les blogs d’entreprise sont-ils (à nouveau) morts ?

eye-largeMes confrères membres de Media Aces posent – dans leur débat du lundi – la question de l’avenir des blogs, et apportent des réponses variées à ce sujet. La mort des blogs – surtout des blogs d’entreprise – a déjà été annoncée il y a longtemps et à plusieurs reprises alors que, paradoxalement, le « content marketing » (alias Brand Content en ‘Français’) a acquis ses lettres de noblesse. Voici donc, au risque de me tromper, ma réponse contradictoire en 3 questions, et en 3 articles distincts :

Question numéro 1 : parallèlement à la montée en puissance des médias sociaux, le blogging se professionnaliserait. Quelles conséquences pour les entreprises ?

Comme cela est arrivé déjà aux États-Unis il y a plusieurs années, les blogs se sont professionnalisés sous l’effet d’une triple poussée :

[image cc 2012 l’Antimusée http://antimuseum.online.fr]

D’une part, l’arrivée des journalistes des médias traditionnels sur les nouveaux supports, de gré ou de force. Il est faux de dire que les journaux ont nié l’existence Internet. Ils ont même été parmi les premiers à se lancer dans la fin des années 90. Mais ils n’y ont pas trouvé les modèles économiques nécessaires à leur développement, et ont été déçus par la capacité de générer des revenus suffisants au travers du modèle publicitaire traditionnel. Certains groupes journalistiques comprennent mieux que d’autres l’importance de l’Internet, et arrivent à s’adapter voire créer de véritables empires électroniques ; c’est le cas du groupe Le Figaro (cf. Soft Power du 27 novembre 2011, France Culture), qui a même su redonner vie aux bonnes vieilles annonces classées sur Internet. Tout ceci fait que le domaine du blog, notamment sur les sujets high-tech mais aussi sur les sujets politiques et de culture, sont très nettement investis par les journalistes traditionnels et professionnels.

Deuxièmement, on assiste à une professionnalisation, ou à tout le moins un plus grand professionnalisme de certains blogueurs, dont certains n’hésitent pas à créer des sources de revenus – les élus ne sont pas nombreux – qui peuvent parfois être un bon complément de salaire. Comme souvent sur Internet, c’est la loi de Zipf qui l’emporte, avec une starification des premiers, ce qui déclenche inévitablement des comportements déviants de la part de certaines entreprises et agences de RP qui n’hésitent pas à payer les blogueurs pour dire du bien de leurs produits, en toute illégalité (rappel des bonnes pratiques : http://media-aces.org/transparence).

Troisièmement, la prise en main du monde numérique par les professionnels eux-mêmes : analystes, consultants et dans une moindre mesure, entreprises elles-mêmes.

Après une période au début de l’année 2008, où l’on a annoncé prématurément la mort des blogs, force est de constater, à l’inverse, une professionnalisation de ce paysage avec un phénomène triple que l’on pourrait décrire de la manière suivante :

  1. Un fort renouvellement des blogueurs, dont on pourrait dire que nous en sommes déjà à la quatrième ou cinquième génération depuis 2004. Il n’est pas rare que les anciens blogueurs abandonnent leur support (souvent à la faveur de la découverte d’un nouveau travail par exemple), ou que, un peu fatigués du travail requis par la maintenance d’un blog, ils décident de se rabattre sur un outil moins exigeant comme Twitter par exemple, en ne faisant plus que de la veille et du relais d’information, sans oublier ceux qui se sont réfugié dans la simple compilation (rebaptisée « curation ») de contenus;
  2. Pour éviter l’effet de lassitude décrit ci-dessus, on assiste à la constitution de blogs, notamment pour les plus populaires, autour d’équipes multiples, ce qu’on appelle aux États-Unis du « guest blogging » (Presse Citron, Mycommunitymanager,…);
  3. Un accroissement de la difficulté à entrer dans les classements de blogs (wikio en France, Technorati à l’international) du fait de la forte concurrence. La quasi-totalité des blogs faisant moins de 10 visiteurs par jour, il y a beaucoup de candidats et peu d’élus.

