10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (2/2)

New Picture Ceci est la suite du précédent article introduisant les principes de l’introduction des médias sociaux dans les événementiels. Cette deuxième partie est dédiée aux conseils que nous pouvons donner aux marketeurs qui désireraient intégrer les médias sociaux à leurs événements traditionnels afin d’en faire quelque chose de différent et de positionnant pour leur marque :

Recette 1 : Prendre du plaisir

Peut-être est-ce là la première recette à mémoriser : prendre du plaisir à cette forme de reportage en direct est essentiel à la qualité du rendu de l’événement, c’est ce que je retire de l’expérience aux côtés de notre ami Glenn Le Santo.

Recette 2: commencer avant l’événement

La deuxième recette est de commencer bien avant l’événement, six mois peut paraître beaucoup, mais c’est sans doute un délai nécessaire et suffisant. Cela permet de se mettre en phase, en ligne et sur place, sur les objectifs de l’événement et la place à donner aux médias sociaux.

Recette 3 : mettre les médias sociaux au service de l’événement, pas l’inverse

Les médias sociaux doivent être au service de l’événement et de ses organisateurs, pas l’inverse. En effet, la tentation serait grande de lancer une bande d’huluberlus dans ce genre de rassemblement sans ordre et sans vue à long terme, mais ce serait inutile. Certes, s’amuser est un ingrédient important, mais ça ne suffit pas. La plus grande satisfaction à l’issue de cet événement fut de constater que :

  • les clients furent impressionnés par le dispositif mis en place et en firent part aux organisateurs
  • des rendez-vous furent organisés avec certains de nos clients afin d’échanger sur notre méthodologie

Recette 4 : le hashtag est le pivot d’un événement en ligne

Dans tout événement où les médias sociaux interviennent il y a un point commun : le hashtag. Cette étiquette qui sera collée dans tous les messages sur twitter (et ailleurs). Contrairement à ce que croient les béotiens, il ne faut pas s’inscrire à un service pour créer son hashtag. Il s’agit d’un tagging spontané. C’est un avantage car aucune autorisation n’est requise, mais en même temps c’est un risque car il faut veiller à :

  1. l’unicité du tag pour éviter qu’il se confonde avec celui d’autres événements
  2. sa brièveté et sa praticité : #orangebusinesslive2010amsterdam est hors de question (Twitter n’accepte que des messages de 140 caractères) et en outre, cette étiquette est trop complexe.
  3. enfin, c’est une spécificité aux médias sociaux appliqués aux marques, il faut respecter les règles de l’entreprise. Pour nous, il est hors de question d’abréger la marque : « OBS » est une abréviation interdite, à juste titre, afin de préserver la visibilité de la marque Orange. Notre choix s’est donc porté sur #orangelive10
  4. rendre possible la continuité: #orangelive10 faisait suite à #orangelive09 de l’an dernie

New Picture (1) Recettes 5 : le buzz précède l’événement

Voilà aussi une des raisons principales qui expliquent pourquoi il faut préparer l’événement longtemps à l’avance : un buzz se monte progressivement. Il n’y a pas de génération spontanée – sauf cas particulier ou extrême – de visites sans promotion adaptée d’un contenu. Cela suppose plusieurs choses :

  1. un hashtag doit être annoncé avant l’événement
  2. il doit être partagé avec tous les blogeurs participants
  3. annoncer l’événement par petits bouts, et notamment les intervenants en annonçant leur bibliographie
  4. prévenir les blogueurs participants des articles parus au fur et à mesure pour qu’ils les relaient

Recettes 6 : le mash up, une « purée » de contenu

Construire un mash-up (exemple : http://organicorangelive.com) qui reliera tous les fils RSS de l’événement en les agrégeant. Ce mash up permettra de montrer en un seul point l’ensemble de l’activité réalisée pour l’événement par les blogueurs participants et tous les autres sites relayant l’information.

Recette 7 : rendre l’équipe médias sociaux visible

Chaque membre de l’équipe médias sociaux de l’événement doit être clairement identifié par un badge et un tee-shirt, ce qui permettra au travail de l’équipe de gagner en efficacité et en visibilité par les participants de l’événement.

