rp blogueurs : 5 raisons qui font que le MEDEF est hors catégorie

Les familiers de Visionary Marketing savent mon goût pour les RP blogueurs et notamment les expériences immersives comme celle que j’ai organisée dans la Silicon Valley (le blogger bus tour) du 17 au 22 Septembre sous ma casquette de Directeur Internet chez Orange. Ceci étant, j’estime que le MEDEF, déjà mis en avant au travers de mon ouvrage les médias sociaux expliqués à mon boss (co-écrit avec Hervé Kabla) est véritablement hors catégorie. Voici 5 raisons qui me poussent à l’affirmer :

1. les blogueurs se battent pour en être 

Les invitations à l’événement se font dans les derniers jours précédant la grand messe de la fin d’été … pas vraiment la meilleure date me direz-vous, certains ne sont même pas rentrés de congés; et pourtant la salle des blogueurs est pleine de monde, c’est un signe qui ne trompe pas !

2. le networking y est exceptionnel

Le networking (« réseautage » au Québec) ce n’est pas nouveau ni original. Mais il y a Networking et Networking ! Aux universités du Medef, c’est le caviar du blogging et de l’influence qu’on y retrouve, et c’est normal, tout vient du point précédent… Et ils font cela depuis de nombreuses années maintenant.

rpblogueurs-medef-2012

3. Le contenu est imbattable

Les conférences, c’est comme le réseautage. Il y a différents niveaux. Où pensez-vous rencontrer Lech Walesa ou Michel Rocard, Jean-Pierre Raffarin etc. etc. Il y en a tellement que c’est impossible de citer toutes les vedettes internationales qui s’y pressent. Et les conférences plus techniques sont-elles aussi passionnantes, comme cet exemple sur le Crowdsourcing que j’ai relaté cette année.

4. on peut rencontrer la patronne

Cela a été le cas en 2011, Laurence Parisot est venue nous voir et discuter avec nous ; en toute simplicité, j’ai beaucoup apprécié.

5. les blogueurs ne sont pas traités comme des sous-journalistes et vice versa

Témoin ce panneau photographié le 6 septembre 2012 (ci-dessus) ; une salle dédiée aux blogueurs c’est fort ! Et nous nous sommes pas traités comme des sous-représentants de la gente médiatique, c’est cela qui est agréable. Nicolas Stoop, qui a repris le flambeau laissé il y a peu par Frédéric Chevalier gère cela de main de maître.

En résumé, un bien bel événement, qu’il faut avoir fréquenté au moins une fois, et une leçon qu’il faut retenir si vous voulez faire au-moins aussi bien !

rp blogueurs : 5 raisons qui font que le MEDEF est hors catégorie was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Adwords : comment les marketeurs engraissent Google (tribune libre)

Google est-il devenu un grand méchant loup ?

$-largeEn acceptant d’accueillir la tribune libre de Denis Fages, auteur d’un guide fort bien fait sur les Adwords, plein de questions se sont bousculées dans ma tête. Moi qui suis un fan de la première heure de la start-up de Larry Page et Sergueï Brin, qui refuse d’utiliser un autre navigateur que Chrome, qui suis un utilisateur intensif payant de Picasa et qui utilise aussi Google pour des raisons professionnelles… ai-je le droit de critiquer la firme de Mountain View ? Est-ce bien raisonnable ? C’est qu’aujourd’hui, soit 15 ans après son lancement, le Petit Poucet est devenu un géant, que d’aucuns aimeraient voir décrit comme… un ogre. Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, mais force est de reconnaître que la start-up est devenue l’égale de Microsoft (voir ici une comparaison des deux capitalisations boursières), et attire donc le même genre de critiques. Hors de cette question de savoir si on aime ou déteste Google dans sa configuration de multinationale toute puissante, et mis à part les hoquets de la Bourse que je me garderais bien d’ériger en règle, remarquons toutefois que le nouveau géant a la force de ses faiblesses. Le modèle économique de Google, uniquement basé sur la publicité et son moteur de recherche, est ce qui fait son point fort … et son talon d’Achille (ce qui fait dire à Georges Nahon que Google comme Facebook sera « Yahooé !« . Au-delà de cela, ce qui m’interpelle, c’est le comportement regrettable et critiquable de trop de marketeurs. S’il y a problème, décrit ici par Denis Fages avec beaucoup d’à-propos, c’est sans doute plus le fait des clients du célèbre moteur de recherche/publicité, que celui d’une quelconque volonté de nuire ou d’hégémonie malsaine. Place au point de vue, très incisif et pertinent, de Denis Fages, et si vous le désirez, au débat :

