30/03/15

médias sociaux : de la nécessité d’interagir

Les médias sociaux vous imposent d’interagir

Continuons notre travail sur la comparaison entre médias sociaux et mass media. Comme je l’avais déjà annoncé dans une vidéo réalisée avec notre partenaire Hootsuite, on peut acheter des likes, on ne peut pas acheter l’amour. C’est là finalement le grand jeu des médias sociaux, un panneau dans lequel tombent quasiment toutes les grandes marques soumises à la pression, bien compréhensible, de la publicité. En publicité, l’équation reste (relativement) simple : je diffuse un « message » à une masse, la plus grande possible, et si possible, je mesure le résultat par la suite, en termes d’impact, d’image ou de notoriété. Dans les médias sociaux, comme nous l’avons expliqué dans un article récent, la logique est inverse. Les médias, au lieu d’être restreints sont pléthoriques, les audiences quant à elles sont morcelées; il n’y a pas de message. Celui-ci est immédiatement repris (ou non) et quand il est repris, il est nécessaire d’interagir et de répondre. Ne serait-ce que pour dire merci, bonjour ou montrer que vous écoutez poliment. Ou encore mieux pour répondre et échanger.

Les mass médias croquent la TNT mais les faits sont têtus

Puisque j’ai pris dans mon article précédent comme comparaison les audiences de la TNT, revenons si aujourd’hui alors que ce sujet été également traité dans la revue de presse (Le Kiosque) d’Europe1 de 6h15 de ce lundi 30 mars 2015 [écouter à partir de 4min30 dans ce podcast]

Axel de Tarlé y faisait remarquer à propos d’un article des Echos (les 10 ans qui ont bouleversé la TV française)  que la promesse initiale de la TNT il y a encore 2 ans, où de nouvelles chaînes ont été ajoutées au panel de chaînes disponibles, était d’apporter de la variété et des contenus spécialisés (donc de niche). Le résultat fut le morcellement des audiences avec sur les 19 chaînes de la TNT : 25 % de part d’audience ! Que croyez-vous qu’il arrivât ?

mass medias

les mass médias s’emparent de la TNT (image Les Echos du 30 03 2015)

Bien entendu, les grandes chaînes sentant venir la menace se sont dépêchées de racheter les petites, ce qui fait que une minorité de chaînes reste indépendante et que les grandes chaînes ont reconstitué quasi intégralement leur audience … et recyclent leurs bons vieux programmes. Sauf que… Les habitudes de consommation de la télévision ont changé profondément et que ce qui menace ces grandes chaînes est non pas la multiplication de chaînes qui jouent sur le même terrain, mais l’arrivée de modes de consommation de l’information et du divertissement par d’autres moyens : les systèmes de vidéo à la demande (aujourd’hui Netflix fait plutôt un bide en France mais cela pourrait bien ne pas durer) et aussi surtout… YouTube dont nous parlions dans l’article précédent et qui est à la recherche de nouveau business modèle. Ce morcellement des consommations des programmes pourrait bien les satisfaire.

mass media

Les faits sont donc têtus et pour les médias sociaux il en est de même, vous pouvez essayer d’utiliser ces outils contre nature, cela ne marchera pas et vous aurez le résultat qu’on voit ci-dessous. J’ai en effet pris cette capture d’écran volé au cours de mes pérégrinations sur LinkedIn, car j’aime bien analyser les messages sponsorisés qu’on voit fleurir ici et là sur les médias sociaux. Bien sûr, de temps en temps il faut aider un peu la nature en sponsorisant ces messages, je ne suis pas son ayatollah anti publicité comprenez-moi bien. Mais de tels médias requièrent qu’on aille un peu au-delà. Analysons donc cette image de message sponsorisé de la banque CIC sur la métallisation du ticket restaurant. L’idée est séduisante les dessins parfois amusants et bien faits également. En soit, je n’ai rien contre le partage de l’information qui était intéressant et qui nous délivre également un chiffre d’Ipsos qui peut intéresser les Marketers. Le CIC publie souvent en effet des dessins humoristiques sur LinkedIn, en surfant sur la vague des images partagées, avec des dessins parfois assez réussis et que je reconnais volontiers apprécier. J’en ai partagé un ou deux. Que la banque ne voie donc pas d’animosité dans mes propos, il n’y en a pas. Si cela se trouve, elle n’est même pas impliquée dans cette opération qui est pilotée par une agence. Mais c’est peut-être dommage.