Recette 8 : la connectivité et la loi de Murphy

Même pour des experts des réseaux, mettre de la connectivité sur un événement est toujours un défi. Préparer cette étape longtemps à l’avance et dédier un réseau aux blogueurs. Si l’équipe des médias sociaux met beaucoup de vidéos en ligne, prévoyez un routeur et un réseau filaire, plus puissant et plus tolérant qu’un réseau Wifi.

Recette 9 : lâcher la bride

Si vous faites venir une équipe d’experts des médias sociaux pour les enfermer dans un discours d’entreprise, vous allez faire des frustrés ou risquer de vous attirer des experts des médias sociaux, sans parler des critiques sur les articles qui auraient été publiés et qui pourrait être stigmatisés en tant que propagande. Il faut donc jouer le jeu, c’est essentiel.

Recette 10 : rendre les flux et les résultats visibles

New Picture (1)Tout ce que vous ferez en ligne ne sera peut-être pas vu par les participants physiques de l’événement. C’est pour cela que la présence d’un écran pour montrer les résultats en temps réel est aussi primordiale. Au fil de nos différentes tentatives plus ou moins réussies nous avons fini par comprendre tout ce qui était utile de faire pour réussir l’événement. Je suis sûr que nous avons beaucoup encore apprendre. Bien des erreurs que nous avons commises et commettons encore sont à l’origine de cette liste de contrôle. Après tout, on apprend aussi, surtout, de ses erreurs.

Cela est d’ailleurs la règle 11 que je vous recommande, et qu’il faudra retenir ici :

Recette 11 : rester humble et apprendre

Se souvenir des erreurs passées et savoir qu’on ne sait jamais rien… Voici la base de l’apprentissage de la réussite dans les médias sociaux car il est l’apprentissage de la vie qu’il faut garder sans cesse en tête.

note: pictures by Ben Ellis, Rob Evans, Yann Gourvennec & Hervé Kabla

autres liens intéressants :

  • les conseils de Kristen Sukalac, en toute transparence, qui tire le bilan, positif et négatif de l’événement Orange Business live 2010 du côté des médias sociaux ;
  • les 5 recommandations de Benjamin Ellis quant à la nécessité d’ajouter de mettre une dose de médias sociaux dans ce genre d’événements ;
  • la vidéo hilarante de Glenn Le Santo sur le thème de “que trouve-t-on dans le sac d’un blogueur” qui, au delà de l’anecdote et de son côté amusant, permet de se faire une check list de tout ce qu’un blogueur/reporter devrait prendre avec lui sur ce genre d’événementiels.
10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (2/2) was last modified: juillet 23rd, 2010 by Yann Gourvennec

10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (1/2)

imageIl est coutume de dire, principalement en b2b, que rien ne vaut les contacts humains et ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire. Jusqu’à il y a encore quelques années (mois pour certains), il y avait cependant un hiatus entre l’organisation d’un événement – spectaculaire, en face-à-face et forcément déconnecté – et la vie en ligne. L’équipe marketing, parfois snobait, plus souvent ignorait l’équipe Web, reléguée à des tâches plus subalternes de mise à jour de pages sur un site Web Corporate statique. Au mieux, réalisait-on un micro site pour « fêter » l’événement sans pour autant susciter la passion ni même faire le lien entre l’événement lui-même et le Web.

Des temps révolus

New Picture (1) Ces temps sont révolus, et c’est ce que développe Stéphane Roche, directeur des événementiels chez Orange Business Services (transparence: je dirige les sites web d’Orange Business Services et Stéphane est un collègue). « Nous ne pouvons plus concevoir un événement sans l’apport des médias sociaux » nous a-t-il confié dans cette interview (http://bit.ly/sroche2010). Prenons-donc ici un exemple concret, l’événement annuel Orange Business Live (http://orangebusiness.posterous.com) pour démontrer le phasage et les bonnes recettes qui font d’un événement relayé dans les médias sociaux une réussite.

