LinkedIn : le vrai-faux du plus grand réseau social professionnel

Voici notre second épisode des Vrai-Faux du marketing : après avoir décortiqué les idées reçues des réseaux sociaux avec l’incontournable patron de Jamespot, Alain Garnier, nous retrouvons cette fois-ci un véritable expert de LinkedIn, Bruno Fridlansky, auteur du livre Linkedin, développez votre professional branding, aux éditions kawa. Tout comme Alain, Bruno ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à qualifier de « professional branling » l’utilisation de LinkedIn pour accumuler les contacts sans chercher à nouer de relations. Car on aurait tendance à oublier l’utilisation originelle de LinkedIn : construire un réseau, rester en contact, mettre en avant ses compétences en interagissant de façon individuelle et personnalisée. En 6 affirmations, Bruno nous dresse le portrait de LinkedIn, sans hésiter à casser certaines idées reçues :

Démêlons dès maintenant le vrai du faux sur LinkedIn avec notre expert Bruno Fridlanski
Démêlons dès maintenant le vrai du faux sur LinkedIn avec notre expert Bruno Fridlansky

#1 : LinkedIn est le seul réseau professionnel sur internet 

« FAUX. Il est vrai qu’il s’agit du réseau professionnel majeur dans un cadre B2C et B2B, et sur lequel tout le monde est : il y a plus de 400 millions de membres au niveau mondial. Lire la suite

Transformation digitale : une véritable aventure humaine

Il en est de la transformation digitale comme de — feu — l’entreprise 2.0. Les termes ont changé, effets marketing obligent, mais la question, et les promesses que ces expressions véhiculent sont restées les mêmes : comment utiliser et mettre à profit les technologies qui, désormais, structurent notre vie privée, pour améliorer les performances de l’entreprise ? Des forums de discussion aux tchat bots, une multitude d’outils a émergé au cours de ces dix dernières années, pour la plupart adaptés de ceux que nous utilisons dans notre vie personnelle. Si l’utilisation de ces outils s’est montrée, dans ce cadre, relativement intuitive pour peu qu’ils remplissent une fonction correspondant à une attente, même non formulée, il n’en va souvent pas de même dans l’entreprise. Dès lors, la question de l’utilisation, de moins en moins pertinente au fur et à mesure du développement du cloud, s’est effacée pour laisser place à celle, bien plus épineuse, de l’adoption.

 

Si la majorité des entreprises a aujourd’hui compris que la trtransformation digitaleansformation numérique ne se limitait pas au déploiement de technologies collaboratives (quoique parfois…), bien peu nombreuses sont celles qui ont suivi jusqu’au bout le chemin qui mène à une adoption harmonieuse et profitable de ces outils. Soit, une fois en service, les outils ne tiennent pas leur promesse d’accélérateur d’efficacité, soit seule une minorité se les approprie, allant parfois jusqu’à en détourner la finalité. Et ce, quels que soient le soin et les ressources apportés à la communication et à la gestion du changement.

Si la technologie est le point de départ, l’arrivée est uniquement affaire humaine, avec son lot de paradoxes, d’incohérences et d’irrationalité. En l’essence, la transformation digitale se conduit, mais ne se manage pas. Pour la réussir, il est indispensable de ne pas la considérer comme un projet, aussi ambitieux soit-il, mais de l’aborder en tant que transformation qui touchera jusqu’aux fondamentaux de l’entreprise, en tant qu’aventure humaine. Pour se faire, il est bon de rappeler quelques principes essentiels. Lire la suite

Âgisme, ce nouveau racisme : Génération Y et inter-générations

Âgisme et génération « Y » (ou Z ou autre, les noms changent mais les préjugés restent), ceci est la sélection du jour

eye-large_thumb.gifL’ âgisme, ou le préjugé lié à l’âge, est la sélection du jour, basées sur un billet de Jean-Philippe Déranlot accompagné de plusieurs autres et d’une vidéo qui soulève à nouveau le sempiternel débat autour de la génération Y, maintes fois traité ici. Ce billet jette un coup de projecteur sur un aspect intéressant, et à mon avis fondamental du sujet, qui est la nécessité de faire travailler les générations entre elles. Ceci est la rediffusion d’un article écrit en 2013, mais qui pourrait être republié tous les jours tant les messages qu’il fait passer sont importants pour combattre les préjugés.

