28/05/15

Les Push Notifications, une technologie qui progresse grâce au mobile

Le marché du mobile connait actuellement une expansion importante, provoquée par les avancés technologiques qui ont favorisé la création de smartphones dont les performances ne cessent de croître. Ceci a engendré, par la suite, l’essor de nombreuses technologies autour du mobile dont les push notifications.

La push notification est un message envoyé au mobinaute, par une application installée sur son smartphone. Cela permet de rester en contact avec l’utilisateur, même s’il n’utilise pas l’application. Nous nous sommes tous déjà fait relancer par une application que l’on avait tendance à oublier, ou même directement après l’avoir quittée. C’est un moyen qui parait intrusif, mais qui reste efficace pour amener un mobinaute sur une application en lui envoyant une note qui fera vibrer ou sonner son téléphone, et s’affichera sur l’écran qu’il soit verrouillé ou non, de la même manière qu’un SMS. Il est important de noter que l’envoi de notification ne nécessite pas l’accord du consommateur, car il devient « opt-in » dès lors qu’il installe l’application. La seule condition étant que celui ci soit connecté à Internet.

Initialement utilisé afin d’informer le consommateur de la réception d’un mail,  la push notification est très vite devenu un levier de transformation et de fidélisation, facteur important du CRM Mobile. Ce qui nécessite une segmentation précise. Le but étant désormais de pousser le mobinaute à la consommation, en lui envoyant des notifications basées sur ses centres d’intérêts. Le développement de cette technique corrèle avec l’expansion du marché du mobile et des applications.

C’est donc sur le sujet des Push Notifications et du marché mobile que nous avons interviewé Bruno Bourdmone, responsable du développement commercial chez Wonderpush, une start-up proposant aux entreprises un outil de création de push notifications pouvant segmenter les utilisateurs en fonction de leurs préférences, de leurs localisation ou encore de leur type d’appareil, afin de leur envoyer un message personnalisé, et garantir une diffusion optimale. 

Interview de Bruno Bourdmone : Les Push Notifications

Comment se porte le marché du mobile et des applications ?

Le marché du mobile représentera 4,5 milliards d’utilisateurs en 2016. Concernant les applications, il y en a 1,2 millions sur l’AppStore et 1,4 millions sur Google Play. Cela représente un marché important car environ 96% des utilisateurs utilisent 24 applications par mois sur leur smartphone.

En ce qui concerne les risques, les coûts d’acquisition se sont vu augmenter de 60% en 2014, et en 2016, les annonceurs américains dépenseront environ 3 milliards de dollars.

Au niveau des usages, le taux d’opt-in est de 50% sur les utilisateurs iOS et 80% sur les utilisateurs Android. En revanche, un utilisateur passe en moyenne 80% de son temps sur 3 applications uniquement, ce qui fait chuter le taux de rétention. L’année dernière, seulement 1 utilisateur sur 10 continuait d’utiliser une application 3 mois après l’avoir téléchargée.

La rétention des utilisateurs est un indicateur de performance essentiel.

Rien n’est plus personnel que le mobile. les push notifications sont à utiliser de manière pertinente et personnalisée, on dit qu’il faut « savoir engager sans enrager ».

Comment le processus de rétention se décompose ?

Le premier point se situe en amont : le but est d’inviter l’utilisateur à découvrir l’application en lui présentant brièvement les modalités, les raisons et les avantages. Puis il faut l’inviter à devenir opt-in. Il va ensuite falloir segmenter les utilisateurs en fonction de leurs centres d’intérêts, ce qui permettra d’envoyer des notifications personnalisées en fonction du centre d’intérêt, tout en sachant que les achats sur mobile sont relativement anxiogènes. L’objectif sera donc de rassurer le client et le remercier après un achat, pour le fidéliser sur du long terme.

Avez-vous des exemples concrets d’applications ?

Une application d’évènementiel pourra informer les fans d’un artiste, d’un concert à proximité de chez eux, une application de vente privée pourra informer ses clients du suivi de leurs commandes, ou encore, une application d’E-commerce pourra relancer les utilisateurs dormants avec des promotions ciblées sur des achats basés sur leurs centres d’intérêts…

push notifications

Avec le boom du marché des smartphones, les applications fleurissent, ce qui favorise le développement de technologies telles que les Push Notifications.

Quels sont les techniques et les moyens mis en place par Wonder Push ?