Adwords : comment les marketeurs engraissent Google (tribune libre)

une tribune libre par Denis Fages

Quelques faits à méditer pour commencer :

  • plus de 95% du CA de Google provient d’Adwords, soit plus de 40 milliards de $ (source webrankinfo)
  • 3% seulement des annonceurs sur Adwords récoltent plus de 50% du trafic
  • plus de 50% des comptes Adwords tourneraient tout seuls, sans que quiconque vienne y toucher pour les optimiser pendant plusieurs mois (source www.PerryMarshall.com)
Google Adwords : une spirale infernale ?
Google Adwords : une spirale infernale ?

Ceci est une introduction au gâchis général qui a lieu au profit de Google. D’ordinaire, plus les annonceurs sont gros, moins la direction suit de près les dépenses publicitaires et leur optimisation. Inversement, dans une TPE et particulièrement chez les e-commerçants (c’était mon cas durant 6 ans), optimiser Adwords est une nécessité. Lorsqu’on vérifie le retour sur investissement de chaque euro dépensé, on optimise véritablement ses dépenses. Et si on n’est pas suffisamment professionnel, la seule alternative est de couper la campagne Adwords.

Les agences web ont bénéficié et profité trop longtemps de l’ignorance de leurs clients concernant Adwords et le web marketing en général mais aussi de la facilité à obtenir du trafic à bon prix sur Adwords au départ. Ceci a duré une bonne décennie. Mais les temps doivent changer. Le gaspillage est trop préjudiciable dans des temps de crise comme le notre et il est trop souvent insoupçonné.

La concurrence est devenue plus forte sur Adwords en France. L’ingénieux système d’enchères de Google, heureusement mixé à de la pertinence, a fait monter les prix du clic d’une façon colossale, au profit de Google.

La technicité requise pour gérer Adwords correctement est telle que très peu de comptes sont véritablement optimisés. Il faut savoir qu’il est extrêmement courant, par exemple, d’acheter par facilité un clic en « requête large » alors qu’il aurait pu être acheté bien moins cher en « requête exacte ».

comment se faire avoir facilement : explications

Explications (simplifiées) pour ceux qui ne connaissent pas le sujet : Vous décidez de faire apparaître votre pub sur Google pour toute requête tapée par un internaute qui contient le mot « café » car vous vendez du café… Cela peut sembler de prime abord pas stupide… C’est une requête « large », qui ratisse large et qui va donc s’afficher pour toute requête comprenant le mot café comme « café de flore », « café pédagogique », « café de la gare »… Ce qui est totalement hors sujet. C’est donc en fait très stupide. Ou plutôt, c’est vraiment du gaspillage pour de nombreuses raisons que je ne peux pas détailler dans cette introduction.

ce qu’il fallait faire 

Vous devez donc plutôt prévoir de miser sur des requêtes plus longues, exactes et précises. Elles cibleront un public beaucoup plus enclin à acheter du café comme : « café en grains » « café moulu bio », « café éthiopie pas cher »…

Dans le premier cas, vous risquez de payer le clic pour une requête large 1€ ou plus alors que les clics pour une requête longue et précise « Achat café grain grand cru » sera 2 à 3 fois moins chère, à 0,40€ et amèneront un taux de transformation sur votre site jusqu’à 10 fois meilleur.

C’est sur, cela demande plus de travail, mais surtout une bonne compréhension de comment tout cela fonctionne précisément. Heureusement, il existe des tas d’outils et de techniques pour trouver ces requêtes longues et miser dessus, bien moins cher.

Gérer Adwords impeccablement nécessite de vrais talents :

Se focaliser sur la qualité du trafic obtenu et donc son taux de conversion ; optimiser ses pages d’arrivées et tous les tests que cela implique, rédiger des annonces qui vendent, un vrai challenge quand on ne dispose que de quelques mots (95 caractères) ; gérer des milliers de statistiques et leurs évolutions…

La solution de facilité semble évidemment de passer par une agence « spécialisée » … qui maîtrise tout cela. Vraiment ?