Apprendre aux jeunes qui apprennent aux vieux, etc.

De temps immémoriaux, les vieux ont appris aux jeunes qui ont appris aux vieux qui ont appris aux jeunes et ainsi de suite (à moins que ce soit l’inverse). Et ma boule de cristal me dit que cela ne changera pas malgré les tentatives de mercantilisation des générations qui tendent à les enfoncer dans des caricatures. Consumo ergo sum ? Ces stéréotypes, ne frappent pas que la génération Y, ne sont pas que l’apanage de la génération X, des “seniors” (euphémisme pour “vieux”) ou de tout autre acronyme qu’on veuille bien utiliser. Derrière cette réflexion apparemment anodine et évidente qui consiste à dire que travailler ensemble vaut mieux que travailler les uns contre les autres, et au-delà de l’apparente simplicité qui en dérive du point de vue de l’efficacité de la société et de son simple fonctionnement, se pose en fait la véritable question soulevée fort à propos dans un document publié par la société de conseil Achieveglobal et trouvé sur le site Web d’une université américaine : les stéréotypes entre générations sont-ils une nouvelle forme de racisme dénommé « âgisme ».
combattre les préjugés sur l'âge l âgisme
les préjugés entre générations, préalable à la rupture du dialogue, au relativisme et au racisme (ou  âgisme ) – photo antimuseum
12 signes de l’ âgisme

En se basant sur les travaux du professeur Jean Twenge, Achieveglobal relève 12 signes du racisme basé sur l’âge tel qu’on peut le rencontrer dans les entreprises au quotidien. Les voici traduits en français :

  1. Les employés se jugent de façon régulière en se basant uniquement sur leur âge ;
  2. Les équipes métier générationnelles éprouvent des difficultés à mener leurs projets à bien ;
  3. Vieux et jeunes employés sont en concurrence pour l’attribution des ressources ;
  4. Les employés se plaignent quotidiennement auprès des membres d’autres générations ;
  5. L’entreprise embauche traditionnellement à l’intérieur d’une seule ou de quelques générations ;
  6. Les employés refusent quotidiennement les idées venant d’autres employés, plus jeunes ou plus vieux ;
  7. Les managers pensent qu’il faut une formation particulière pour mener les autres générations dans leur travail ;
  8. Les gens font des commentaires ou des hypothèses à propos d’individus en se basant sur leur âge ;
  9. Les managers posent l’hypothèse que les employés plus jeunes ou plus vieux sont incapables de réaliser certaines tâches ;
  10. Les membres de certaines générations sont quotidiennement évacués des vagues de promotion ;
  11. Les employés plus âgés font souvent valoir leurs droits à la retraite plutôt ;
  12. Les employés plus jeunes semblent se désinvestir ou se désintéresser de leur travail.

>> lire le document de Achieveglobal sur les stéréotypes de l’ âgisme dans son ensemble ici et le document dans sa version française ici

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Luxe aux Etats-Unis : le top des marques dans un pays digitalisé

Il y a une semaine exactement, nous étions à l’EIML pour assister à la diffusion des résultats du baromètre US Exclusivité et désirabilité, organisé par Exane BNP et Promise Consulting (transparence : Promise Consulting est un de nos clients). Nous vous avions déjà fait part de la publication du baromètre du luxe en Chine ; le cabinet d’études dirigé par Valérie et Philippe Jourdan, aborde aujourd’hui le sujet sous l’angle Américain. Ils ont réalisé, dans une étude disponible en freemium, un classement des marques les plus désirées et les plus exclusives. Premiers enseignements : on pourrait croire l’inverse, mais les Etats-Unis sont culturellement très éloignés du vieux continent, et les habitudes de consommation du luxe s’en ressentent. Deuxième point, ce marché du luxe, qui est le plus grand au monde, semble dominé par les Italiens : les entreprises françaises sont également placées, mais un peu plus en retrait. Enfin, dans cette conférence a été abordé le thème du digital : c’était un tabou dans cette industrie il y a seulement quelques années, mais des entreprises innovantes comme Burberry et le groupe LVMH semblent avoir compris que le luxe, à l’instar de l’ensemble des métiers et secteurs, ne peut échapper au digital. Et comme nous avons l’habitude de le constater sur ce blog, ne pas saisir cette opportunité peut s’avérer fatal.