Apprendre de ses erreurs

C’est paradoxal – et ceci très peu compris en nos contrées – pour réussir, il faut d’abord beaucoup rater ! Notre expérience de l’organisation d’événements ne s’est pas construite sans effort. Au contraire, il nous a fallu échoué de nombreuses fois avant de réussir ; d’abord en interne, puis sur des événements ouverts, et enfin sur les événements clients. Plusieurs phases ont été nécessaires.

Procéder par phases

image Orange Business Live n’est pas un événement comme les autres pour Orange Business Services ; c’est l’événement annuel qui rassemble tous nos clients venus de toute l’Europe et du Moyen-Orient et de l’Afrique. Quelques invités américains et asiatiques agrémentaient également ce grand rassemblement de professionnels des TIC. Orange Business Live est organisé tous les ans et regroupe environ 300 clients. Il prend place dans une ville d’Europe différente chaque année. C’est l’événement majeur de l’entreprise pour ses clients, et la présence des médias sociaux ne s’est pas imposée d’évidence tout de suite.

D’abord il a fallu montrer la pertinence d’un dispositif des médias sociaux

Orange Business Live ne ressemble pas à l’archétype des événements commerciaux et c’est un point fondamental : pas de grandes messes, pas de bourrage de crâne, l’événement est réalisé comme un forum de contenus, débats et séminaires, entièrement dédiés aux problématiques des directeurs des systèmes d’information (DSI) et destiné à leur apporter des solutions. En ceci, cet événement qui fait intervenir nombre de personnalités, analystes, clients, experts divers, est en lui-même un énorme apport de contenus originaux et de qualité destinés à enrichir la relation client. C’est en cela qu’il nous a semblé pertinent des médias sociaux. Ceux ci réclament des contenus riches et de qualité, les visiteurs des médias sociaux en sont demandeurs également ; l’événement pouvait donc à l’évidence servir ce but, et c’est ce que nous avons montré dès 2009 avec l’édition londonienne de ce rassemblement clients.

image La preuve par l’exemple

En juin 2009, nous avons donc amené une équipe restreinte autour de cet événement, afin de démontrer

  1. la pertinence des médias sociaux dans ce contexte (voir ci-dessus)
  2. qu’il n’y avait pas de « danger » à proprement parler, que les médias sociaux étaient plus une opportunité qu’un risque. Notre objectif était de rassurer.
  3. que nous pouvions apporter l’événement au sein de l’événement grâce à des technologies très dynamiques et de pointe : quoi de plus éloquent en termes d’innovation que de montrer qu’Orange Business Services maîtrise elle-même les technologies web 2.0 pour elle-même ?
  4. que grâce à un contenu de qualité nous pouvions créer l’événement sur Internet aussi avec un microsite sur Posterous créé pour l’occasion et qui attirera autant de visiteurs en deux jours que le site Corporate en un mois !

Affûter ses armes et passer à l’étape suivante

Passée cette étape, reste l’étape suivante, celle de la montée en charge et de l’accroissement de la visibilité sur l’événement et hors de l’événement. Cette étape suivante était l’édition 2010 d’Orange Business Live qui eut lieu les 15-17 juin 2010 à Amsterdam, aux Pays-Bas. Cette fois-ci, nous nous y sommes pris à l’avance. Six mois avant l’événement, nous avons initié des réunions de sensibilisation afin de convaincre notre équipe événementielle que les médias sociaux pouvaient les aider à rendre a encore améliorer un événement déjà exceptionnel.

Le but n’était pas de permettre la retransmission de l’événement en ligne. À terme je pense que nous y arriverons, mais ce n’était pas le sujet encore cette année. Il y avait la crainte de perdre les visiteurs à cause d’Internet ; même si je ne pense pas que ce n’est pas le cas, ni qu’il y ait un risque, ni que les deux soient incompatibles, au contraire, mais il faut encore donner du temps pour rassurer les responsables. L’objectif de la présence des médias sociaux en 2010 à Orange Business Live était de montrer en quoi et comment les médias sociaux pouvaient créer l’événement dans l’événement, une fois ceux-ci acquis, nous pouvions ensuite nous mettre à travailler …

image Le cahier des charges : un petit dessin…

L’étape suivante fut de faire… un petit dessin : il n’y a pas que dans le dicton que cela a prouvé son efficacité. Ce mini cahier des charges a permis de faire toucher du doigt la réalité du dispositif – blogueurs, studio WebTV etc. – et la réponse, positive, fut immédiate et enthousiasmante. Finie l’équipe Web et isolée réduite à mettre en ligne un contenu « validé » préfabriqué. L’aventure était devant nous, il fallait préparer l’événement.

