certaines régions résistent mieux que d’autres à cette survie du papier. Bordeaux est une région papivore par exemple, la région parisienne, tend à voir sa distribution baisser. Car Pagesjaunes, autre préjugé, ne distribue pas d’annuaires à n’importe qui n’imorte comment ; il s’agit d’un processus raisonné et mesuré, avec des ajustements statistiques, qui permet de distribuer jusyte ce qu’il faut de papier. Il est vrai que chaque annuaire coûte 2.90€ environ. Il est certain cependant que, selon Julien Billot, le papier baisse régulièrement, mais il n’est pas mort, et encore faudrait-il mieux au contraire, souligner que c’est surtout le digital qui se développe, ce dont nous nous plaindrons pas sur ce site.

rail_marques_SolocalGroup

Solocal Group regroupe 17 marques, dont les 2 marques phares PagesJaunes et Mappy

4:11 de chiffres sur Solocal group … n’en jetez plus !

Préjugé numéro 3 : Google est leader, Pagesjaunes est ringard. Il est vrai que Google adresses (places, en partenariat avec Zagat) est bluffant. Tapez un nom de commerçant connu et vous savez, s’il est à jour, s’il est correct et s’il existe encore, son téléphone peut être actionné directement par un lien sur votre Smartphone. Puissant, certes, mais ce type de recherche, celle des « professionnels connus » n’est pas la plus répandue. Ce d’autant plus que “peu de professionnels sont intéressés de payer pour référencer leur propre nom !” m’a confié Julien Billot. La rechercher la plus répandue et la plus lucrative est bien celle des professionnels non connus, justement. Par exemple : « boulanger à Lille ». Sauf que cette recherche sur Google donnera probablement un résultat faux, selon Julien Billot , consistant à vous renvoyer vers un magasin d’électroménager ! (comme j’aime bien vérifier, je peux ajouter que c’est vrai pour une requête de base sur le moteur de rercherche, mais pas tout à fait sur Google places).

computer-largePréjugé numéro 4 : Pagesjaunes c’est le papier, Google c’est l’Internet. Encore un préjugé faux. Car même sur le Web et le mobile, Pagesjaunes est un leader, du moins en France. Son application, disponible sur tous les systèmes d’exploitation y compris Windows Phone et BlackBerry, a été téléchargé 15 millions de fois, ce qui, si on rapproche ce chiffre au nombre de Smartphones en France (20 millions) représente environ 75 % des Smartphones français (voire un peu moins si on considère que tous les chargements ne sont pas actifs). Il s’agit même de la 3e application la plus téléchargée sur l’App store, derrière Facebook et Shazam en France. Si on regarde des supports plus larges comme l’iPad, c’est Mappy, qui est la 2e application la plus téléchargé et Pagesjaunes la 5e. On peut en effet supposer qu’il est plus facile de regarder les Pagesjaunes sur une tablette au travers du navigateur Safari directement. Le résultat est bluffant, Mappy et Google Maps font jeu égal, contrairement aux préjugés, et le service de cartographie français se paie même le luxe d’être 100 fois plus gros que ViaMichelin, et même « loin devant Apple Maps » selon Julien Billot, qui pense que le service de géolocalisation de la marque à la pomme a été un fiasco. Le site Web de notre champion national n’est pas en reste, avec 1 milliard de visites et 300 millions de visites sur mobile, ce qui représente à peu près l’équivalent du nombre de consultations des 20 millions d’annuaires papier distribués (1 milliard de consultations par an). Autant dire que page jaune est un vari leader de l’Internet en France (Solocal, 8e groupe sur le Web en France selon JDNet avec 20 millions de VU par mois soit environ 240 millions de VU par an, Pagesjauunes.fr 24e site Web sur Alexa), un vrai poids-lourd qui rivalise avec les géants américains du secteur, et non le “nain digital” que les préjugés pourraient décrire.

€-largePréjugé numéro 5 : Pagesjaunes est en régression. Pagesjaunes, renommé Solocal group, car l’entreprise se « réinvente autour de la cartographie », c’est aussi une belle entreprise génératrice d’emplois, dans le secteur du digital et du marketing, on ne va pas bouder notre plaisir en ces temps de crise. Ce groupe, c’est 5000 personnes, plus d’1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et une rentabilité extraordinaire de 450 millions d’euros. Chiffre encore plus évocateur, Pagesjaunes génère 660 millions d’euros de revenus publicitaires sur Internet, ce qui en fait un des 10 plus gros acteurs mondiaux de la publicité en ligne alors qu’il n’est présent qu’en France. Sur les 5000 personnes du groupe, on compte 2000 commerciaux dont 1000 présents régulièrement sur le terrain, chargés de rencontrer directement les professionnels. On n’oubliera pas les 500 personnes dédiées à l’édition de sites Web, activité qui regroupe des profils aussi variés que des webmasters, des curateurs des marketeurs et des développeurs. Pagesjaunes, est non seulement un géant publicitaire, aussi un géant de l’Internet, mais c’est aussi un géant du service car ce qui fait véritablement la force du groupe, c’est cette capacité à qualifier l’information et à la rendre utilisable pour le public, les consommateurs ou les professionnels.

Autant de préjugés qu’il fallait combatttre ; j’ai personnellement appris beaucoup de cette interview, et je verrai différemment Pagesjaunes et le groupe Solocal à partir d’aujourd’hui.