En conséquence de quoi, la concurrence est très vive sur ce marché, ce qui n’est pas étonnant, car le blog est un moyen très prisé de préempter une catégorie. C’est une technologie très dynamique, qui permet un référencement hyper rapide (mon blog Visionary.wordpress.com par exemple, se référence en moins de 15 minutes sur Google France, et chaque article passe quasi instantanément dans Google actualités). Les places sont chères aujourd’hui cependant et il est donc de plus en plus difficile de se positionner, notamment sur les catégories les plus prisées. Le classement de wikio/e-buzzing sur les blogs high-tech comporte environ 2000 blogs parmi les plus populaires, il est difficile de trouver une place parmi eux ; même et surtout pour un professionnel. Le travail pour un blog de marque est en effet encore plus difficile que pour un individu. Il faut d’abord prouver que la marque n’est pas en train de vendre ses produits, qu’elle est sur Internet, au contraire, pour apporter un service, une information, un lien « qui importe plus que le bien » (cf. Bernard Cova).

Dans le cas où vous cherchez à positionner un nouveau blog à l’international et en Anglais, la tâche n’en sera que plus difficile. La concurrence y est encore plus rude, et vient du monde entier, avec un avantage concurrentiel non négligeable aux pays où l’Anglais est la langue maternelle (pour s’en rendre compte, voyez le classement http://adage.com/power150/ pour les blogs de marketing).

En conséquence de tout cela aussi, le rythme de mise à jour des blogs s’accentue de façon considérable. Alors qu’en 2008 10 articles par mois étaient nécessaires pour faire vivre un blog correctement, je considérerais en 2011 qu’à moins de 20 ou 30 articles mensuels, vous n’existez pas ! Les systèmes de notation comme Klout (http://klout.com) par exemple accentuent encore ce phénomène, en pénalisant les utilisateurs, notamment ceux du B2B, qui relâchent leurs efforts notamment pendant le week-end et les vacances.

les blogs d’entreprise sont-ils (à nouveau) morts ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Facebook : les (vrais) fans aiment les marques, certaines plus que d’autres

Je parle souvent des marques aimées, une segmentation issue d’un travail sur les marques et Internet réalisé il y a quelque temps avec Synthesio, et qui est toujours d’actualité. Souvent, ces marques aimées ne prennent pas la parole, voire sont réticentes à toute intervention, allant jusqu’à développer le culte du secret (ce qui déclenche les rumeurs les plus folles de la part des fans qui, pour une fois, portent vraiment bien leur nom).

Il arrive même que les fans aillent au-delà et n’hésitent à détourner le logo en question (le mail de l’administrateur confirme une page non officielle). La marque n’intervient pas. Au cas – improbable – où ce serait elle-même qui organiserait son détournement (cette communauté est promue via la publicité Facebook, c’est comme cela que j’y suis arrivé), il y a de quoi hérisser le poil à bon nombre d’Ayatollahs du “branding” …  mais aussi de combler les amoureux de la marque. Et si l’on veut à nouveau se convaincre que ce n’est plus de l’amour mais de la rage, il suffit d’aller voir les classements d’engagement où une bataille BMW/Audi semble faire rage entre marques allemandes. En tout cas, le taux d’engagement est maximum et le filtrage des photos va bon train. Inutile de poster une photo qui sort de leur charte éditoriale !

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Facebook : les (vrais) fans aiment les marques, certaines plus que d’autres was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Accenture et Digitalarti fusionnent Art et numérique

Comme cela a été déjà démontré à la Gaité lyrique avec le Fabfest, c’est une tendance, le monde de l’Art et celui du numérique s’enrichissent mutuellement jusqu’à fusionner dans de nouvelles formes créatives. Voilà une autre initiative qui est hébergée par Accenture en partenariat avec Digitalarti et qui a lieu à Paris du 04 au 08 juin 2012. J’y serai demain soir et j’en profite pour  relayer l’événement :

Exposition Natural/Digital, 2ème édition d’Immersions Digitales, Happen Space Accenture

Happen space. Tour Accenture. 4-8 juin 2012.

Cette nouvelle exposition « Immersions Digitales » présente un panorama d’œuvres numériques autour du thème de la nature.