Des résultats tangibles

Les résultats – tangibles – furent tous rendez-vous (voir cartouche), même si l’interprétation des chiffres obtenus peut prêter à discussion, nous y reviendrons un peu plus loin dans ces lignes. 15 blogueurs répondirent présents pour Orange Business Live 2010 à Amsterdam dont une majorité de Britanniques, un Belge, une Australienne, une Américaine (binationale Française) et quelques Français. L’emphase fut mise sur le caractère international de l’événement, ce qui explique la forte proportion de représentants hors de France. La plupart de ces blogueurs fut rencontrés par nous-mêmes lors de représentations et événement dédiés aux médias sociaux, principalement à l’étranger.

Pourquoi suis-je invité ?

imageTous avaient répondu favorablement. Ils avaient été recrutés pour la plupart pour leur connaissance des médias sociaux et leurs compétences en termes de reportage, certains même me demandant pourquoi ils étaient là ?

« Pourquoi vouloir de moi ici – moi qui suis un ancien journaliste sportif – je ne le sais pas, mais je crois qu’on va bien s’amuser » déclarera Glenn Le Santo, alias le pirate, car son grand-père en fut un, alors qu’il fut l’animateur incontesté de cette session événementielle. Ceci est un enseignement en tant que tel, la capacité de bien apporter l’événement dans l’événement était la principale raison de ce recrutement.

… à suivre avec la 2ème partie et ses conseils pratiques

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10 + 1 recettes pour dynamiser vos événementiels grâce au numérique et aux médias sociaux (1/2) was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Zevillage : réseau social du télétravail fait sortir les Parisiens hors du périphérique

Pourquoi pas les autres… ?
« Si je l’ai fait, pourquoi d’autres ne le feraient pas également ? » S’est dit Xavier de Mazenod, entrepreneur et consultant (cf. sa société adverbe). Ayant quitté en 2004 sa maison à Nanterre et la région parisienne tout court, il est allé s’installer avec sa famille à 20 km d’Alençon et 10 km de Sées (beaucoup de lecteurs doivent se demander où ça se trouve !), à la frontière du Perche et de la Normandie. Et il a créé Zevillage, un site communautaire devenu la référence pour ceux qui s’intéressent au travail à distance. Mais ce n’est pas tout !

À moins de 2 heures de Paris… Mais ça dépend du train

L’Orne finalement, ce n’est pas si loin de la capitale. Moins de 2 heures de Montparnasse, ce qui somme toute n’est pas bien pire que certains trajets entre deux points extrêmes de la très grande banlieue. Mazenod et sa famille ont trouvé une maison du XVIe siècle dans un petit village de cette région, Boitron. De toute façon, confie Xavier de Mazenod, « je ne vais pas souvent voir mes clients à Paris, et quand j’y vais, j’y reste pour la journée, notamment pour y donner des formations » précise-t-il. « La petite ligne de chemin de fer, tout le temps en panne » ne simplifie pas les choses, mais ce n’est pas un handicap selon l’entrepreneur.

Du 1.0 au 3.0 de l’usage de l’Internet

6 familles en 3 ans ont suivi les conseils de Xavier de Mazenod et sont venues s’installer dans son canton, grâce à l’aide et l’accueil du conseil général et notamment d’un de ses responsables « qui a pigé très vite » qu’un accueil meilleur et une politique favorable au haut débit rural serait bénéfique aux nouveaux arrivants et au canton lui-même : un site Web, une politique d’accueil et un encouragement au télétravail furent mis sur pied suite à cette rencontre. Et ce n’était pas gagné : « Dans la campagne en est encore à l’usage 1.0 de l’Internet » ajoute Mazenod, mais le premier résultat fut encourageant. Est venue la question suivante : « soit j’arrête » s’est-il dit « car tout cela est chronophage, soit je passe à la vitesse supérieure ». C’est cette dernière proposition qui fut retenue.