Mais comment sera-t-elle rémunérée ? Sur l’optimisation, sur le retour sur investissement, sur les dépenses ? Aujourd’hui, un annonceur se doit d’avoir en interne une compréhension parfaite d’Adwords pour superviser vraiment l’optimisation et les dizaines de milliers d’euros dépensés dans les campagnes Adwords.

des agences qui ne jouent pas toujours le jeu

Personnellement, j’estime que les agences qui se font payer de façon proportionnelle au budget dépensé sur Adwords, par exemple 15% des dépenses, ne jouent pas le jeu. Elles n’assument pas leur rôle véritable de techniciennes devant optimiser au mieux vos dépenses. Il existe des agences qui travaillent vraiment à la performance. Vous payez alors vraiment le temps passé par des experts dont les intérêts sont alignés avec les votres. La différence est de taille !

Aux USA, le business sur l’optimisation d’Adwords s’est énormément développé, à la fois avec des outils logiciels mais aussi avec des experts.

Sachant que c’est uniquement l’intelligence qui génère la vraie pertinence et la qualité rédactionnelle, il est bien plus profitable de se former pour comprendre et maîtriser le sujet plutôt que de faire appel à des « solutions » automatiques visant à éviter le travail humain.

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Denis Fages est l’auteur d’un Guide d’optimisation de Google Adwords fort complet, inspiré par le best-seller américain de Perry Marshall. Ce guide est illustré par JWEB, agence spécialiste d’Adwords. Dans ce guide, vous apprendrez en détail comment fonctionne Adwords, les critères de la réussite, on vous donnera des tuyaux pour choisir vos mots-clefs et rédiger des annonces percutantes…

Adwords : comment les marketeurs engraissent Google (tribune libre) was last modified: septembre 20th, 2014 by denisfages

glocal vous avez dit glocal ? media aces le 25/10 à Paris

Les réactions, parfois tintées d’incompréhension, au titre de la prochaine conférence média aces m’ont un peu, je dois l’avouer, étonné. Nous y avons intégré un néologisme, pas tout à fait nouveau, le terme « glocal », issu de la combinaison des mots « global » et « local ». Pourtant ce néologisme, parfois remplacé par celui de « globalocal », résume parfaitement bien la réalité de l’internationalisation sur le terrain. D’un côté, la vision romantique, souvent entretenue par la publicité où le Web permet d’un seul clic de vendre partout dans le monde, d’autre part la réalité du terrain où il faut souvent adapter localement les produits et les services pour qu’ils plaisent, dans un monde où finalement, seulement 18 % des communications sur Internet sont internationales (chiffres cités par Nathalie Rastoin d’ Ogilvy, lors du Hub forum le 11/10). Voici ce que je résume dans cette vidéo tournée par notre partenaire Frenchweb, dans laquelle j’annonce la conférence de jeudi 25, qui se tiendra chez ubifrance dans le cadre des cinquièmes rencontres internationales du numérique.

glocal vous avez dit glocal ? media aces le 25/10 à Paris was last modified: octobre 22nd, 2012 by Yann Gourvennec

point de vue :  » le Amazon du recrutement n’a pas éclos ! « 

eye-largePour les « experts des médias sociaux », en matière de recrutement, la messe est dite depuis longtemps. Les médias sociaux et en particulier LinkedIn, et dans un registre différent Viadeo, ont réglé le marché selon eux; Si on veut bien les croire, il ne faut pas chercher très loin où les recrutements sont et seront faits demain, même dans la vieille France conservatrice. Mais qu’en est-il des professionnels du recrutement ? Sont-ils d’accord avec cette prédiction ? Dans cet essai à contre-courant, j’ai donné la parole à Olivier Jaskulke, directeur du sourcing à la RH du groupe Orange (donc un collègue). Force est de constater que s’il en est un qui est en désaccord avec les experts suscités, c’est bien Olivier. Témoignage :

[l’heure du e-recrutement intégré n’aurait pas encore sonné… à voir !]

Par Olivier Jaskulke

Le monde numérique a largement bouleversé le recrutement et plus particulièrement la recherche et l’identification des candidatures. Toutefois, beaucoup d’innovations, même en 2012, consistent en de nouvelles offres avec un positionnement marketing différent (toucher telle cible, avec telle promesse etc).

Certaines promesses s’enrichissent avec des possibilités d’échanges, de lien avec son réseau (Apec et Aden) de diffusion partagée (Réseaux sociaux pro notamment), jouant sur la promesse de démultiplication, la fameuse viralité. Mais, en gros, on reste dans les variations d’un même thème, celui de la publication gérée par des sites se faisant une concurrence classique.

