01/25/12

Logica : SSII à visage humain en recrutement 2/2

100_0104

aspects humains et relations humaines

Maintenant que le décor a été posé, revenons sur les aspects humains et organisationnels, et tentons travers de mon expérience du métier (en tant que maîtrise d’ouvrage en interne, en société de services et comme client, de décrypter les enjeux et les critères de choix vu du chercheur d’emploi …

[photo Yann Gourvennec : l’équipe de Canalchat.fr pendant les questions réponses alors que le débat est animé par Benjamin Saviard de Viadeo]

SSII : le “geste technologique”

Une SSII, c’est d’abord et avant tout… des femmes et des hommes qui sont face à des clients, dans ce que Stéphane Jaubert a appelé fort élégamment le « geste technologique ». En service, il y a cette belle mission d’être dédié à un (ou plusieurs) client(s), de vouloir le soutenir et l’accompagner, voire même, le conseiller, l’orienter dans la bonne direction et… faire aboutir ses projets concrètement. A mon humble avis, ce n’est pas en SSII qu’on fait de la recherche fondamentale, ni d’innovation de recherche (pour cela, mieux vaut  aller en R&D chez des éditeurs, constructeurs ou sociétés de telecom) mais c’est là qu’on la met en œuvre !

l’innovation côté concret et passionnant

innovationLe côté donc le plus intéressant dans une SSII est cet aspect concret : une problématique client (souvent à challenger avec lui afin de lui montrer la voie, c’est le rôle du consultant), une phase dédiée au développement, puis aux tests(unitaires puis d’intégration) et enfin la mise en route, l’accompagnement, la formation, sans oublier la conduite du changement et l’assistance à maîtrise d’ouvrage (mon métier pendant 15 ans), tout au long de la vie du projet. Tout cela est passionnant pour qui connaît ce métier, c’est concret, c’est vivant, c’est l’innovation comme je l’aime, celle qui marche quand on clique sur le bouton !

le visage humain

Mais le travers de beaucoup de SSII, c’est de tomber dans la « vente de viande », anonyme et déshumanisée, où les consultants et ingénieurs sont soumis à la dictature du contrôle de gestion. Ce contrôle de gestion (timesheets, taux d’activité, marge sur affaire,…) est un passage obligé, ne nous y trompons pas. Mais il y a la manière de le mettre en place, l’approche et l’ambiance. C’est une chose que d’être passionné par le travail face à son client, d’être sur le terrain en permanence, et une autre que d’être abandonné en clientèle comme cela arrive parfois.

C’est cette approche à visage humain qui m’a plue dnas la présentation de Logica, proche de ma propre vision du service, proche, humain et respectueux des femmes et des hommes qui réalisent ce “geste technologique” et je rajouterai “geste commercial”; extraits choisis :

« mes collaborateurs, je ne connais pas leur diplôme »

Dans cette phrase de Stéphane Jaubert, réside à mon avis une grande partie de l’intelligence de l’approche de Logica. Ne croyez pas que je verse dans le populisme et que je pense que le diplôme ou l’éducation n’a pas le importance et qu’il faut se débarrasser des “élites”. Ceci est faux et ridicule. Ce que cela veut dire c’est que ce qui compte, c’est la performance de l’individu, son résultat, son intégration dans les équipes et pas le fait qu’il ait eu une bonne note en maths il y a 30 ans. Si un bac+2 doué peut réussir, un HEC peu doué peut également échouer. Il n’y a pas de pré-déterminisme et tout le monde est à égalité face à son client. Un bon point pour Logica ; d’ailleurs, le Président est un self-made-man qui n’a que le bac selon les présentateurs.

« quand quelqu’un s’en va, on le prend dans la figure ! »

Tous les pros du métier ont collectionné les contrats de travail en sautant d’une SSII à l’autre sans même qu’on prête un regard à leur lettre de démission. C’est non seulement insultant, mais typique d’une approche humaine déficiente. Un patron qui avoue que perdre un employé est un échec est révélateur d’un bon état d’esprit. Ceci devrait inciter les candidats à s’intéresser à Logica, il est bon de savoir qu’on compte pour son employeur.

« On aime bien les geeks »

Voilà encore une citation qui m’a plue. Je ne suis pas ingénieur, mais j’ai aussi cette passion de l’informatique et de la technique. Il n’y a rien de pire que ces technocrates de la high-tech qui vous disent que la technique n’a pas d’importance. C’est non seulement idiot, c’est totalement faux. On ne peut pas faire de conseil en technologie si on n’y comprend rien.