Passer à la vitesse supérieure

La vitesse supérieure, Xavier de Mazenod l’a passée en rencontrant Alain Lambert, président du conseil général et sénateur, mais aussi un « bon blogueur et bon twitterer ». Il a « tout de suite compris » même si le reste de l’intendance a suivi plus lentement, mais « il a su secouer ses troupes » ajoute Mazenod, montrant ainsi qu’avec un peu de volonté… Cette deuxième étape passait par un plan de financement de cette idée de télécentres ruraux. Il a donc travaillé avec la région et le conseil général, malgré les différentes couleurs politiques. La région s’est engagée sur le très haut débit dans toute la Basse-Normandie. Ceci n’est pas une mince affaire car en absence de fibres, il a fallu recourir à d’autres techniques, via le faisceau hertzien, une solution radio qui fournit en théorie 150 Mbs (non garantis) gérée par un opérateur alternatif (altitude).

Boitron 2.0

C’est ainsi qu’est né le projet du télécentre à Boitron, petit village où Mazenod et sa famille ont élu domicile. Le projet a démarré dès début janvier 2009 et il a fallu un an de travail pour le monter. 15 k€ ont été apportés par la mairie, 15 k€ par le conseil général pour la rénovation d’un bâtiment, plus de 60 k€ pour une deuxième phase avec un bâtiment haute qualité environnementale (HQE) dont on voit un plan crayonné ci-dessous, le tout dans une ancienne école qui va ainsi retrouver une seconde vie. Dans le pire des cas ajoute Xavier de Mazenod, le bâtiment aura été réhabilité, mais le pire des cas n’est pas envisagé ici, c’est l’avenir qu’on construit, et c’est beau un village qui revit.

Mais ce n’est pas tout, le bâtiment c’est bien, mais sans très haut débit, aucun travail n’est possible dans la campagne, ni même en ville. 60 k€ supplémentaires ont été investis pour la connectivité, avec un abonnement noyé dans cet investissement, ce qui fait diminuer les coûts variables et ramène le loyer à 100 € par mois pour 50 Mbs. Assez pour que le lieu puisse servir à organiser des formations, qu’il fasse office de bureau de passage, de lieu de séminaires (au vert bien sûr) et d’événements.

Côté recettes : location et abonnement

La location de la salle de réunion sera placée à 100 € par jour, mais ce n’est pas si simple pour les ruraux, explique Mazenod : « la facturation à l’acte n’est pas possible » car ce n’est pas contrôlable ». Il a donc été convenu d’un abonnement annuel avec un nombre de jours d’utilisation inclus dans cet abonnement.

« Nom@de100R » Keçako ?

Le projet a fait des petits. Et notamment un programme du conseil général intitulé « Nom@de100R » (le « 100R » étant censé représenter « center »), un espace pro pour le télétravail. Mais comme souvent en France, le marketing est là où le bât blesse. Trop de noms, parfois pas très habilement choisis, trop de projets, pas de cohésion, pas de normalisation et une myriade de projets dans tous les sens. La Cantine et les nombreuses autres initiatives à Paris, les centres professionnels de mairie (à Paris mais aussi ailleurs) et des projets périphériques autour de la Capitale avec le projet Actipole21 où sont impliqués des industriels comme Steelcase entre autres ; un projet prometteur selon Mazenod, « pas rural, pas bobo et pas dans les aéroports où tout est déjà prévu ». Un vrai projet où sont alliés physique et virtuel.