Le vivant et le numérique sont intimement liés. L’expérience est poétique, interactive, immersive. Art vidéo, photographies numériques, paysages interactifs, installations sonores, sculptures 3D, design, intelligence artificielle, bio-art, art des flux en temps réel…

Parmi les artistes invités : Samuel Rousseau, Eduardo Kac, Jakob+Macfarlane, Mathieu Lehanneur, Daan Roosegaarde, Miguel Chevalier, Sennep, Matthieu Briand, Grégory Chatonsky, Scenocosme, Matthieu Kavyrchine, Julien Levesque, et le collectif Art of Failure.

>> lire la suite sur le blog de Digitalarti

Accenture et Digitalarti fusionnent Art et numérique was last modified: juin 4th, 2012 by Yann Gourvennec

le très haut débit sera incontournable

Comme je l’ai fait à diverses reprises ces dernières années (collègues de la division services, cloud computing, et plus récemment Soumik Sinharoy à Orange Silicon Valley), j’ai interviewé il y a peu un de nos collègues du groupe France Telecom Orange, Bruno Janet, Directeur des Relations avec les Collectivités Locales, afin qu’il nous explique le plan fibre, ses enjeux économiques et nationaux, son historique et sa vision du futur. Coup de projecteur sur un aspect méconnu, et pourtant fondamental, de l’équipement d’un réseau avec un de ses acteurs au quotidien (note: interview réalisée à l’origine pour le blog d’Orange Business Services].

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[photo Yann Gourvennec – Orange cc 2012 – certains droits réservés]

Bruno Janet est un pionnier de la communication car il fut, au début des années 80, le premier porte-parole d’entreprise en France. Directeur des relations avec la presse en 1985 pour ce qui ne devint véritablement France Telecom qu’en 1990, il a conseillé tous les présidents de l’opérateur historique depuis le début. Mais tout ceci est du passé, or Bruno est passionné par l’avenir, qu’il contribue à construire avec ses équipes et ses partenaires des collectivités locales. Cet enthousiasme (visible au travers de son compte Twitter, très suivi par ses partenaires : @bruno_janet) que j’ai découvert pour ma part lors d’un débat du smartwipclub – le club des professionnels des télécoms animé par notre confrère, le journaliste Eric Montagne – et qui m’a donné l’idée d’interviewé Bruno afin qu’il nous explique son métier ainsi que le futur des télécoms et leur impact sur les usages de l’Internet ; ce qu’il a fait avec beaucoup de franchise et sans langue de bois !

2003 : combler le retard …

Car les débuts furent laborieux, selon Bruno : « Au début des années 2000, tout était en retard ! » nous explique-t-il. « Les tensions entre les partenaires pour la mise en œuvre du haut débit étaient à leur comble », et c’est ce qui faisait les difficultés de l’équipement de la France cette époque. « Avec l’arrivée de Thierry Breton en 2003 2004, nous avons démarré le très haut débit pour tous, avec un investissement de 1 milliard d’euros qui fut une réussite » a poursuivi Bruno en rappelant cette période qui a permis effectivement, à l’exception de « quelques zones blanches », d’équiper non pas « 100 % des foyers, mais 100 % des centraux téléphoniques ». Ce n’était certes pas parfait, mais cet effort significatif fut un élément fondamental de compétitivité non seulement pour l’opérateur, mais surtout pour la France et ses entreprises. Pour ceux qui en douteraient encore, je rappelle cette statistique citée par Lynette Webb qui montrait qu’en 2006, un tiers des utilisateurs de la télé sur Ip dans le monde était français !

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2005-2007 : les 40% restants …

Mais il fallait aller plus loin. La couverture de l’ADSL est passée de 60 % des foyers en 2004 à 98 % en 2007, « c’était un pari tenu » ajoute Bruno, mais il restait encore des zones d’ombre. « C’est là qu’une nouvelle loi a permis aux collectivités locales d’investir dans les réseaux » et même si Bruno admet qu’il a fallu à l’époque surmonter une certaine « frilosité » il faut reconnaître que c’est le début de l’articulation d’une stratégie de complémentarité avec les collectivités locales qui a permis de partager les investissements et de faire la guerre à ce qui dans le jargon s’appelle les « NRA zones d’ombre » (NRA zones d’ombres, c’est le terme des pros du métier pour les « nœuds de raccordement abonnés » non couverts). Avec cette nouvelle loi, c’est la possibilité de constituer des « réseaux d’initiative publique » (RIP) pour lesquels ce sont les collectivités locales qui lancent le projet, qui choisissent une « délégation de service public » (DSP) ou un partenariat public privé (PPP).