Le télétravail : « je ne comprends pas [qu'en France] on arrive pas à monter en charge »

Les lecteurs de visionarymarketing savent à quel point je suis engagé dans la promotion du télétravail, et ce depuis 1990, date à laquelle j’ai acheté mon premier ordinateur portable. La France n’est pas vraiment à la pointe dans ce domaine, c’est un euphémisme. Si vous êtes concentrés sur vos missions et vos clients et ne voulez pas passer votre vie dans un bureau, et que vous êtes demandeurs de pouvoir travailler depuis n’importe où y compris chez vous (si vous y avez de la place), alors Logica est une bonne option. Le télétravail finira bien par entrer dans les mœurs, mais nous accumulons un retard de près de 20 ans sur le Royaume-Uni sur ce sujet. Et ne croyons pas que cela nous épargnera les problèmes inhérents au télétravail. Non, travailler lentement ne veut pas dire forcément travailler bien… ce mouvement est de toute façon inexorable.

Réseaux sociaux et approche directs

Logica n’est pas non plus la dernière de la classe pour travailler avec les réseaux sociaux professionnels comme Viadeo. Surtout dans la high-tech, où les méthodes d’approche directe en matière de recrutement deviennent courantes. Encore un signe de ce facteur humain dans l’entreprise observé en surfant sur leur site Web : cette possibilité rare et appréciable de pouvoir contacter directement un expert via le site Web (dont la version mobile est d’ailleurs fort bien faite).

Pour cette raison, et ce qui précède, je n’hésite donc pas à encourager les lecteurs de visionarymarketing à tenter leur chance, et d’aller vérifier la théorie sur le terrain. Malgré la crise qui fait rage, les SSII embauchent en masse en ce moment, signe de la santé de ce secteur qui envahit nos vies professionnelles et personnelles.

À vos souris…

liens divers

View albumView albumView albumView album

01/24/12

Logica : SSII à visage humain en recrutement 1/2

100_0107

Jeudi 19 janvier je me rendais à l’invitation de Laurent Laforge de modedemploi à un chat en direct avec le PDG de la division business Intelligence, Stéphane Jaubert, de Logica. À ses côtés étaient présents Sophie Dumas-Fitte, responsable du recrutement et Éric Langlemetz, practice manager ECM. Le débat était animé par Benjamin Saviard de Viadeo,  le réseau social professionnel français. C’est donc à une véritable opération de séduction auprès des jeunes en recherche d’emploi que j’ai assisté, à une période où Logica, comme ses concurrents, recrute intensément malgré les signes contradictoires de l’économie (voir Challenges, l’article sur Paul Hermelin). Mais la communication, ça peut marcher dans les deux sens, on y croit ou on n’y croit pas ! La prestation de Logica, très humble et honnête, m’a bien plue, je vais expliquer mon analyse dans cet article en 2 parties ; mais avant tout, revenons sur ce qu’est une SSII et sur qui est Logica.

[photo : Sophie Dumas-Fitte et Stéphane Jaubert, Logica – Yann Gourvennec]

Logica : +50 % d’effectifs (environ) entre 2010 et 2012

logo_logicaLogica et une SSII britannique de 41.000 personnes dont le siège est basé à Reading (environ à 80 km à l’ouest de Londres). Son chiffre d’affaires en 2010 était de 4 milliards de livres sterling, soit environ 5 milliards d’euros. 2011 a été une bonne année pour Logica (plus 5 % sur le chiffre d’affaires à fin août 2011), suite à une reprise amorcée dès 2010 et une mauvaise année 2009 du fait de la crise. Logica est présente dans 40 pays et sur tous les continents, et dispose aussi, comme ses concurrents, d’une « usine » en Inde pour le développement. En France, les plus anciens connaissent la SSII au travers de sa fusion en 2006 avec Unilog (effective depuis 2007), ex fleuron du service à la française, désormais filiale locale du groupe britannique. Pour les anglophiles, Logica est en quelque sorte le Capgemini britannique, une société bien établie outre-Manche et dans le reste du monde. La filiale française, forte d’environ 6000 collaborateurs à la fin 2010, l’entité de Stéphane Jaubert compte quant à elle 850 employés. Logica Françe a recruté 1.500 collaborateurs en 2011 et va renouveler l’opération en 2012. Cela fera donc environ 3000 embauches entre 2010 et 2012 soit, sans compter le turnover que je ne connais pas, environ 9000 collaborateurs fin 2012 contre 6000 fin 2010 (societe.com). Ces recrutements porteront sur des jeunes diplômés, mais les profils plus expérimentés ne sont pas oubliés. Un bémol toutefois, car il existe bien un plan social en cours en Europe, mais la France ne serait pas touchée. C’est d’ailleurs en phase avec les propos de Paul Hermelin dans Challenge, la crise est là et bien là, mais le secteur est si dynamique que risquer un gel des embauches comme en 2009 est jugé comme étant une mauvaise stratégie par les patrons du service.