Erratum : ce ne sont pas les médias sociaux mais le marketing (le bon sens ?) qui vous impose d’interagir

le contre exemple des médias sociaux

le contre exemple des médias sociaux pris comme des mass media

Mais la question est ailleurs. Certes, 39 personnes ont « liké » cette image, ceci n’est pas mal mais nécessite qu’on rapporte ce chiffre au coût de la sponsorisation de ce message. Peu importe, ce n’est pas ça qui est intéressant. Ce qui est intéressant, c’est que pour 39 likes, on obtient 22 commentaires. Ces 22 commentaires sont tous intéressants. Probablement que certains sont erronés (« difficile de ne pas y voir du flicage » par exemple ne semble un peu exagéré et néanmoins intéressant et révélateur) ; voire carrément de mauvaise foi (« les restaurateurs touchent l’argent plus rapidement qu’avec des tickets resto »…) Il n’empêche qu’ils sont tous intéressants et méritent d’initier le dialogue.

Or, où intervient la marque dans ce dialogue ? Pourquoi poster un article, une image, qui plus est en payant, si à la première remarque, je détale et oublie de répondre ? Ne serait-ce que pour remercier, prendre note de ce point de vue, voire encore plus intéressant pour le Marketer, utiliser ces Verbatim pour faire du marketing et soit améliorer mon produit ou service (dans ce cas il est difficile de l’améliorer telle quel, quoique…) soit pour réagir et corriger la communication sur le produit. Dans tous les cas, il ne coûte pas très cher d’aller mettre un commentaire pour dire  » je vois que vous n’êtes pas très contents, nous en prenons bonne note » en engageant la discussion et en essayant de faire, par exemple, un focus groupe, par exemple  etc.

Vous verrez également que dans la liste il y a des les utilisateurs qui plaident aussi pour les commerçants. En fait il semblerait que sur cette innovation, les utilisateurs finals n’aient absolument pas compris les bénéfices de la dématérialisation de ce système. Sans doute aussi que cette dématérialisation cache, sans même vouloir le cacher, le désir de voir disparaître certaines pratiques à la limite de la légalité qui permettait de jouer légèrement avec le système et d’utiliser ces tickets restaurant comme des billets de banque. Peu importe ! Si je n’ai rien à dire sur quoi que ce soit, mais  juste à faire passer un message descendant alors je me trompe d’outil, il faut que j’utilise la publicité, la bonne vieille publicité et non pas les médias sociaux. Voici un exemple parfait de Marketers qui se sont privés d’une écoute active des clients ou du public en général (il semblerait que l’article ait aussi touché beaucoup de Belges ce qui n’a probablement aucun intérêt pour la banque). Admettons qu’il s’agisse d’un manque de temps alors, raison de plus pour fuir les médias sociaux. Ceux-ci sont participatifs il faut répondre, il faut être là, c’est même le B.A.BA, et nous sommes las de le répéter depuis 10 ans.

26/03/15

Comment un vélib peut améliorer votre transformation digitale 

Transformation digitale : une affaire de culture et d’art de la négociation

Transformer son entreprise avec le digital (et non pour le digital comme nous l’avons déjà expliqué dans ces colonnes) est avant tout un exercice culturel. J’ai trouvé par hasard ce matin, en me rendant au travail, l’anecdote parfaite, sous forme de fable, qui explique la différence entre une négociation de position et une négociation d’intérêt. Cela me permettra de rappeler certains fondamentaux du travail en commun, préalable indispensable à l’innovation, et a fortiori, à la transformation digitale.