Nous sommes focalisé sur le taux de rétention. L’enjeu est de pouvoir parler au bon moment à chacun des utilisateurs afin de garantir une meilleure compréhension, et une implication de leur part qui aura pour but d’améliorer l’application. Notre plateforme gère la totalité des actions requises pour l’envoyer en Push Notifications ou en message au sein de l’application

En résumé, les principales fonctionnalités sont :

  • la création de messages sous de multiples formes (HTML, vidéo, musique).
  • le ciblage des utilisateurs en fonction de leurs comportements.
  • la planification et l’automatisation de l’envoi de ces messages.
  • le suivi de l’indicateur clé.

Un éditeur pourra très facilement collecter les données de ses utilisateurs, segmenter sa base, programmer un scénario d’engagement en fonction de ses campagnes, pour ensuite les déclencher en temps voulu.

Avez vous des retours de client ?

Pour les clients internationaux, les résultats sont positifs. La moitié des utilisateurs va sur l’application après une réception de notification, les utilisateurs utilisant l’application convertissent deux fois plus et enfin, le taux d’engagement de la part d’utilisateurs notifiés est deux fois plus important.

Quel est l’avenir des Push Notifications ?

Elles vont dépasser le stade d’application pour aller sur le Web. Nous allons proposer des Push Notifications sur le web qui permettront à tous les éditeurs de pouvoir envoyer des notifications à leurs utilisateurs, même s’ils ne sont pas sur le site web.

27/05/15

Le déréférencement (NSEO) vous menace t-il ? (1/2)

La planète marketing est agitée depuis quelque temps par un nouveau « gros » mot : le Negative SEO ou NSEO. L’autre mot associé à la NSEO est déranking ou déréférencement ou dans un langage plus commun « disparition ».  Beaucoup se questionnent quant à la réalité de ce risque et ses réels impacts sur l’activité online d’une entreprise. Pour rappel, le SEO est la connaissance et l’exploitation d’un certain nombre de critères pris en compte dans les algorithmes des moteurs de recherche afin d’optimiser la visibilité d’un site Internet et donc son positionnement dans les pages de résultats. Plus vous respectez les critères utilisés par les moteurs de recherche pour définir un contenu pertinent, et plus d’autres sites ont des liens menant au vôtre, plus votre site Internet apparaîtra dans les premiers résultats de recherche. Ce qui, de facto, augmentera votre visibilité sans avoir à acheter des espaces publicitaires. Lorsqu’un projet de content marketing est mis en ligne, celui-ci a besoin du SEO pour être rapidement bien positionné dans les résultats des moteurs de recherche afin d’avoir une audience forte et donc un impact marketing rapide  et pérenne. C’est à ce moment-là que le site risque de subir les effets d’une attaque de NSEO et perdre le positionnement acquis. Mais avant d’aller plus loin dans la description et l’analyse du risque NSEO, il convient de faire un bref rappel historique.

Les débuts de l’Internet : du simple gadget à l’outil indispensable

En effet, au début du Web (1995 – 2000), celui-ci était réservé aux particuliers et universitaires dans un but de partage de l’information et de communication avec tous et partout dans le monde. Le fait que des particuliers créent un site, inventent un concept et puissent rapidement le partager en ligne était novateur.

NSEO

Des efforts réalisés en pratiquant une stratégie de contenu de qualité peuvent être anéantis par une attaque NSEO. D’où l’importance d’être vigilant et de se prémunir contre ce genre d’attaque.

A partir des années 2000, et du fait de l’engouement de ce media, de plus en plus de personnes se mettent à utiliser Internet et notamment les consommateurs qui s’échangent des informations sur les produits et les services ; c’est notamment l’arrivée des comparateurs de prix. Les commerçants se voient alors mis en concurrence de manière très directe sans avoir pu  anticiper ce nouvel usage.

Dans les années 2005, les départements marketing sensibilisent leurs directions à l’intérêt d’être présent sur Internet même si à ce moment-là, l’aspect commercial (vente de produit neuf, service d’avant et après-vente, etc) n’est pas au rendez-vous. Le troc et la vente d’occasion se développent de manière exponentielle notamment grâce à ebay et priceminister.