Avant les résultats des Etats-Unis, petit rappel du Baromètre du luxe en Chine

Nous avions vu lors du dernier baromètre sur la Chine que les changements des habitudes de consommation du luxe étaient le reflet de changements bien plus profonds, culturels et sociaux. À travers ce baromètre, on observait l’émergence d’une Chine nouvelle, extravertie et ambitieuse, qui désormais ne cache plus son envie de consommer des produits qui n’étaient il n’y a seulement quelques années, qu’à la portée des riches occidentaux.

Autre fait marquant de ce baromètre, l’attrait des Chinois pour le luxe se traduit par le développement d’une expertise : ces derniers peuvent passer plusieurs heures par semaine à la recherche de produits de luxe, et seront ainsi plus à la recherche de qualité et d’authenticité que de visibilité et de mise en avant de la marque. On a ici un public expert et connaisseur qui ne pardonnera pas une baisse de standing ou une faute de goût de la part d’une marque. Qu’en est-il dans un pays comme les Etats-Unis, où la culture n’a pas véritablement évolué, en dehors d’une digitalisation commencée il y a bien plus longtemps qu’en Europe et en Chine ?

Le top des marques qui comptent le plus aux USA

Dans un marché dominé par Ralf Lauren et où les représentantes italiennes sont légion, les marques françaises se distinguent par leur désidérabilité.
Dans un marché dominé par Ralf Lauren et où les représentantes italiennes sont légion, les marques françaises se distinguent par leur désidérabilité.

On parle beaucoup des acheteurs de luxe chinois et européens, mais le principal marché du luxe se situe aux Etats-Unis, avec ses 79 milliards d’euros de chiffre d’affaires (hors voitures et immobilier de luxe), se situant ainsi très largement devant le Japon (20 milliards), la Chine (18 milliards), la France et l’Italie (17 milliards chacun). Le seul état de New-York représente un marché quasiment aussi important que l’Angleterre et l’Allemagne combinées. Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi il est indispensable de scruter ce marché avec attention, et de bien en comprendre les tendances. Voici donc en avant-première les résultats du plus grand marché du luxe, dans une étude portée sur les acheteuses américaines de produits de luxe : Lire la suite

Click & Collect : 50% des ventes de Darty.com (hors gros électroménager)

Les exemples concrets et chiffrés de Click & Collect et de Web to Store sont rares. Ce n’est pas tous les jours en effet qu’un véritable expert de la distribution vient vous livrer ses chiffres d’affaires en cross-canal. Or voilà justement ce à quoi j’ai assisté le 06 septembre, jour de la rentrée pour Adobe [transparence : Adobe est notre client] et 12ème édition Adobe social drink up. Cette conférence aurait dû avoir lieu avant les vacances, dans le cadre du forum cross canal, mais du fait de l’Euro 2016 de foot, elle a été déplacée. Dans un sens c’est une très bonne chose car il aurait été dommage de priver nos lecteurs d’un pareil retour d’expérience à cause des congés. Voici donc le compte-rendu de l’intervention d’Olivier Godart sur le Click & Collect chez Darty. Elle fait suite à la présentation de Régine Vanheems et celle de Nissan sur la DMP pour compléter un triptyque dédié au commerce cross-canal. J’ai agrémenté ce compte-rendu d’une interview réalisée en juillet avec une responsable marketing produits d’Adobe.