Épisode 1 : le Vélib’ et la transformation digitale

En me rendant à mon travail ce matin, j’ai observé une scène intéressante et révélatrice. Une dame, que j’ai devinée être provinciale, entreprenait de traverser le dangereux passage piéton situé devant la gare de Denfert-Rochereau en passant au rouge. Voyant arriver sur elle un Vélib’, elle hésita un instant en reculant d’un pas, puis au contraire, en forçant le passage. Le Vélib‘ continua sa route à toute allure et heurta légèrement la dame dans son dos, moins par maladresse que pour lui donner une bonne leçon. Là, la dame provinciale s’écria : « ils sont vraiment tous c…s ces parisiens ! » Assertion maintes fois entendue, à tel point qu’elle pourrait être prise pour une évidence. Et pourtant…

Comment un vélib' peut améliorer votre transformation digitale

Comment un vélib’ peut améliorer votre transformation digitale

Et pourtant, traverser au rouge n’est ni un signe de discipline, ni d’intelligence, surtout lorsque le carrefour est si dangereux. Pourtant aussi, si ce carrefour n’avait pas été situé à Denfert-Rochereau mais rue nationale à Lille, par exemple, et que la dame avait été nordiste, je peux parier qu’elle ne se serait pas écriée que « les gens du Nord sont tous des c..s ! »

Car tel est le fondement de la négociation de position : on juge non pas un acte mais la personne du fait de ce qu’elle est et ce qu’elle représente, à moins que ce dernier point soit une circonstance aggravante de ce qui précède.

Il en est de même de la transformation digitale, lorsque deux (ou plus) département sont impliqués. Prenons le cas le plus fréquent, celui de la rencontre, souvent électrique, entre direction marketing et direction informatique. Travailler correctement avec le département d’en face requiert toujours qu’on comprenne les points de vue du camp opposé.

Attention ! Je n’ai pas dit être d’accord, mais juste comprendre. Cette compréhension implique que chaque camp doit être capable de se mettre à la place du camp opposé et de comprendre ses motivations.

Épisode 2 : deux professeurs de Harvard nous enseignent la transformation (digitale)

Getting to yes

Getting to yes

En fait, cela me rappelle un célèbre livre de négociations, un best-seller qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, et qui s’appelle tout simplement : getting to yes (soit « comment arriver à un accord » et sous-titré « comment négocier un accord sans céder »). Ce célèbre livre écrit par deux professeurs spécialistes de la loi et de la négociation dans la grande école de Harvard explique comment, sans céder, on peut apprendre à comprendre l’autre pour mieux négocier, non pas sur la position, mais sur les faits.

Étape 3 : la méthode Fisher Ury et la transformation digitale

La méthode de Messieurs Fisher et Ury est très simple. Avec un peu d’empathie et de compréhension, on pourra même s’épargner une longue lecture tellement elle est évidente et facile à saisir. Voici comment la résumer : plus je campe sur mes position, plus il me sera difficile d’obtenir ce que je cherche. Plus au contraire je vais comprendre le point de vue de l’autre, plus il sera facile, en focalisant sur des critères objectifs, d’arriver à une négociation équilibrée et saine.

