influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout …

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Ces derniers mois, de nombreux acteurs du Web, certains à haute voix, d’autres à mots couverts, ont exprimé des doutes voire des critiques sévères à l’encontre du service de mesure de l’ « influence » Klout.com (Les guillemets renvoient à une vidéo de Guilhem Fouetillou tournée il y a quelques semaines). Je me suis joint à cette conversation et ai exprimé également de telles critiques dans un dialogue par blogs interposés avec mon ami et confrère Hervé Kabla et le professeur Christophe Bénavent dont les analyses sont toujours aussi incisives que justes. Il y a quelques semaines, de conserve avec Jérôme Deiss et suite à un échange de tweets avec lui et plusieurs confrères sur twitter en temps réel, nous avons décidé de supprimer notre Klout. Retour sur les lieux du crime …

[légende de la photo : “I’m not a number, I’m a human being!” – Portmeiron, Pays de Gallestoutes les photos sont celles de l’auteur]

NB : Cet article fait écho à l’article de Jérôme Deiss sur le même sujet et a été publié simultanément 

une tenaille pour arracher les Klouts

imageLe dernier changement arbitraire de mesure de Klout, fin novembre en a convaincu plus d’un, dont moi-même, a supprimer son compte. Voici donc la procédure attendue par tant, et cachée si habilement par les promoteurs du système, qui vous permettra de supprimer votre Klout. Pour cela, il suffit de cliquer sur http://klout.com/corp/optout

un Klout chasse l’autre…

Ne vous en faites pas, si vous êtes en mal de mesures, vous pouvez toujours utiliser l’excellent système d’Edelman, Tweetlevel

pourquoi passer en dehors des Klouts ?

Cette démarche appelle à quelques réflexions :

  1. la mesure est utile pour imprimer l’action, mais elle n’a pas de valeur intrinsèque (cf. à nouveau la vidéo de Guilhem Fouetillou) ;
  2. la mesure de Klout est fluctuante, opaque et calquée sur l’activité et non les contenus (il est d’ailleurs impossible de mesurer la « qualité » d’un contenu, preuve en est le débat vieux de 50 ans au comptoir du café du commerce sur la « qualité des programmes de télévision » ;
  3. donner trop de valeur à ce score finit par créer des comportements déviants (conformisme de certains acteurs du Web pour augmenter leur score, notamment via une activité frénétique et pas forcément intéressante, à base de copier-coller et je passe sur le e-racolage sexuel) ;
  4. c’est peut-être anecdotique, mais j’ai un véritable travail, je préfère me concentrer sur d’autres choses ;
  5. imagela réputation n’a pas d’importance … c’est Chris qui le dit ;
  6. je me fiche d’être lu beaucoup. Les articles les plus lus, également sur mon blog, sont souvent, voire toujours, les moins fouillé et originaux. Je préfère donc m’en tenir à des articles de fond, et choisir des sujets sans me préoccuper de leur popularité. Ceci demande du recul, de la réflexion, de la lenteur … (si au contraire, vous faites un blog marketing et désirez racoler facilement, je vous donne un tuyau, faites beaucoup de copier-coller et parlez essentiellement de guérilla marketing et vous allez cartonner !) ;
  7. je revendique le droit à n’être pas connecté (ma femme également, qui m’impose une trève tous les week-ends, à juste titre). Klout pénalise les utilisateurs qui prennent des vacances et qui respectent la trêve du week-end. C’est une dictature stressante et ridicule ;
  8. comme le prisonnier, je me suis pas un numéro, je suis un homme libre ;
  9. imageenfin et surtout, certaines marques et sociétés de relations publiques ont commencé à sanctionner les mauvais élèves de Klout. En dessous d’un certain score, le blogueur est évincé, même s’il est coopératif et compétent. En dehors du caractère méprisant et populiste de ce genre de démarches, mettons également l’accent sur sa stupidité :
    1. renforcement des comportements d’enfants gâtés de certaines personnes ;
    2. biais d’éthique et de comportement de la part des blogueurs qui veulent se faire payer (sous le manteau), sans respecter les règles de transparence ;
    3. multiplication des blogueurs (j’en ai vu beaucoup à le Web 2011) qui se font payer des billets d’entrée par les marques, sans aucun retour sur investissement pour celles-ci, le seul résultat étant l’apport de visites sur le blog dudit blogueur et sans raison ni contrepartie ni même de liens ;
    4. disparition de l’esprit d’entraide et de co-construction qui est à la base du Web et notamment du Web social.

A Le Web, ma discussion avec Pierre Vallet d’ image 7, m’a fourni un exemple de bonne méthode : Pierre a lancé des opérations pour des sociétés de luxe et de beauté, avec des blogueurs moyennement réputés, essentiellement dans des secteurs différents. Cette démarche courageuse et originale a l’avantage de renforcer l’esprit de coopération en minimisant les mauvais comportements décrits ci-dessus. En conséquence de quoi, comme Pierre, je recommande aux marques de ne lancer que des opérations s’inscrivant dans la durée, en partenariat avec des blogueurs de milieu de tableau qui ont le désir de travailler ensemble, qui ont un sens de l’éthique, et qui désirent travailler en équipe avec une marque dans un esprit gagnant/gagnant.