Les départements marketing ont tout de suite vu l’intérêt pour eux d’être présents: annonces de produits et promotion, nouveaux outils marketing, entretien de la base de données clients, suivi très précis du comportement des consommateurs, etc…

Le Web et notamment les réseaux sociaux se développant, les départements marketing ont conservé la main sur le site Internet de leur société sans forcément travailler avec leur département des systèmes d’information (DSI) en charge de l’informatique et des réseaux. Ils font évoluer leur site vers une véritable machine de communication la plus personnalisée possible qui devient la principale source de données des comportements clients en lien souvent avec les magasins physiques. Les réseaux sociaux permettent également de communiquer directement avec les clients.

Aujourd’hui, le constat est le suivant : en définitive le site Internet est devenu une pierre angulaire de la démarche commerciale et marketing pour toute entreprise quel que soit son secteur d’activité. Autre point intéressant à noter : les DSI sont souvent absents des projets alors qu’ils devraient être intégrés aussi bien dans la partie technique (machine, software pour le back et front office) que dans la partie sécurité Web afin de protéger l’investissement réalisé par le marketing.

Il ne s’agit pas ici d’opposer les différents départements d’une entreprise mais de montrer qu’historiquement le Web est entré dans l’entreprise par un biais inattendu et se retrouve entre 2 départements ayant une culture et une manière de travailler différente. Ainsi, la notion de sécurité du site Web ou les attaques de type NSEO, ne sont pas forcément des préoccupations du département marketing soumis à la pression du département commercial et de ses propres objectifs. Nous ne sommes plus vraiment dans du SEO au sens marketing et nous ne sommes pas encore dans la sécurité au sens de la DSI.

Bien que cette situation perdure aujourd’hui, les sites Internet sont dorénavant essentiels à la vie des entreprises. Ce constat et le caractère international voire totalement libéral du Web ont pour conséquences la mise en place de techniques souvent douteuses voire malhonnêtes et extrêmement furtives pour contrecarrer les stratégies commerciales et marketing mises en place par le département marketing sur son site Web : l’une d’elles est le NSEO.

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26/05/15

Conférence RH & Transformation digitale : 200 euros offerts a nos lecteurs (code : rh2015visionary)

Visionary Marketing s’associe une nouvelle fois à CCM Benchmark Group pour vous convier à une conférence sur les RH et la transformation digitale, qui aura lieu le 4 juin 2015, de 9:00 à 17:00 à la Maison Champs-Elysées, 8 rue Jean Goujon, 75008 Paris. Grâce au code promo suivant : rh2015visionary (à entrer au moment de l’inscription), vous pourrez bénéficier de 200 euros de remise immédiate pour la participation à cette journée exceptionnelle. Ne ratez pas cette conférence et inscrivez-vous sans plus attendre.

conférence ccm

code : rh2015visionary

Editorial de Camille Laudet, chef de projet conférences CCM Benchmark

Pour bénéficier de la remise de 200€, veuillez entrer ce code au moment de l'inscription :

Pour bénéficier de la remise de 200€, veuillez entrer ce code au moment de l’inscription : rh2015visionary

« Face à la transformation digitale des entreprises, les Ressources Humaines doivent faire face à de constantes évolutions impactant directement leur fonction. En effet, l’usage des réseaux sociaux, l’utilisation d’outils collaboratifs en entreprise, la robotisation des métiers, l’essor du « Big Data »… posent de nouvelles problématiques auxquelles les DRH doivent répondre afin d’accompagner les collaborateurs dans cette transformation.

Quel est le rôle du DRH dans la transformation digitale de son entreprise ? A quels enjeux doit-il faire face ? Comment piloter les nouveaux dispositifs de formation ? Comment développer le travail collaboratif dans son entreprise ? Quel impact les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) ont-ils sur l’engagement des salariés ? Quels sont les impacts sur l’organisation RH et sur le management ? Quels sont les nouveaux outils et les nouvelles pratiques pour développer votre marque employeur ? Comment trouver et attirer les meilleurs talents grâce aux réseaux sociaux ? Quelles sont les opportunités du Big Data pour les RH ? Comment gérer la relation H2M, Human to Machine ? Quelle place pour la robotique dans le recrutement ?