La méthode Fisher Ury est simple. Elle est divisée en 4 points très faciles à comprendre :

circle chart

circle chart : comment trouver des alternatives (extrait du livre)

1. Isolez les personnes du problème : si je reviens sur mon exemple de la provinciale qui traverse sur le passage piéton dangereux à Paris, son problème n’est pas les parisiens, mais bien le passage piéton. Les parisiens n’ont rien à voir là-dedans. Inutile donc d’essayer de leur mettre sur le dos, si tant est qu’il soient si désagréables, un phénomène pour lequel ils n’ont rien fait. Prenons un autre exemple plus près de la transformation digitale avec le dialogue entre DSI et marketeurs : le fait de travailler pour tel ou tel département n’a aucune importance et ne doit pas entrer en ligne de compte. D’ailleurs, combien de maîtres d’ouvrage sont passés de l’informatique aux métiers en subissant ces négociations de position dans l’incompréhension la plus totale. Cela m’est déjà arrivé, Marketeur, je me suis retrouvé du côté des informaticiens, et ainsi immédiatement méprisé par les autres marketeurs, pourtant mes ex-collègues (et alors que j’en étais un). Repassant du côté des métiers après un séjour dans l’informatique, je me trouvais alors immédiatement méprisé des informaticiens (alors que j’en étais devenu un également). On ne peut jamais gagner à ce jeu là. Tous les maîtres d’ouvrage connaissent ce problème. Les DSI qui vont subir de profonds changements dans les années prochaines (regardez cet article du blog d’Orange business services sur la transformation digitale et DSI) vont devoir changer de métier et sauter de l’autre côté de la barrière. Ils seront donc bien obligés d’isoler les problèmes des personnes qui les portent.

2. Focalisez-vous sur les intérêts non pas sur les positions. Un exemple donné par Fisher et Ury est celui de deux personnes qui sont dans une bibliothèque. L’une d’entre elles se plaint ne pas avoir assez d’air la deuxième, quand la fenêtre est ouverte, de souffrir des courants d’air. La responsable de la bibliothèque vient les voir et prend leur témoignage puis va dans la pièce d’à côté ouvrir la fenêtre en grand afin d’amener de l’air frais sans pour autant qu’il y ait un courant d’air. Cet exemple est typique des négociations sur les intérêts et non sur les positions. Il faut d’abord se focaliser sur l’intérêt des personnes et essayer de les satisfaire en évitant la position opposée qui empêche l’un et l’autre de travailler ensemble. Comment identifier les intérêts : tout simplement en demandant « pourquoi ? » Et également « pourquoi pas ? »

3. Créez vous-même des alternatives à fin de permettre des bénéfices mutuels. Une bonne négociation oblige à ce que les parties sortent gagnantes gagnantes. Si une des parties a l’impression de s’être fait avoir, les négociations ne tiendront pas longtemps, et elles seront rapidement remises en question. Il est donc impératif de laisser les portes ouvertes afin de permettre à chacun de s’en sortir la tête haute. Il suffit d’un peu de réflexion et de ne pas oublier une fois encore de vous mettre à la place de l’autre pour imaginer ce qui pourrait lui permettre de sortir la tête haute de la négociation.

4. Utiliser des critères objectifs : pour éviter la négociation de position, il faut éviter les négociations sur les sentiments et les à-peu-près. Restez factuel, oubliez les à-peu-près, les sentiments approximatifs. Restez donc près des faits, des chiffres, évitez où déminez toutes tous les mauvais arguments en montrant qu’ils ne sont pas recevables. À partir du moment où tous les arguments sur lesquels vous allez pouvoir bâtir votre négociation son parfaitement objectifs, la négociation deviendra beaucoup plus aisée.

Pour réussir votre consommation digitale il va vous falloir faire travailler des gens qui n’ont pas forcément, du moins en apparence, intérêt à travailler ensemble. Ces quelques méthodes vous aideront à aller plus loin. N’en déduisez pas cependant qu’il ne peut y avoir de problème avec les personnes. Il se peut très bien que certaines personnes difficiles viennent vous pourrir la vie et les projets ; et il existe des méthodes également pour traiter avec elles. Les auteurs du livre sus-cité ont bien été capables de négocier avec des terroristes, voilà qui doit être bien plus difficile que d’essayer de faire travailler des départements différents ensemble.