Le monde du recrutement n’a pas encore vu éclore de façon claire d’offre réellement disruptive, s’appuyant sur la spécificité du web, à l’instar de ce qu’a réalisé, par exemple, amazon sur le marché de la vente d’objets au grand public.

En d’autres termes, il n’y pas de plateforme de recrutement qui agrège des ressources extérieures. Pas d’offre réellement ouverte captant la valeur créée par la multitude, pour reprendre les termes d’un essai brillant paru récemment.

On imagine pourtant assez bien un acteur disposant d’une masse critique migrant vers une architecture ouverte, via une vaste gamme d’API, et permettant d’agréger des offres très diverses et le trafic correspondant.

Rassembler des offres de type régionalisation, rapprochement profils postes, moteurs sémantiques sur des offres de job aux dénominations proches ou sur des localisations voisines, offres de cooptation, création de viviers, analyses de profils ou d’audience, viralité sous toutes ses formes, focalisation sur un segment particulier, lien avec l’enseignement, etc.

L’enjeu est tout simplement de pouvoir ramasser l’ensemble du marché, en cassant la logique actuelle de silos (Sites Aden, Monster, Régionsjob, Apec etc en concurrence frontale). Une telle plateforme pourrait devenir un capteur d’un grand nombre de candidatures et d’offres, de signaux faibles qualifiant des profils, mais aussi et surtout de l’intelligence et de la créativité d’entrepreneurs aujourd’hui isolés et concurrents.

La contrepartie est double : arriver à élaborer une offre audacieuse et cohérente d’une part, mais surtout partager des revenus d’autre part.

La logique est plus compliquée que dans le cas d’Amazon, où les clients finaux paient pour un objet. Personne – ou presque – ne paie pour répondre à une annonce. En revanche, ce sont les sites, captant l’argent des annonceurs, qui seraient ainsi embarqués dans une logique de partage de revenus.

En discutant de ce scénario, on m’a objecté que certains profils seraient ainsi sur-sollicités. Mais pas plus qu’aujourd’hui. Et est-ce vraiment l’objection ?

Alors, qui dégainera le premier ?

point de vue :  » le Amazon du recrutement n’a pas éclos ! «  was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

médias sociaux : Page (Google) stigmatise Facebook pour manque d’ouverture

La sélection du jour est…

Cet article de Miguel Helft pour Fortune Tech à propos de la dernière et très attendue apparition de Larry Page, le nouveau et pourtant pas si nouveau patron de Google, dans lequel nombre de sujets sont abordés y compris ses problèmes récents de cordes vocales. Cependant, le passage le plus important de cet article à mon goût est la conclusion dans laquelle Page lâche une attaque non déguisée à destination de Facebook pour manque d’ouverture tout en s’engageant personnellement sur le partage ouvert des données en provenance des médias sociaux. Voilà un article que je ne regrette pas d’avoir lu Larry ! J’en tomberais presque amoureux de Google plus à peu de choses près. Donnez-moi un peu de temps que je retrouve mon vieux mot de passe…

[Facebook – et les autres réseaux sociaux – sont-ils en train de fermer l’Internet ?]

Après un long silence, Larry Page, patron de Google s’exprime

[…] Après avoir loué les efforts de Google de plusieurs années, afin de développer une représentation numérique exacte du monde tel qu’il existe au travers de ses services de cartographie, il [Larry Page] a affirmé que l’entreprise « était presque arrivée au bout de la tâche ». Faisant ensuite référence au lancement raté de l’application cartographique d’Apple, truffée de bogues, il a ajouté : « il est toujours gratifiant de voir que les gens remarquent que vous avez travaillé dur pendant 7 ans ». Facebook vs Google : la bagarre pour le futur du Web. Il a indiqué qu’il était « probable » que Google essairait de rendre son outil de cartographie disponible sur les appareils d’Apple, malgré le manque de contrôle sur son affichage ou sa distribution.

Enfin, montrant du doigt Facebook pour son refus d’ouvrir ses données à des tiers, y compris le moteur de recherche de Google, il a affirmé que c’était quand les données de base étaient partagées entre tous les acteurs que l’Internet fonctionnait le mieux. Faisant référence particulièrement aux données sociales il a ajouté : c’est comme cela que j’aimerais les utiliser à chaque fois que cela nous est possible ».

l’article intégral en Anglais After long silence, Googles Page speaks – Fortune Tech.

médias sociaux : Page (Google) stigmatise Facebook pour manque d’ouverture was last modified: octobre 18th, 2012 by Yann Gourvennec