« télétravail, télécentre  : des noms incontournables »

Hors de ce maelström de projets, Zevillage poursuit son développement. Il a un atout pour lui : un nom marrant, évocateur et … une bonne communication (voir la couverture presse de Zevillage ici) qui ont même donné de la visibilité au projet sur TF1 et le Figaro (c’est là d’ailleurs que j’ai repéré Xavier avant de l’interpeller via Twitter). Car il faut aller de l’avant ; pragmatique, Mazenod nous rappelle l’évidence, trop souvent oubliée : « télétravail, télécentre » sont des noms qui ne sont pas beaux mais qui sont incontournables » ajoute-t-il, inutile de créer un nouveau concept, et Dieu sait qu’il en existe ! Le futur pour Zevillage est de trouver des partenaires, de professionnaliser son site Web et le « faire monter d’un cran ». D’autres télécentres sur le modèle de Boitron vont s’ouvrir : 1 dans l’Orne en 2011, 1 autre en 2011 ou 2012 dans l’Orne également. En deux ans on en aura 10 ajoute Mazenod. 5 candidatures et 1 opérateur privé (entre Falaise et Argentan) se sont déjà manifestés.

Celui qui va imposer la norme va gagner

Pas certain qu’une logique de labellisation soit adaptée à la consolidation de ce foisonnement d’initiatives, Mazenod nous précisant en effet que « personne n’est habilité à le faire ». Il croit par contre à un « cahier des charges minimum qui aboutisse à la création d’un standard de facto » ; le rural et l’urbain sont tous les 2 concernés selon lui. les défis en région sont cependant nombreux : une tentative d’implantation d’un nouveau télécentre en Ariège s’est soldée par l’arrachage du Wifi par les Robins des Toits selon Xavier de Mazenod (NDLR : je n’ai pu vérifier cette information). La cohabitation entre ruraux, néo ruraux hippies et modernes urbains retournant à la nature n’est pas et ne sera pas sans générer des frictions importantes.

« Celui qui va imposer la norme va gagner » ajoute Mazenod, mais il ne faudra pas de projets en sous-main ajoute-t-il. Soit une société impose ouvertement ce standard, soit il s’agira d’un agrégat d’acteurs neutres et divers. On peut prédire qu’une bataille entre les standards descendants et la norme de facto va probablement faire rage dans le futur développement des télécentres. Gageons que, comme souvent, ce sera le meilleur acteur économique qui imposera la norme. Des acteurs internationaux déjà fort développés d’ailleurs ne sont pas en reste (Regus, e-office), même s’ils ne s’intéressent pas à Boitron en priorité, ils font évoluer leurs concepts.

La période des 10 ans qui viennent risque d’être riche en rebondissements et en développements pour les télécentres et le télétravail, et pas seulement à Boitron. À suivre …

Zevillage : réseau social du télétravail fait sortir les Parisiens hors du périphérique was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Génération Y : les adolescents sont-ils vraiment plus doués pour l’informatique et l’Internet ?

computer-large ceci la version française et intégrale d’un article originellement publié par BNET UK (hélas en voie de disparition)

Le rapport Robson fit grand bruit il y a à peine un an en Grande-Bretagne. Passé plus ou moins inaperçu en France, ce rapport est cependant d’une importance capitale si l’on veut comprendre et décoder l’un des clichés majeurs de ce début XXIe siècle : la génération Y (qu’on retrouve d’ailleurs cité sous divers vocables, tous plus ou moins précis, millenials, digital natives etc.)

le rapport publié par Morgan Stanley et intitulé « média et Internet, comment les adolescents consomment les médias » est un des exemples les plus frappants de circulation d’informations à l’échelle de la planète (on omettra ici la France, pour d’évidentes raisons linguistiques, ceci n’enlevant rien à la diffusion mondiale de ce rapport). Matthew Robson – un stagiaire de 15 ans à qui des représentants de l’entreprise ont demandé de rédiger un rapport sur son usage des médias et celui de ses pairs – n’a plus besoin de travailler sur son e-reputation, du moins outre-Manche. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ce rapport était sur toutes les lèvres, dans tous les journaux, et surtout … sur tous les ordinateurs.