24/03/15

RSE : utilisation, efficacité et performance (tribune libre)

Depuis maintenant quelques années, les réseaux sociaux ont largement envahi nos vies personnelles : nous passons en en effet  6h45 par mois sur Facebook (source Blogdumodérateur). Mais au delà de cet usage personnel, c’est aussi au travail que nous utilisons ces réseaux, tant est si bien qu’ils sont sujet de discorde au sein des entreprises car ils nuiseraient à l’efficacité et à la productivité. Cependant, malgré la distraction qu’ils représentent au travail, les réseaux comme Facebook, Twitter ou Linkedin sont indispensables dans la vie professionnelle. La création de réseaux sociaux d’entreprise (RSE) ont notamment fait leurs preuves avec la société Atos et son avancée dans le social business. Mais pour autant, s’agit-il de la solution idéale pour les entreprises qui souhaitent développer les relations sociales au sein de leur activité ?

Facebook vs RSE

Les longues journées de travail ne sont finalement plus si longues quand on intègre le temps passé sur les réseaux sociaux (Facebook majoritairement). 6 employés sur 10 se connectent au moins une fois par jour sur ce type de réseau, dans 80% des cas pour des raisons personnelles.

Ce qui n’est pas forcément du goût de certains employeurs pour qui l’utilisation des réseaux sociaux doit être limitée au minimum pour favoriser la productivité. Cependant, avec le changement des mœurs et l’immédiateté de l’information, il est bien compliqué aujourd’hui de se séparer de ces plateformes.

Et d’ailleurs, des cas d’abus des réseaux sociaux au travail ont amené un arrêt le 26 février 2013 qui condamne comme “faute grave” cet abus. La loi progresse petit à petit par rapport à ce sujet et va dans le sens de la rédaction de chartes définissant un temps alloué aux connexions sur ces réseaux sociaux.

Exploiter certains réseaux sociaux comme véritable outil professionnel

RSE chef d'orchestre

un RSE qui  donne le « la »

On le voit de nos jours, les techniques de recrutement évoluent et se servent des réseaux sociaux : de plus en plus d’annonces pullulent sur Facebook voire même des groupes dédiés à des recherches d’emploi comme OCCAZZISSIME Jobs & Stages qui regroupe des milliers de membres. Le caractère immédiat des réponses à ces demandes d’emploi y est pour beaucoup, car le processus de recherche est souvent long et apporte rarement satisfaction. Les réseaux sociaux pallient au moins à cette rétention du temps.

Avec seulement 21 minutes passées par mois sur Twitter, les employés négligent un outil qui est pourtant précieux concernant la veille concurrentielle.
La veille est pourtant un élément capital de la vie d’une entreprise ;  c’est pourquoi, toute entreprise doit s’en parer pour être au courant de sa visibilité, de la relation qu’elle mène avec son client et du capital sympathie qu’elle dégage.

Les réseaux sociaux d’entreprise : un premier pas qui doit en appeler d’autres

Sachant que la satisfaction des employés grimpe de 20 points quand on leur permet d’utiliser les réseaux sociaux au travail (source RTL), alors pourquoi ne pas tout simplement mettre en oeuvre un Réseau Social d’Entreprise (RSE) ?

Ces réseaux sociaux regroupent tous leurs membres  et la communication interne au sein d’une même identité,  celle de l’entreprise. Grâce à leurs implémentations timides mais de plus en plus nombreuses, les RSE font notamment gagner du temps aux projets et on synthétise la communication puisque les différentes strates de la hiérarchie –direction des ressources humaines, de la communication, et générale- sont, de fait, mises en relation.

Déjà 80 % des entreprises du CAC 40 se sont paré d’un RSE, avec près de 2500 utilisateurs actifs en moyenne en plus par an d’après Les Echos. Cette solution permet de mettre tous les acteurs professionnels en réseau et de développer ce dernier par des rencontres qui seront, elles, physiques.

