Nathalie Kosciusko Morizet envisage de lancer un appel à projets pour la création de télécentres en France

a présidé la première conférence débat retransmise en direct en téléprésence à l’internationale entre plusieurs sites entre la France et l’étranger avec une cinquantaine de participants, issus de différents secteurs d’activités. Comment, en partant de cette expérience, la ministre envisage-t-elle le développement du télétravail en France dans les prochaines années ? C’est le sujet de cette interview vidéo exclusive donnée à Orange-Business.tv et que je relaie aussi sur mon blog.

Mme la ministre, qui se décrit elle-même comme « une praticienne des nouvelles technologies », revient au cours de cette interview vidéo sur cette expérience nouvelle et se dit « impressionnée par la technique ». D’après elle en effet, la grande différence entre la téléprésence et visioconférence est que cette dernière demande un effort de plus pour « franchir l’écran » et apporter un côté humain aux réunions alors qu’avec la téléprésence ce besoin d’être plus présente au sein de la réunion, est naturellement satisfait (voir ici le témoignagne de notre client SBM Offshore, qui décrit en images le bénéfice de la téléprésence).

le télétravail : un retard français
La partie la plus intéressante de cette interview est celle où Mme Kosciusko Morizet revient sur le sujet du télétravail et notamment sur le fait que la France soit en retard quant à la mise en œuvre de cette nouvelle forme d’organisation du travail, et en retard par rapport aux Etats-Unis et aux autres pays européens (voir ici l’interview de Nicole Turbé-Suetens qui est co-auteur d’un ouvrage sur le Télétravail en France dans une interview réalisée par Xavier de Mazenod de Zevillage). Il est certain que des technologies comme la téléprésence peuvent jouer un rôle dans le développement du télétravail, notamment dans le cadre de télécentres, à condition d’avoir levé les freins qui pèsent sur un tel développement (voir ci-dessous).

Car le télétravail est, selon Mme la ministre, particulièrement pertinent, pour plusieurs raisons qu’elle explicite dans cette interview :
  • du point de vue de l’Etat, les avantages en termes d’aménagement du territoire, car la France a un territoire peu dense ;
  • du point de vue du salarié, l’amélioration de la qualité de vie ;
  • du point de vue des entreprises, la souplesse d’organisation, et le gain de compétitivité ;
  • du point de vue social, la diversification des formes de relation entre l’entreprise et le salarié.

un problème essentiellement culturel

Mais quelles sont les raisons pour lesquelles le télétravail en France est si peu développé ?
D’après Mme Nathalie Kosciusko-Morizet le télétravail se heurte en France à des barrières essentiellement culturelles. Elle ajoute qu’il reste un a priori difficile à effacer qui est que si l’employé n’est pas là il est plus dur de s’assurer que le travail est fait.

Toutefois, la culture de management ne serait pas seule en cause, le salarié aussi serait fautif dans ce manque de développement du travail (je recommande notamment la lecture de ce rapport d’étonnement issu d’une de mes interventions faites à l’Acidd en Avril dernier). En effet, dans cette période de crise, il paraît important pour chaque salarié d’asseoir sa sécurité sur le fait d’avoir son propre bureau, son nom écrit sur la porte, afin de montrer son appartenance et son importance dans l’entreprise. De plus les Français associent en grande majorité le télétravail à un travail à domicile, alors que des alternatives existent, et notamment celle des télécentres : des télécentres proches de chez soi, dans lesquels d’autres télétravailleurs sont présents, et donc où il existe une vie sociale qui est importante dans la vie professionnelle (pour un exemple concret, je recommande ce reportage sur Zevillage dans l’Orne).

un possible appel à projets pour la création de télécentres

Pour faire décoller le télétravail en France, Mme la ministre revient ensuite sur le fait qu’actuellement il y a une proposition de loi en cours d’examen pour donner un statut légal au télétravail pour formaliser cela et accompagner les entreprises dans ces mutations (voir ici un article sur la proposition de loi sur le télétravail de 2009). En termes d’incitation et de financement, le grand emprunt est aussi une chance ; Mme la ministre évoque même la possiblilité d’allouer une tranche d’appel à projet pour la création de télécentres.
note: voir mon article sur la cartographie des télécentres en France

la téléprésence : le « regard en plus »

Pour conclure, Nathalie Kosciusko-Morizet revient sur la téléprésence qui est pour elle un « outil de dialogue pertinent sur le plan politique », surtout au sein de l’ensemble européen. En effet, la téléprésence est « un outil à destination de tous ceux qui ont besoin de travailler ensemble et qui ne sont pas dans la même sphère géographique ».

Mme Nathalie Kosciusko-Morizet ajoute et conclut ainsi que la vraie valeur ajoutée de la téléprésence, c’est d’apporter « le regard en plus [par rapport à la visioconférence], entre êtres humains, ça fait beaucoup ».
Nathalie Kosciusko Morizet envisage de lancer un appel à projets pour la création de télécentres en France was last modified: septembre 17th, 2010 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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