Plus encore, ce rapport est utilisé comme une preuve tangible d’un véritable phénomène de société lié aux jeunes générations et à leur façon d’appréhender les médias. Au contraire, je suis d’avis qu’il s’agit d’un exemple typique de la façon dont les adultes – et non les « jeunes » – consomment les médias, et notamment l’Internet qui, soit dit en passant, n’est pas un média (je passe sur le terme de « consommer » qui ne me paraît pas approprié ou plutôt qui relève aussi d’une philosophie intéressante).

    1. Ce rapport fut repris pour argent comptant comme dans cet article du Guardian, sans analyse, ni remise en cause du rapport lui-même. Ceci est typique d’une culture du copier-coller qui a rattrapé le journalisme, on le déplorera ;  je ne pense pas que les journalistes soient des adolescents.
    2. Les adolescents quant à eux sont différents des adultes, on peut admettre cette généralisation. Cela veut-il dire que quand les adolescents deviennent des adultes, leurs goûts resteront les mêmes ? Il est fort à parier que non. Du moins on l’espère. Certes, il en est qui oublient de mûrir, ceci en soi n’est pas nouveau.
    3. Le marketing de masse a appris aux adolescents à se comporter comme des consommateurs plus que des êtres humains, d’où le sentiment – plus acquis qu’inné – qu’ils forment une race à part. Mais en fait, rien n’est plus faux. Les adolescents sont des adultes en devenir et devraient être traités ainsi, ni stigmatisés, ni idéalisés. La jeunesse n’est pas éternelle.
    4. La génération Y – un concept attrape-tout qui ne veut rien dire tant il est large – est censé être plus douée en informatique, surtout sur Internet, que les générations précédentes. En vérité, une étude en profondeur (et confidentielle) réalisée par Orange pour un échantillon de lycéens de 15 ans il y a quelques années a démontré que cela n’était pas vraiment soutenu par les faits. Les ados sont en effet meilleurs quant à l’usage de certaines technologies comme la messagerie instantanée et ils sont les praticiens du multitâche permanent – ceci n’est d’ailleurs pas une bonne chose selon Guardian -mais leur connaissance intime de l’informatique n’est pas meilleure que celle de leurs aînés ; ils appellent à la rescousse dès que quelque chose ne fonctionne plus comme il faut. Quand l’ordinateur tombe en panne, le jeune appelle… Papa ! En France, la proportion importante de blogs créés sur sky blogs il y a quelques années par les très jeunes a pu fausser les statistiques quelque peu. La migration de masse de ces jeunes vers Facebook nous promet non pas plus de maîtrise informatique, mais moins de maîtrise informatique par ces jeunes (soit dit en passant, l’étude montrait que dans chaque groupe de jeunes un « expert » de l’informatique se mettait à la disposition des autres pour leur créer leur blogs, ne montrant pas ainsi que la majorité était plus douée pour l’informatique que les autres générations).
    1. Il est rare que les vrais blogueurs, et surtout les meilleurs, soient des adolescents et beaucoup d’entre eux ont entre 40 et 50 ans sinon plus. Je peux témoigner si besoin était…
    2. En conséquence ce qui précède, twitter est aussi fortement utilisé par ces mêmes personnes pour, principalement, publier, diffuser du contenu, partager avec leurs réseaux et aussi comme un substitut à la messagerie instantanée entre les membres de ces réseaux.
    3. En conséquence de cela également, twitter est en effet un outil pour les adultes et en cela, je veux bien croire Matthew Robson qui a raison sur ce point. Ceci étant, le fait que les adolescents ne l’utilisent pas ne le rend pas moins intéressant, au contraire.
    4. (Juste une hypothèse de ma part je le reconnais) le style de ce rapport semble avoir très peu à voir avec la contre-culture adolescente et beaucoup plus à voir avec le style de Morgan Stanley et d’une banque d’affaires en général.
    5. Ce rapport part de l’hypothèse que les entreprises devraient avoir peur des adolescents qui les rejoindront dans les prochaines années. Cependant :
      • le temps qu’ils les rejoignent, ils ne seront plus adolescents, certains d’entre eux auront même des enfants
      • d’ici là, la plupart d’entre eux auront appris les bonnes manières du monde de l’entreprise
      • dès lors que M. Robson sera sur le marché du travail, c’est-à-dire dans à peu près 10 ans, les entreprises aussi auront évolué à force de se confronter à la pression, des jeunes comme des vieux, qui réclament plus de liberté dans l’entreprise et qui ont également acquis leurs propres outils technologiques afin de passer outre les règles contraignantes édictées par l’informatique d’entreprise (un concept connu sous le nom de BYOC, qui tend à se développer, et même parfois à la demande des entreprises elles-mêmes qui peinent à gérer correctement l’informatique des utilisateurs et qui préfèrent s’en débarrasser en donnant de l’argent aux utilisateurs)
      • on peut également se poser la question de savoir si la peur n’est pas une projection des générations les plus âgées, qui craignent pour leurs emplois en voyant débarquer des masses de jeunes surdiplômés. Ceci pourrait également expliquer la faveur de ces théories sur la génération Y, non pas le reflet total d’une réalité, mais surtout la projection d’une peur, car il n’y a rien de tel pour faire l’information que la peur et la tendance à nourrir celle-ci
    6. enfin, puis-je me permettre de demander qui est matthew robson ? Je n’ai pas réussi à trouver (au moment de l’écriture de cet article fin 2009) une trace de ce garçon, même dans Facebook dont je doute qu’il puisse être considéré comme de la technologie du XIXe siècle. Ainsi, et malgré mon commentaire introductif, il se pourrait bien que Matthew robson ait encore à travailler sur sa réputation en ligne, à moins que cela aussi soit un concept démodé.