un changement radical …

Dans le cadre de cette loi, au bout de 10, 15 ou 20 ans, c’est la collectivité locale qui devient alors propriétaire du réseau. C’était un « changement fort » a ajouté Bruno Janet, « car cela signifiait que le réseau ne serait plus à nous à terme ». Cette nouvelle loi a permis de travailler en étroite collaboration avec un grand nombre de collectivités locales dont notamment la Corse, l’Auvergne, le Languedoc-Roussillon, la Somme et « ces milliers de NRA zones d’ombre sur l’ensemble du territoire ». Ceci a constitué un changement radical pour l’opérateur et aussi pour l’aménagement du territoire.

Toutefois, les limites de l’ADSL ne sont pas seulement dues à sa couverture, mais également à son caractère asymétrique (le débit montant et le débit descendant ne sont pas le même), et à sa limitation en puissance (en fonction de la distance au « nœud de raccordement »).

très haut débit : premiers résultats …

C’est ainsi que nous en arrivons au nouveau plan qui se déroule depuis quelques années, et pour lequel un « véritable élan a été créé depuis 2011 ». Il s’agit du plan fibre, démarré dès 2010, et pour lequel France Télécom Orange, en co-financement avec les autres opérateurs du marché, s’est engagé à couvrir 100 % des logements en France. Reste donc à 40 % de zones d’ombre du futur très haut débit, pour lequel le même mécanisme que celui de 2005 sera appliqué : « Il y a des gens qui trouvent que ça ne va pas assez vite » précise Bruno Janet, mais il préfère se focaliser sur les efforts mis en place et les premiers résultats : « En 1 an, les élus se sont rendu compte que l’opérateur avait une vraie volonté industrielle » à ajouté Bruno qui insiste sur le facteur fondamental de cette alliance/partenariat entre les opérateurs et les puissances publiques.

un facteur de compétitivité …

C’est tout d’abord un facteur d’attractivité pour le territoire insiste le Bruno Janet : « les entreprises ou les particuliers qui s’installent demandent le très haut débit ! C’est une valorisation du patrimoine et un critère de choix pour l’immobilier ». On le sait, le développement massif du télétravail, même en France où traditionnellement celui-ci était en retard (voir mes divers travaux sur ce sujet sur mon blog personnel) est un élément indéniable de dynamisme du réseau à très haut débit.

D’autre part, les usages explosent avec le très haut débit. Bruno compare l’ADSL « à une autoroute à 2 voies, mais l’autoroute va être de plus en plus encombrée » précise-t-il. Les usages du très haut débit sont donc un peu une affaire d’ « œuf et de poule », car avec l’arrivée d’un débit très élevé, de nouveaux usages vont apparaître, qui n’étaient même pas pensables auparavant.

la réalité sur la situation internationale …

D’une part il y a toujours des pays en avance, comme la Corée et le Japon (« à cause des décisions politiques volontaristes » précise Bruno), et d’autre part il y a les autres pays. La Suède avait pris énormément d’avance sur le très haut débit en Europe, mais le problème de la France est « la dispersion sur le territoire » ce que Bruno appelle « l’éparsité » c’est-à-dire un mélange d’éparpillement et de densité. Et Bruno Janet de préciser que nous (la France) sommes « dans la course » et que cela est confirmé par le classement de l’idate (voir également la note en bas d’article).

Quels délais ?

« 60 % des logements seront équipés d’ici 2020 promet Bruno Janet, avec 40 % restants pour les réseaux d’initiatives publiques qui seront réalisées concomitamment ». Le travail a déjà commencé en dehors de la Capitale, avec quelques exemples comme celui de Laval ou de Palaiseau-Saclay où le cœur de réseau est fait par Orange et le reste est réalisé par l’agglomération via une délégation de service public.