Objectif zéro email : le RSE selon Atos

Atos, acteur international des solutions informatiques lance depuis 2009 des outils pour les entreprises orientés autour de 4 axes : augmenter la productivité, favoriser la collaboration entre les membres d’une communauté de travail, engendrer l’innovation et enfin rendre leur pleine satisfaction aux employés.

Je me suis intéressé à quelques uns des outils proposés par cette société qui sont amenés à devenir de réelles alternatives pour les entreprises qui souhaiteraient devenir comme le dit Atos, une organisation intelligente (Smart Organization).

  • Il y a d’abord eu en 2011 le programme Zero Mail qui visait à réduire le temps passé par les employés sur leurs emails. Ce temps gagné serait optimisé sur d’autres tâches et accroitrait de fait la productivité de l’entreprise.
    Trois ans plus tard, le président d’Atos Thierry Breton se félicitait “d’avoir réduit de 60% les mails internes envoyés par ses employés”, grâce à son RSE. La moitié d’un effectif constitué de 80.000 personnes n’envoie plus qu’une quarantaine de ces messages au lieu d’une centaine auparavant.
  • Atos a aussi repris Blue Kiwi, cet éditeur de RSE, afin de permettre encore une fois la diminution du nombre d’emails mais aussi et surtout un gain considérable de productivité grâce à l’interactivité entre les membres. Celui-ci est désormais utilisé par 80% des collaborateurs d’Atos avec pas moins de 300.000 posts mensuels en février 2014 d’après la société, ce qui prouve que le partage d’informations au sein du groupe est grandissant si ce n’est culminant.

Les outils collaboratifs comme le RSE doivent encore faire leurs preuves

Un premier chiffre venant d’une étude menée par Gartner : 80% des projets collaboratifs ont ou vont échouer.
Et il existe une réponse à savoir que les entreprises idéalisent les RSE qui ne sont souvent qu’un outil de plus dans la vie d’un collaborateur. Suivez ma logique, sans réelle approche managériale, ces outils seront destinés à mourir à petit feu et seront rendus au rang de réseau social.

La vraie question est donc ce que veulent faire les entreprises de ces réseaux sociaux. Le prisme de beaucoup d’entre elles est de se parer d’un RSE pour être perçue comme digitale. Seulement, le RSE ne résout pas tout et doit être plutôt appréhendée comme un outil facilitant la productivité et qui au contraire, ne l’incarne pas. Des entreprises comme Pernot-Ricard ont su prendre ce virage grâce à l’outil Chatter et à une bonne connaissance de ses communautés.

En effet, le soucis était de “développer nos marques et mettre en réseau nos 18 800 collaborateurs dans le monde », comme l’expliquait Olivier Cavil, directeur de la communication de Pernod Ricard. C’est ainsi que 4 types de communautés ont vu le jour au sein de ce RSE à savoir les collaborateurs entre eux, les groupes formés autour d’intérêts communs, par métiers et enfin par projets. Et les chiffres sont sans appel :  un taux d’utilisation de 60% de ses collaborateurs toutes les deux semaines, 87% de satisfaction par rapport à l’outil et près de 15.000 posts déjà publiés, d’après le journaldunet.

Ainsi, il faut raisonner les réseaux sociaux d’entreprise comme une solution technologique mais qui regroupe bien des personnes amenées à collaborer “physiquement”. De plus, pour mieux apprécier ces dits résultats par rapport à la productivité, il conviendra de revoir l’avancée de ces outils à moyen/long terme.

23/03/15

marketing B2B avec les médias sociaux : 6 critères de succès

La sélection du jour est…

Cet article dédié au marketing B2B avec les médias sociaux que j’ai écrit récemment pour notre nouveau site Web, dont l’intégration 100 % responsive design vous permettra de poursuivre cette lecture sur votre mobile. Les sujets du marketing B2B sont souvent minimisés pourtant, on oublie qu’une grande majorité du commerce est réalisée par ces échanges d’entreprise à entreprise. Si j’en crois les co-auteurs de Wikipédia il s’agirait d’une proportion d’environ 70 % bien que je n’aie pas encore réussi à croiser cette information ; je la juge cependant assez crédible, affaire à suivre.

