Les « digital natives » n’existent pas ! 2/2

ebook-largeCeci est la suite de notre précédent article sur le mythe des digital natives. Après le témoignage – fort pertinent – d’Antonio Casilli lors de son débat filmé avec Mario Asselin, voici une étude en profondeur qui nous est offerte par le Professeur Folon de l’université de Liège. Les derniers sceptiques devraient voir les écailles tomber de leurs yeux à la lecture de ce document factuel, exhaustif et incisif. [note pour rassembler les 2 parties de cet articles : http://bit.ly/foloncasilli].

Voici mes notes de lecture sur ce document, résumé point par point :

1. D’un point de vue intuitif, et sur la base de ce qui transparaît des études menées sur ce sujet depuis quelques années on sent bien qu’une génération nouvelle existe, dont les caractéristiques sont particulières. Et pourtant, il en est ainsi de toutes les générations. De tout temps, on a eu l’impression que plus rien ne sera comme avant. Et pourtant…

2. Mythe ou réalité ? Les analyses de la génération Y manquent souvent de mise en perspective. Or, un peu de recul montre plus de convergence que de différence entre générations et démontre quelques clichés « érigés en dogme » (les jeunes n’ont plus d’horaires etc.)

les « digital natives » avant tout un problème de définition selon Jacques Folon

3. Les nombreuses définitions de la génération Y : malgré les apparences, la définition du concept de génération Y est très vague. On dénombre au moins 26 vocables qui sont censés représentés cette génération. Autant dire aucun ! De même, la période recouverte par cette génération, selon les études, va de 1974 à 1994, ou de 1990 à 2000. De nombreuses variations entre ces deux extrêmes existent. J’avais déjà fait cette remarque précédemment. « Ceci prouve la faiblesse des bases méthodologiques » de ces études, selon le professeur Folon.

4. Les caractéristiques de la génération Y : les études sur ces sujets sont encore une fois divergentes et les caractéristiques énoncées critiquables (et critiquées (et les bases méthodologiques faibles). Ceci est d’autant plus grave que certains de ces travaux sont « même proposés comme moyens de recruter de nouveaux étudiants ».

5. Les caractéristiques de cette génération sont-elles crédibles ? : les différences culturelles énoncées sont moins caricaturales que celles qui circulent tant dans la littérature scientifique que populaire ». Se pose ensuite la question de savoir « pourquoi cet acharnement à essayer de nous convaincre » du poids de cette génération – pourtant mal définie – dans un changement sociétal. L’auteur en déduit qu’il s’agit de la désignation d’un coupable (bouc émissaire) comme signe d’une résistance au changement de la part des dirigeants et managers (ce que j’avais moi-même souligné précédemment dans mon article de façon intuitive dans le point n°5-4 de ma critique du rapport Robson).

6. Nous sommes tous la génération Y ! Même conclusion que le professeur Casilli, en ce sens que nous sommes tous concernés par les changements sociétaux et organisationnels – indéniables quant à eux – et que si une génération Y existe objectivement, il n’y a pas de rapport de cause à effet entre cette génération et les changements sus-cités.

Le véritable problème de la résistance au changement son adaptation n’a donc rien à voir avec l’âge.

En conclusion

Concluons enfin en tant qu’enseignant et aussi employeur de nombreux stagiaires, apprentis et jeunes professionnels, que je m’observe pas sur le terrain, de lien entre l’âge de la compétence informatique. Celle-ci serait plutôt le résultat d’aptitudes mentales et affectives (goût pour l’informatique) et d’aptitudes professionnelles (apprentissage des matières informatiques). Ainsi, à l’ESG où j’enseigne depuis de nombreuses années, les jeunes marketeurs du MBA e-business sont tous, logiquement, formés à ces techniques et montrent, en général et en fonction de leur niveau, de bonnes aptitudes à la compréhension et à l’utilisation des technologies.

Je n’ai pas assez d’éléments pour étayer les remarques du professeur Casilli quant à la différence sociale liée à la compétence informatique. On peut aussi poser l’hypothèse que le biais introduit par l’environnement social dans la participation aux études supérieures, impliquerait une corrélation naturelle entre classes favorisées et compréhension de l’informatique si cette appartenance est liée à l’entrée dans une classe de cet enseignement supérieur.

Les « digital natives » n’existent pas ! 2/2 was last modified: mars 27th, 2015 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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