Les tâches de demain

Ne nous y trompons pas, en France où nous avons une économie de services (78% des emplois, environ 72% du PIB selon l’AtlasEco 2010, et c’est aussi le secteur de l’économie qui contribue le plus à la croissance), les enjeux ne sont plus, malgré le débat présidentiel surréaliste de 2012, dans la production industrielle sur notre territoire (un débat vrai également dans d’autres pays ex-industriels comme les Etats-Unis). Le vrai enjeu est dans l’informatique (rebaptisée « IT » pour faire cool). Ce n’est pas nouveau (Sopra et Capgemini ont été fondées dans les années 60), mais cela devient le cœur du développement de notre pays, un domaine où, en outre, nous excellons, même si en France « l’adoption des technologies est moins forte que dans les autres pays » comme les pays nordiques, précisait Stéphane Jaubert à juste titre.

Les tâches de demain sont donc nombreuses ; je tente de les résumer dans le schéma suivant :

logica

les grands enjeux sont donc autour de ce que l’on appelle mystérieusement, le “big data”, aboutissement ultime des concepts des années 90 (entrepôts de données, datamining etc.) qui trouvent enfin leur application autour des projets très importants menés avec les pouvoirs publics intitulé Open data (voir ce que mes confrères et amis sociologues d’Orange labs ont réalisé sur le sujet).

Pour les jeunes avides de tâches passionnantes dans une planète où les échanges sont mondiaux et l’information au centre de ces enjeux, aussi bien pour les gouvernements les entreprises que les citoyens, c’est bien là que ça se passe, Logica est bien dans cette bataille.

à suivre dans une deuxième partie …

01/23/12

les blogueurs, ces chevaliers des temps modernes …

la sélection du jour …

Est cet article de mon compère de Media Aces Hervé Kabla pour 01.Net qui fait l’éloge des blogueurs en même temps qu’il souligne les défis auxquels ces scribes des temps modernes font face. J’apporterai quant à moi, bientôt, un éclairage un peu différent dans un texte sur le même sujet qui paraîtra dans un ouvrage dirigé par François Laurent de l’Adetem. Voici les réflexions d’Hervé …

Eloge des blogueurs : un article d’Hervé Kabla

Ils étaient à la mode il y a cinq ou six ans. On en parlait un peu partout dans la presse, à la télévision. La « blogosphère » était un endroit chic et branché où les candidats à la présidentielle voulaient s’afficher, on prétendait même que certains étaient influents. De glorieux business plans s’étaient bâtis sur leur arrivée déferlante, des sociétés se sont construites pour monétiser leurs contenus. Et puis plus rien. On n’en parle presque plus. es blogueurs sont redevenus des ouvriers du net, majoritairement anonymes, qui chaque jour tissent un pan de plus de cette gigantesque toile sociale. C’est à eux que je veux dédier ma première chronique de l’année.

via Eloge des blogueurs.

01/23/12

conférence débat sur le management 2.0 à ESCP (31/01)

le débat du jour …

Est celui que l’ESCP organise sur le sujet du management 2.0 (le terme de Social Business ne doit pas encore être répandu).

2.0-largeBien que mon nom n’apparaisse pas encore sur la liste des participants, je serai présent lors du débat suivant, organisé par ESCP à Paris, le mardi 31 janvier 2012 à 8h30 dans leurs locaux du 11ème (M° Saint Maur). Pour ma part, je traiterai de 3 questions qui me paraissent fondamentales :

  1. Avec 2 ans de recul, le Web est-il mort ?
  2. y-a-t-il encore un intérêt à créer un blog d’entreprise ? et faut-il prioriser l’externe ou l’interne ?
  3. intérêt et approche pour les guides de bonnes pratiques des médias sociaux en entreprise (social media guidelines).

il est probable que ces questions en amènent d’autre dans ce débat. On pourrait peut être aussi ajouter “la terminologie dite ‘2.0’  n’est-elle pas le pire ennemi du Web collaboratif et social ?”

imageCollecte et traitement d’information, résolution de problèmes, créativité, choix d’investissement, prise de décision… Avec le Web 2.0, les techniques de management évoluent et glissent vers la communauté, non sans impact sur les missions des managers. Venez en discuter avec Frédéric FRERY, Professeur de Stratégie à ESCP Europe et avec les interventions de nombreux experts…