Pourtant, le marketing B2B manque sérieusement de documentation et d’experts, la plupart des élèves sortant de nos écoles de commerce préférant se jeter sur le marketing du B2C, apparemment plus facile. C’est bien dommage, car le B2B offre de nombreux avantages, et pas seulement celui d’une plus faible concurrence. Les sujets du B2B sont souvent plus profonds (voir notre schéma de comparaison B2B et B2C ci-dessous) et se prêtent particulièrement à l’usage des médias sociaux, contrairement aux idées reçues. J’ai donc listé ici quelques points qui me paraissent particulièrement cruciaux pour l’usage des médias sociaux en rapport avec le marketing B2B et je vous engage à lire également la suite de l’article qui est intégralement repris sur notre site Web 

Les critères de succès du marketing B2B dans les médias sociaux peuvent être résumés ainsi :

marketing B2B et marketing B2C et pertinence avec les médias sociaux

marketing B2B et marketing B2C et pertinence avec les médias sociaux

  • Premièrement, la vente en business-to-business s’établit essentiellement autour d’une démarche d’apport de solutions (au sens de ce qui est décrit dans Solution Selling par Michael T. Bosworth).  Pour schématiser, on peut dire que dans le marketing du B2B, ce qui marche le mieux, c’est comment on documente, résout – voire même comment on aide à faire émerger – les problèmes devant les yeux des clients avant de les résoudre. Ce genre de démarche consultative ne peut pas être réalisé par des gens qui ne connaissent pas le domaine technologique ou professionnel auquel se rapporte le contenu. Seules des personnes capables de comprendre le domaine sont aptes à s’exprimer sans faire d’erreur. Dans ce cas, les communicants jouent surtout un rôle de soutien … ou de chambre d’écho quand les experts n’ont pas la capacité ou le temps nécessaire pour s’exprimer.
  • Deuxièmement, les interlocuteurs de ces « techniciens » sont d’autres techniciens qui eux-aussi naviguent sur les médias sociaux, et en particulier les blogs, afin de trouver des réponses à leurs questions et leurs problématiques. C’est quand le marketeur aura documenté ces problèmes que l’acheteur trouvera une véritable réponse à ces questions.
  • Troisièmement, le B2B touche souvent de petites communautés très vivaces et très proches les unes des autres, souvent passionnées par leur domaine. Les médias sociaux agissent très bien dans ce domaine, notamment autour des blogs, où l’on trouve souvent de petits nombres de commentaires mais très riches et très documentés.
  • En marketing B2B il est facile de créer un esprit d'entraide et de passion autour d'un sujet : ici le cloud computing chez Orange Cloud for BusinessQuatrièmement, tout le monde n’est pas en effet capable de créer un contenu, ni de parler devant un client, mais force est de constater que beaucoup de techniciens, spécialistes de l’avant-vente, marketeurs des domaines des techniques, etc. parlent déjà devant des clients, ont l’habitude de s’exprimer en public, d’écrire des livres techniques ou technico-marketing et de concevoir des présentations … La caricature qui veut que l’ingénieur soit nul en présentation est un poncif. Beaucoup sont excellents, et même souvent meilleurs que certains communicants. Il n’y a donc qu’un pas dès lors à franchir pour leur donner accès aux médias sociaux ouverts, ce qui leur permettra d’industrialiser ce marketing du bouche-à-oreille, dont ils sont dépositaires de la matière brute : le contenu. D’autre fois, le communicant saura les accompagner pour les aider à mettre en forme leur savoir, à le promouvoir surtout, c’est cela qui fera toute la différence.
  • Cinquièmement, le B2B procède d’une démarche d’écosystème, classique dans le marketing du bouche-à-oreille et qui fonctionne parfaitement dans le business-to-business. Les techniciens parlent aux techniciens, et dans ce cas il n’y a pas d’effet de timidité ou de retrait, chacun peut s’exprimer librement. (voir par exemple cette réunion blogueurs et influenceurs réalisée pour le compte d’Orange Cloud for Business fin 2014, un des nombreux exemples d’esprit d’écosystème autour d’un thème fédérateur, le cloud compting (photo ci-dessus à droite)
  • Sixièmement, la dernière des choses à faire, c’est de forcer quelqu’un à prendre la parole en public s’il ne le désire pas. Il faut donc identifier les personnels les plus aptes, les encourager, et les laisser eux-mêmes encourager leurs voisins. C’est unedémarche essentiellement virale et participative. Notre phrase magique, c’est d’annoncer tout de go que « vous ne serez jamais des blogueurs, mais des professionnels qui bloguent ». C’est plus qu’une formule de rhétorique, c’est un véritable déclencheur qui permet de passer la barrière de la timidité et donne les moyens à quiconque de se dépasser. Dans le cas où cette démarche d’apprentissage ne peut fonctionner, Visionary Marketing accompagne ses clients pour les aider à mettre en forme les contenus et contourner l’effet de nombre qui pose problème. Les techniciens ou experts n’ont peut-être pas le temps d’écrire de longs articles pendant des heures, mais ils ont sûrement le temps de parler à un intervieweur par exemple. De nombreuses stratégies de contournement existent.
marketing B2B blog business decision