Pour répondre à ces questions, CCM Benchmark réunit de grands acteurs du secteur et des experts lors de cette édition de la conférence « RH & Transformation digitale ». Ils partageront leur vision, leurs conseils et leurs retours d’expérience en matière de stratégies de marque employeur, de recrutement, de travail collaboratif, de formation… pour accompagner la transformation digitale de leur entreprise. Très opérationnelle, cette conférence vous fournira les clés pour comprendre les enjeux actuels auxquels sont confrontées les fonctions RH. »

conférence ccm

code : rh2015visionary

Voici le programme de la journée :

8H30 : ACCUEIL DES PARTICIPANTS

9H00 – LA TRANSFORMATION DIGITALE ET LES INJONCTIONS PARADOXALES

La place de la RH dans la transformation digitale est évidente : il faut faire évoluer les compétences, animer et motiver les équipes ou encore développer l’innovation. Cependant l’innovation digitale établit une rupture avec les modes de travail habituels : organisation plate, intrapreneuriat en rupture avec l’ordre établi, prise d’initiatives en dehors des circuits habituels, esprit « start-up » à l’intérieur des grands groupes … Les incitations à l’innovation sont souvent des injonctions paradoxales, peut-il en être autrement ? Quelles pistes pour que cela évolue ?
Par Yann Gourvennec, CEO & founder, Visionary Marketing

9H30 – LA TRANSFORMATION DIGITALE EST EN MARCHE

Quel est le rôle du DRH dans la transformation digitale de son entreprise ? A quels enjeux doit-il faire face ? Quels sont les moyens dont il dispose ? Comment transmettre une vision commune pour qu’elle soit partagée en interne ? Comment intégrer les nouveaux métiers du digital ?
Avec :
– Arnaud Gien-Pawlicki, Responsable recrutement et marque employeur, APEC
– Muriel Rocher, Head of Human Ressources, ING France
– Anne-Claire Rodary, Innovation & Transformation Director, Martell Mumm Perrier Jouët
Table ronde animée par Yann Gourvennec, CEO & founder, Visionary Marketing

10H30 – PAUSE ET NETWORKING

11H – DIGITAL LEARNING : LA FORMATION AUX PORTES D’UNE RÉVOLUTION

E-learning, MOOC, COOC, SPOC, classe virtuelle, serious game… Quel dispositif choisir ? Comment piloter ces nouveaux dispositifs de formation ? Comment en évaluer l’efficacité ? Comment impliquer tous les collaborateurs : néophytes, «Active Learners» ?
Avec :
– Xavier Durochat, Head of Learning & Development, Change management & Digital Transformation, BNP Paribas – International Retail Banking
– Cécile Dejoux, Maître de conférences, HDR, Cnam et Professeur affilié, ESCP Europe
– Pierre Dubuc, Co-fondateur, OpenClassrooms
Table ronde animée par Fabrice Deblock, Directeur de conférences, CCM Benchmark Institut

11H45 – CULTURE COLLABORATIVE, MIEUX ACCOMPAGNER LA DIGITALISATION DE L’ENTREPRISE

Comment développer le travail collaboratif dans son entreprise ? Comment sensibiliser ses salariés aux avantages d’une stratégie collective ? Quels outils privilégier ? Comment mesurer les bénéfices de ces outils ? Quel impact les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) ont-ils sur l’engagement des salariés ? Quels sont les impacts sur l’organisation RH et sur le management ? Peut-on s’inspirer des modèles d’holacratie ? Faut-il abandonner l’email en interne ?
Avec :
– Sarah Alezrah, Responsable médias et digital interne, Bouygues Telecom
– Eric Chaumeau, Responsable communication internet et RSE, La Française des Jeux
– Jean-Marc Bernardini, Responsable de l’unité Communication interne et corporate, RATP
Table ronde animée par Xavier Aucompte, Directeur Général, DigitalStrat

12H30 : DÉJEUNER ASSIS

14H – BIG DATA RH, VÉRITABLE LEVIER STRATÉGIQUE POUR L’ENTREPRISE

Quelles sont les opportunités du Big Data pour les RH ? Quels datas pour quels usages ? Comment faire du Big Data RH un avantage stratégique pour l’entreprise ? A quoi servent les données prédictives ? Comment initier un projet de données prédictives RH ? Comment traiter et analyser les données collectées ? Comment garantir la sécurité des données des salariés ?
Avec :
– François Coupez, Avocat à la Cour, Cabinet, ATIPIC Avocat
– David Bellaïche, Président, Althéa Groupe
– Yves Loiseau, Business manager France, Textkernel
Table ronde animée par Vincent Hart de Keating, co-fondateur, Emploi-e-commerce