Mais il s’agit en fin de compte d’un véritable enjeu industriel pour le pays ; lorsqu’on cherchera un logement ou un local pour son entreprise, le très haut débit deviendra incontournable et se transformera en véritable argument de vente comme – il fut un temps – le gaz à tous les étages.

note : on remarquera en toute transparence que des voix discordantes se font entendre ici et mais que cela ne met pas véritablement en cause le déploiement de l’infrastructure en tant que tel. Si l’article du Nouvel Observateur notamment souligne les difficultés du modèle de coopération, les causes du retard en question sont peut-être à chercher ailleurs, et notamment dans les critères d’adoption des technologies et les facteurs sociologiques et économiques. Ceci à mon avis ne venant pas contredire le propos, car l’usage de la fibre se révèle avec la maturité des utilisateurs, et on sait que les technologies mettent toujours 10 à 15 ans à s’imposer au plus grand nombre ; près de 700000 abonnés au très haut débit étant d’ailleurs loin d’être un chiffre négligeable.

le très haut débit sera incontournable was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ?

Facebook - StartupEn relisant l’article sur le blog de Media Aces sur le thème de « ce que Facebook a changé dans la vie des entreprises » Je me suis aperçu qu’il fallait gratter un peu et nuancer, car c’est une question éminemment complexe qui va bien au-delà de la simple stigmatisation d’une bulle. Tentative d’éclairage…

le Web 2.0 est mort vive le Web !

D’une part, la mise en bourse de le 18 mai 2012, a signalé – c’est indéniable – la mort de ce que l’on appelait encore quelquefois le « Web 2.0 » du vocable inventé par Tim O’Reilly en 2004, dans un texte fondateur, et qui devait signifier l’avènement d’une nouvelle période du Web, vite renommée « social media » en 2009.

Facebook - StartupEn dehors des commentaires moraux, laudateurs ou indignés, devant la frénésie boursière autour de Facebook, d’ailleurs lourdement et rapidement sanctionnée (encore -10 % hier, voir le schéma ci-dessus pris dans Yahoo Finance) on ne peut qu’être d’accord avec cette superbe étude de Faber Novell qui explique pourquoi Facebook doit sa réussite à sa vision, sa qualité d’exécution sa maîtrise technologique, mais aussi et c’est moins évident reconnaître pour les traditionnalistes du Management, à l’excellence de sa gouvernance.

une nouvelle ère : celle de la professionnalisation et de la publicité

Car quoi qu’on dise de la mise en bourse de Facebook, une nouvelle ère est née de la mort de ce Web 2.0, et la césure que nous sommes en train de vivre n’est ni plus ni moins que la répétition de celle que nous avons connue au début des années 2000, après la bulle, lors de laquelle le Web s’est énormément professionnalisé, et le commerce électronique devenu un pilier incontournable du business. De la même façon, les médias sociaux sont en train de tourner la page, celle de l’amateurisme, celle du « tout gratuit », et nous sommes en train de rentrer dans cette affaire où le terme de « média » n’a jamais été aussi justifié. Ce n’est pas comme on a pu hâtivement l’écrire (reconnaissons notre erreur) la fin des médias sociaux, mais au contraire la naissance des médias sociaux professionnels. Jeremiah Owyang a d’ailleurs signalé dans sa présentation la plus récente – en détournant le Cluetrain Manifesto – que pour être vu maintenant il va falloir payer ; c’est donc l’entrée dans une ère plus publicitaire, plus professionnelle aussi, où les enjeux de marque seront de plus en plus importants. Le Web 2.0 a cru tuer la publicité; chassez le naturel …

Et ceci, que la mise en bourse de Facebook soit une réussite ou un échec…

à moins que cela ait tué l’innovation … ?

Mais d’autres comme le vétéran de la Silicon Valley Steve Blank (voir ci-dessous) s’élèvent pour indiquer un autre changement d’ère : celui d’une vallée essentiellement tournée vers l’investissement industriel, à long terme et qui devient aussi la charnière d’un changement au profit de l’investissement à court terme. Quoi que… Facebook a été créé en 2004, et même si sa réussite est remarquablement rapide, cela fait quand même 8 ans, et ils ont eu le temps de faire leurs preuves et de construire le plus grand réseau humain du monde … Et si c’était Fabernovel qui avait raison, et que le monde de l’innovation avait changé pour toujours ?

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Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ? was last modified: mars 7th, 2016 by Yann Gourvennec