le blog de Business & Decision sur les Big Data : une des premières missions de Visionary Marketing

via le mariage d’amour entre médias sociaux et marketing B2B.

19/03/15

Big Data : Le cinéma avait déjà tout imaginé (avec Guy Jacquemelle)

Big Data et cinemaBig Data : Le cinéma avait déjà tout imaginé (éditions Kawa) est un livre écrit par Xavier Perret et Guy Jacquemelle, qui nous a accordé une interview pour aborder ce sujet passionnant qui est celui des Big Data. On compare dans ce livre des films aussi variés que Matrix, The Truman Show, Requiem For A Dream et Retour Vers Le Futur, à la réalité des Big Data. Car ces 11 films ont en commun d’aborder avant l’heure une facette du Big Data : réalité augmentée, dépendance à la donnée, ville 100% connectée, prédiction de l’avenir… Tous ces éléments n’étaient il y a quelques années que des idées sorties de l’imagination de scénaristes américains, mais sont désormais une réalité.

Ce livre revient sur la relation entre l’innovation et la science-fiction.

Nous avons sélectionné une dizaine de films, comme Matrix, Minority Report, The Truman Show, ou encore La Mouche. Ce sont des films qui, quand on les regarde avec l’optique des Big Data, nous disent beaucoup de choses sur ce sujet. Par exemple dans Matrix, qui se passe dans deux siècles, on vit dans un monde virtuel, et on ne peut rejoindre le monde réel. Ce qui est intéressant, c’est que c’est le premier film qui montre les Big Data avec des chiffres qui tombent en permanence (c’était l’économiseur d’écran le plus hype du début des années 2000 !), et aujourd’hui 90% des données ont moins de deux ans. On est donc réellement dans un déluge de données telles que nous l’annonçait Matrix.

L’architecte de Matrix n’est qu’un algorithme qui agit en fonction des réactions de Néo, le personnage principal de Matrix. L’architecte élabore une série d’hypothèse (représentées sur par la multitude d’écrans) et sélectionne sa réponse en fonction de l’hypothèse validée (l’écran sur lequel la caméra zoome à 2:15). Ces hypothèses sont calculées en fonction des données de la vie de Néo, stockées et utilisées par l’architecte, que l’on peut observer durant toute la séquence. De quoi donner des idées à Mark Zuckerberg ?

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