Note : Cette interview est rescapée d’un vol dont j’ai été victime mardi 2 juillet au soir, au cours duquel je me suis fait subtiliser tout mon matériel, y compris mon précieux carnet moleskine, sur lequel j’avais noté toutes les références chiffrées relatives à l’interview. Je l’ai reconstituée de mémoire grâce au podcast que j’avais enregistré ; il se peut qu’1 ou 2 détails m’aient échappé dans ce processus.

5 préjugés sur Pagesjaunes, géant du marketing B2B – interview de Julien Billot was last modified: juillet 5th, 2013 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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  • 08/07/2013 à 09:06
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    Wahou : « Le papier est encore distribué à 20 millions d’exemplaires » !
    Merci pour ce retour sur l’interview de Julien Billot, intéressant et inspirant. Dans quelle mesure les Pages Jaunes se servent-elles de Google ? Ils sont partenaires au Canada je crois et cela peut aider à amener un traffic très ciblé, prêt à convertir … leur promesse finalement 🙂

    Réponse
  • 08/07/2013 à 13:23
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    Bonjour Yann,

    Merci et bravo pour ce très bel exercice de reconstitution de l’entretien ! Voilà donc un échange qui vous a marqué. 😉
    En ce qui concerne les chiffres, vous avez tout bon.

    Par contre, pour éviter toute confusion, on rappelle que la marque PagesJaunes n’a pas disparue. Solocal Group est le nom qui désigne la holding (anciennement appelée PagesJaunes Groupe) qui possède les 17 marques qui composent le Groupe.

    Merci.

    Réponse
    • 09/07/2013 à 10:59
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      Merci Daniel, il ne s’agit pas d’une erreur de compréhension, mais de retranscription. J’avais parfaitement compris. Bonne journée.

      Réponse
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  • 09/07/2013 à 15:27
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    Bonjour,
    Quand une offre complètement intégrée PagesJaunes /Leadformance / ClicRDV sera-t-elle disponible ?

    Réponse
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  • 23/07/2013 à 15:15
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    Effectivement pages jaunes fait croire que l’annuaire papier est encore distribué à 20 millions d’exemplaires, normal, dans la commune ou j’habite, il est distribué en toutes boites, accroché aux poignées de portes des habitations, même les maisons non habitées, et se retrouve 2 jours plus tard sous forme de montagne d’annuaires dans les locaux poubelles car personne n’en veux, et personne ne l’a demandé. Quel gâchis ! Merci pages jaunes !

    Réponse
    • 23/07/2013 à 15:34
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      Merci de ce retour, je transmets au CM de Pagesjaunes. J’avais un peu la même impression mais ici je vois beaucoup moins de gâchis ces dernières années, signe d’une indéniable amélioration des prévisions. Peut-être que votre commune a échappé à l’optimisation en question ?!

      Réponse
      • 23/07/2013 à 16:33
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        En france 60 million d’habitants, 25 millions de foyers, 20 millions d’exemplaires…. cela ne laisse pas beaucoup de place à l’optimisation. Je ne pense pas être le seul à avoir échappé à cette notion d’optimisation. A moins que « pages jaunes se ridiculise à distribuer les annuaires papier en entreprise…qui ne servirait également à rien. Bref, l’optimisation réelle serait de le distribuer à ceux qui le veulent vraiment et d’arrêter de faire croire à ses clients que l’annuaire papier n’est pas mort pour leur faire payer une prestation qui ne sert à rien. Il y a encore tres peu de temps pages jaunes faisait payer les publications sur l’annuaire papier et en option l’annuaire internet, il fallait donc obligatoirement « payer » la publication papier pour etre visible sur la version en ligne! Quel modèle de réactivité.

        Réponse
        • 23/07/2013 à 18:11
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          Le temps que vous répondiez, Pagesjaunes avait émis son droit de réponse aussi. Je vous renvoie donc à l’explication de Daniel

          Réponse
    • 23/07/2013 à 16:21
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      Bonjour Eric,
      Je vous assure que PagesJaunes distribue bien 20 millions d’exemplaires des annuaires imprimés et que nous savons à qui nous les distribuons. 🙂
      Ces dernières années, nous avons d’ailleurs fortement diminuer la quantité d’annuaires distribués afin de ne les donner qu’aux Français qui les veulent. Pour preuve, nous avons mis en place depuis 2008 un site (http://www.recevoirmesannuaires.pagesjaunes.fr/) qui vous permet de nous signaler que vous ne voulez plus recevoir les annuaires (ou au contraire que vous les voulez, si si ça existe :)), et nous réalisons également depuis quelques temps des campagnes de phoning auprès des Français pour leur demander s’ils veulent continuer à recevoir les annuaires. Nous avons ainsi appeler plus de 3,5 millions de Français à fin 2012 (et de ce sera plus de 8 millions à la fin 2013).Résultat : 72% souhaitent continuer à recevoir les annuaires !
      Enfin, sachez que nous distribuons les annuaires aux personnes qui sont sur nos listes et uniquement sur nos listes. Cependant, malgré les nombreux contrôles que nous avons mis en place, il se peut que ponctuellement, il puisse y avoir des erreurs de distributions, à la marge, alors que la distribution mobilise chaque année des milliers de personnes sur 100 départements (métropole + DOM).
      Ainsi, si dans votre localité, vous avez relevé des erreurs, merci dans ce cas de m’indiquer votre lieu de résidence, nous pourrons ainsi procéder à une vérification, identifier et corriger l’éventuel dysfonctionnement.
      Vous pouvez m’envoyer les infos directement à cette adresse : dlemin@pagesjaunes.fr

      Merci !
      Daniel @PagesJaunes

      Réponse

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