Maintenant, courez arracher votre Klout ou laissez le rouiller et comme Voltaire, cultivez votre jardin …

influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout … was last modified: décembre 19th, 2011 by Yann Gourvennec
Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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Une réflexion sur “ influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout … ”

  • Ping : Klout part en quenouille | E-Reputation de la veille

  • 19/12/2011 à 09:11
    Permalink

    Le débat autour de Klout, entre les « pour » et les « contre » montre bien que l’outil présente néanmoins des intérêts.

    Le vrai problème selon moi reste la présentation faite par Joe Fernandez, le patron de Klout. Il a indiqué plusieurs fois être beaucoup plus transparent sur l’algorithme, il ne l’a finalement jamais été en se cachant derrière l’exemple Google. Enfin, dire que Klout est un outil qui mesure l’influence est à la fois erroné, et réducteur.

    L’influence n’est pas quantifiable. Néanmoins, en regardant les « high scores », ce sont bien souvent les blogueurs les plus suivis qui sortent du lot, et surtout ceux qui savent utiliser les réseaux pour se mettre en avant (après, être pour ou contre le Personal Branding est un autre débat), mais aussi mettre en avant des contenus (les leurs, et ceux des autres qu’ils sélectionnent).

    Ensuite peut-on faire un parallèle entre qualité de contenu et influence? Parfois mais pas toujours, il y a partout d’excellents cerveaux, d’excellentes idées qui ne seront jamais vues, lues. Car pour que cela fonctionne, il faut allier qualité et régularité, et souvent un bon réseau pour profiter de l’effet viral. A contrario, certains seront mis en avant avec de la profusion d’informations, ou en jouant sur des sujets qui marchent mieux que d’autres (avec forcément un certain opportunisme).

    Enfin pour les marques, tout dépend de la stratégie adoptée. Sur du court-terme, privilégier les « high scores », pourquoi pas, cela permet d’avoir de la visibilité de suite. En revanche, un blogueur influent est forcément plus sollicité, plus difficile donc d’avoir un retour, et surtout de nouer une relation « fidélisante ». Le long-terme avec des blogueurs pertinents, je le conseille aussi, d’autant que cela est beaucoup plus agréable à gérer au quotidien. Mais concrètement, aujourd’hui, quel pourcentage de marques choisit la seconde option? J’ai bon espoir que la qualité du contenu finisse par l’emporter dans les années à venir. Cependant « l’écosystème 2.0 » actuel est ce qu’il est…

    Bref pour être visible, il faut être présent. Je considère que Klout est un bon indicateur de « présence », plus que d’ « influence ». La présence ne prend pas en compte, telle quelle, la qualité des contenus. Néanmoins ceux qui restent en haut doivent savoir satisfaire leur audience dans le temps, et c’est cette dernière qui détermine la place du blog dans les indicateurs de trafic.

    J’aime bien aussi le parallèle de l’article avec la télévision. Prenons TF1. On ne peut pas dire qu’ils ne fassent que du qualitatif. Pourtant ils trustent les audiences et ont les moyens de mettre en avant leurs programmes. On a sans doute rien vu de plus opportuniste que la Real TV ces dernières années. Malgré tout, c’est un « contenu » qui fonctionne, qui fédère, et dans une certaine mesure il y a une demande pour ce type de programmes. Il faudrait donc de très bons arguments pour inciter la direction de la chaîne à changer de cap. Quand il y a de l’audience, l’éthique perd soudainement sa place dans la hiérarchie des priorités…

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    • 23/12/2011 à 15:44
      Permalink

      D’accord avec la nécessité de mesurer. Je l’ai couverte dans une présentation à Amsterdam en Novembre (voir http://slideshare.net/ygourven). Ce que les « highscores » mentionnent est encore l’activité, pas l’influence, ou alors l’influence à l’intérieur d’un certain cercle ce qui n’est déjà pas mal (voir le post de C Brogan d’aujourd’hui). OK pour vos remarques sur la présence, c’est d’ailleurs ce que j’avais écrit sur le sujet avec Christophe Bénavent cet été. Enfin, OK aussi pour la comparaison avec TF1, sauf que TF1 reste en haut du tableau alors que les blogueurs tournent. En outre, quand on veut le leader, on en paie le prix. Merci de ce long commentaire et d’avoir passé du temps sur ce blog et Joyeux Noël.

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  • Ping : et pan sur le klout (suite!) « Marketing & Innovation

  • 03/01/2012 à 06:45
    Permalink

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, je dirais que le Klout ne nous sert à rien, il sert juste à augmenter le trafique du site Klout.com et à lui fournir des informations sur nos comptes … !!!

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