Darty inventeur du Click & Collect © et pionnier du Web to Store

Après une brève introduction par Christophe Marée, Directeur Marketing Cloud France et Régine Vanheems (que nos lecteurs connaissent bien maintenant), qui ont planté le décor de la cross canalité, nous sommes entrés de plain pied dans le sujet avec Olivier Godart Directeur du E-commerce Darty offline et online chez Darty. Celui-ci nous a confirmé que le consommateur avait pris le pouvoir, et j’en profite pour renvoyer mes lecteurs à l’article sur le client roi, qui leur fera découvrir, s’ils ne le savent pas déjà, que l’inventeur du commerce moderne n’est pas américain mais français, et qu’il avait déjà érigé ce principe en dogme. Plus tard, c’est lui, Aristide Boucicaut, qui fut copié par Selfridge, l’américain fondateur du célèbre magasin éponyme d’Oxford Street, créé sur le modèle du Bon Marché.

C’est aux sources de ce client soir qu’Olivier Godart nous a conviés, en nous faisant « découvrir le parcours client de façon pragmatique » pour reprendre ses mots.
30% des ventes de Darty.com en Click & Collect
30% des ventes de Darty.com en Click & Collect

Click &Collect : des innovations faciles à mettre en œuvre

Le site Darty.com a plus de 10 ans, le e-commerce n’est donc pas une nouveauté pour le géant de la distribution spécialisée. Mais « des améliorations sont possibles » nous dit Olivier Godart. Et parmi celles-là, «  il y a des choses faciles à mettre en œuvre ». Par exemple, « des clients nous ont demandé comment prendre rendez vous en magasin » nous a-t-il confié, ce sont des demandes qui peuvent êtres écoutées et trouver des solutions simples avec le digital. Car telle est la mission du responsable du e-commerce, faire en sorte que « le digital soit au service des magasins car il n’y a qu’un site web et [Darty possède] 250 magasins ».

Click & Collect : du Web to store au store to Web

Olivier Godart, gardien du temple du click & collect chez Darty
Olivier Godart, gardien du temple du Click & Collect chez Darty

L’équipe Web a aussi développé une solution pour que le parcours de visite de Darty.com s’adapte aux utilisateurs. La raison en est simple : « tout le monde ne met pas le même temps à choisir un produit » nous a dit Olivier Godart. Certains « mettent 90 jours à choisir un grille pains » nous a-t-il expliqué. Il fallait donc s’assurer que les préférences des acheteurs soient conservées plus longtemps afin de ne pas perdre un client. Une autre idée simple a consisté à connecter les listes d’envies (« wishlists ») avec le SI de l’entreprise et de permettre aux acheteurs de les partager avec les vendeurs. Darty est allé plus loin. L’équipe Web a décidé de connecter le système à l’envers : si les clients peuvent partager leurs listes d’envie avec les vendeurs, pourquoi ne pas faire l’inverse et laisser les vendeurs partager leurs listes avec les clients ? Encore une petite idée facile à réaliser qui permet de changer le rôle du vendeur en conseiller. Un concept de Store to Web en quelque sorte, qui permet encore à Darty d’innover et de décloisonner le Web qui sort ainsi de son ghetto digital pour se mettre au service des magasins et des clients. Pour cela « il faut donc écouter les clients, mais aussi les employés » nous explique Olivier Godart.

Avec le Click & Collect, le magasin est l’avenir du e-commerce

Que le magasin soit le futur du e-commerce n’est pas une nouveauté pour les lecteurs de Visionary Marketing. Darty est cependant allé au bout de ce concept. “Nous développons des solutions pour résoudre une équation importante : moins d’un tiers des informations qui sont sur le site sont disponibles en magasin et tous les produits ne sont pas disponibles non plus” car les surfaces des magasins ne sont pas suffisantes pour contenir tout l’inventaire en ligne. Le digital n’a pas de limites en termes de place, mais les magasins en ont. Par ailleurs, « il n’est pas possible de tester sur place tous les produits pour des raisons d’hygiène” explique Olivier Godart. Les robots de cuisine par exemple, ne peuvent être vraiment testés par les clients sur place, alors que sur le Web on peut aisément amener du contenu et de l’entraide (voir plus loin pour ce dernier point). C’est la limite du Web to Store, tout n’est pas possible partout, ni dans tous les magasins.

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