    de l’information et du bruit …

    Qu’est-ce qui fait que l’information se démarque de la donnée et du cyber babillage ? L’information, est ce qui arrive à chaque fois que des sources sont vérifiées, revérifiées et lorsque des investigations ont lieu. Que cela soit fait par un blogueur, un journaliste, un chercheur, un professeur, voire même un étudiant n’a aucune espèce d’importance. L’information est également liée à l’identité des auteurs qui est dévoilée (même les rédacteurs de The Economist, bien que signalés aux lecteurs par des pseudonymes comme Charlemagne, le plus connu d’entre eux, peuvent être retrouvés sur l’annuaire média électronique du journal avec images et points de contact).

    Ne vous y trompez pas, et ne rendez pas l’Internet responsable pour le fait que les adultes, et plus tard la génération Y, qui en fait ne sont que des adultes en devenir, ne sache plus faire la différence entre l’information et le bruit. Ce n’est pas Internet qui est responsable, mais les gens qui l’utilisent.

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    Génération Y : les adolescents sont-ils vraiment plus doués pour l’informatique et l’Internet ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

    Développement du télétravail en France : « les méthodes des managers français sont anciennes »

    Nicole Turbé Suetens, co-auteure de Le télétravail en France, résume la situation de ce phénomène de société en nos frontières dans une brève vidéo réalisée par Xavier de Mazenod de Zevillage, que j’ai trouvée particulièrement intéressante :

    • – les chiffres qui sont les plus souvent cités montrant un blocage de la progression du télétravail en France sont des chiffres qui datent de 2004 et ne reflètent pas le réel développement de cette pratique ;
    • le développement spectaculaire du télétravail est indéniable mais il s’agit la plupart du temps d’un télétravail « gris » (c’est-à-dire résultant d’un accord tacite, et donc non recensé) ;
    • existe-t-il un blocage managérial en France ? Nicole Turbé Suetens confie que le blocage ne vient ni des syndicats ni du droit mais des méthodes sont anciennes du management en France qui souffre de 2 manques :
    • Que faire ? Mme Turbé Suetens conclut qu’il n’y a pas de retard sur le télétravail mais un retard organisationnel (confirmé par un rapport européen sur les organisations prenantes) que celui-ci se développe en même temps que la disponibilité des outils (outils collaboratifs/Web 2.0).

    Quelques liens

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    Développement du télétravail en France : « les méthodes des managers français sont anciennes » was last modified: juillet 15th, 2010 by Yann Gourvennec