01/23/12

Seedbees.com, le réseau social de la vente à domicile

clx0406wit07dg-de-219c8f1A première vue, surtout pour ceux d’entre nous qui ne sont plus tous jeunes, la vente à domicile rappelle les années 60 et 70, période de l’essor de la marque Tupperware. Pour ceux qui sont un peu plus jeunes, la fin des années 80 leur rappellera aussi une autre société du même genre, Amway, productice et distribrice à domicile au travers d’un réseau de vendeurs indépendants, de produits d’entretien. Mais cette vue serait caricaturale, car la vente à domicile est loin d’être morte, et elle pourrait même bien se développer encore, à la faveur de la crise économique qui sévit en ce moment, pimentée d’un peu de Web social. C’est le pari que fait Alexandre Vannier et ses associés avec le lancement de la société seedbees.

la vente à domicile qu’est-ce que c’est  ?

J’ai connu Alexandre dans une autre vie, lorsqu’il était responsable de mon compte chez Grand Union, et j’ai été très content de le revoir il y a quelques semaines avec ce tout nouveau projet qui me paraît excessivement prometteur. La vente à domicile, comme je le dis dans le chapeau ci-dessus, ce n’est pas seulement cette image ringarde de femmes au foyer de plus de 50 ans essayant d’occuper leurs ennuyeuses journées. Il s’agit d’un véritable business qui intéresse de plus en plus de monde, du fait de la crise économique. Tout d’abord, elle permet de se faire un peu d’argent de poche pour compléter ses revenus. Il s’agit d’un domaine, où les sociétés comme Tupperware ont encore 27 000 vendeurs actifs en France. Même s’il s’agit d’un phénomène essentiellement provincial et à 80 % féminin (car il est lié au taux d’activité et au niveau de revenus), nous parlons ici d’un marché total de près de 2 milliards en France (1.7 en 2010), en forte croissance, et qui concerne 120 000 vendeurs à domicile. Attention, la vente à domicile est à distinguer de la catégorie vente en porte-à-porte, de bien mauvaise réputation.

Alexandre Vannier : co-fondateur de Seedbees.com

en moyenne € 1000 par an de revenu annuel par vendeur

Mais on l’a vu ci-dessus, la vente à domicile touche peu le milieu urbain. Voilà le problème que seedbees s’est attaché à résoudre : comment masculiniser et ramener la vente à domicile dans les villes.

Un autre problème lié à la vente à domicile, est qu’au bout de 3 ventes, la plupart des vendeurs s’arrêtent, le turnover est énorme. Prenons Tupperware à nouveau, selon Alexandre, s’ils ont 27 000 vendeurs actifs, le chiffre total de ces vendeurs s’élève peut-être à environ 100 000 par an. Le chiffre d’affaires moyen par vendeur est d’environ € 5100, mais il s’agit d’un chiffre d’affaires seulement et le vendeur ne touche en moyenne qu’environ 20 % de cette somme.

La fédération de la vente directe regroupe 27 entreprises les plus importantes dont Tupperware et en général ce sont des producteurs qui ne vendent que leurs propres produits. Seedbees quant à eux ont pour objectif de s’ouvrir à d’autres fournisseurs de produits, commerçants, grossistes et fabricants. Le but est de trouver les produits qu’on peut goûter, toucher et démontrer. Mais l’intérêt de la petite société qui vient de se créer, n’est pas seulement là. Seedbees se propose également de mettre en relation vendeurs, fabricants et commerçants, et aussi les loueurs de salles et de locaux, car c’est là le problème dans les grandes villes : l’espace dans les maisons et les appartements est très limité, surtout à Paris ; il faut donc pouvoir aider les vendeurs à trouver un lieu convivial et spacieux dans lequel on peut vendre ses produits. Il s’agit d’une transaction gagnant-gagnant dans la mesure où les loueurs de salles et de locaux peuvent aussi remplir leur salle à des moments plus creux de leur activité.

On pourrait donc dire que seedbees se situe à la croisée des chemins entre une place de marché et un réseau social (social au bon sens du terme, c’est-à-dire de la mise en relation d’êtres humains et non simplement d’un logiciel) et en tant que tel, il a des chances de se développer dans les milieux urbains. La crise aidant, on peut prévoir une belle réussite pour les sites comme seedbees, qui a l’avantage de ne pas être seul sur son marché, ce qui est toujours une bonne chose lorsqu’on essaie d’évangéliser, malgré les idées reçues.

autres sites