14H45 – MARKETING RH : DÉVELOPPEZ VOTRE MARQUE EMPLOYEUR

Quels sont les nouveaux outils et les nouvelles pratiques pour développer votre marque employeur ? Comment concilier son image de marque en interne et en externe ? Comment améliorer l’engagement de vos collaborateurs ? Quelles sont les nouvelles opportunités de communication proposées par les réseaux sociaux professionnels ? Comment trouver et attirer les meilleurs talents grâce aux réseaux sociaux ? Comment accueillir les « Digital Natives » dans l’entreprise ? Comment devenir « the Best Place to Work » ?
Avec :
– Thibaud Brunet-Charpentier, Chef de projet digital Marque Employeur, Disneyland Paris
– Véronique Jau-Poupineau, Responsable département marque employeur, La Poste
– Carole Michaud, Consultante marque employeur, LinkedIn France
– Anne-Claire Long, DRH, Michel et Augustin
Table ronde animée par Auriane Guzzo, Chef de projet études, CCM Benchmark Institut

15H45 – PAUSE ET NETWORKING

16H15 – ROBOTISATION ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, VERS UNE COLLABORATION POSITIVE OU UN REMPLACEMENT DES MÉTIERS ?

Comment se préparer à ces innovations ? Quelles transformations ces innovations vont-elles engendrer dans l’entreprise ? Comment gérer la relation H2M, Human to Machine ? Quelles sont les aptitudes des robots et des agents intelligents ? Le Cobot sera-t-il votre futur collègue ? Quelle place pour la robotique dans le recrutement ? Les machines sont-elles de meilleurs recruteurs ? La cobotique est-elle possible ?
Avec :
– Raja Chatila, Directeur de recherche au CNRS et Directeur de l’ISIR
– Martin Hubert, DG, Davi
– Emmanuel Vignon, CTO, YSEOP
Table ronde animée par Catherine Zunic, Directrice, Médias uniques conseil

17H : FIN DE LA JOURNÉE

conférence ccm

code : rh2015visionary

21/05/15

Attractivité de la France vis-à-vis des start-ups : un débat impossible

Combien y a-t-il de start-ups en France ? Combien s’en crée-t-il tous les ans ? S’en crée-t-il plus en France qu’en Angleterre ? Et en Allemagne ? Sommes-nous un pays repoussoir à start-ups et entrepreneurs comme l’indiquent certains déclinologues du terroir, ou faut-il au contraire se réjouir sans limites, d’une explosion de créativité gallique avec le lyrique Xavier Niel ? Ni l’un, ni l’autre nous explique Pedro Abrantes, dans cette interview réalisée pour Visionary Marketing. La nécessité de cette interview s’est imposée à nous suite à un tweet de Pedro qui exprimait son incompréhension quant à un chiffre sur le nombre de start-ups supposé en France et au Royaume Uni. En effet, la France créerait chaque année 100 000 start-ups de plus que l’Angleterre…

le nombre de start-ups en France est dans le flou

le nombre de start-ups en France est dans le flou – photo antimuseum.com

Nombre de start-ups en Europe : Le flou total

Seul problème : le chiffre annoncé paraissait complètement démesuré par rapport à celui du nombre total d’entreprises  créées en France. Et dans ce chiffre on trouve essentiellement des entreprises qui ne sont pas des start-ups. Ceci a piqué notre curiosité et nous avons immédiatement entrepris (Via Twitter) Business France et surtout Eurostat sur ce sujet, avec un succès très relatif pour rester nuancé. En fait, notre conclusion, c’est que peu de monde, voire personne, ne s’intéresse à connaître les vrais chiffres ni la réalité mais tout le monde a un avis sur la question. Très intéressant, même si ce n’est pas nouveau

pedro-abrantes-start-upsIl s’agit en fait d’un débat impossible, car basé sur des données non fiables, voire complètement farfelues. Un grand classique en économie,  qui n’est pas une science mais une science sociale selon Thomas Piketty. On veut bien le croire. Ou plus exactement, devrait-on dire, qui pourrait être une science sociale si tant est qu’on dispose des chiffres suffisants pour tirer des conclusions fiables sur des faits fiables. En attendant que Pedro crée son observatoire (on le prendra au mot), on se contentera donc des avis des uns et des autres, et de leurs théories politico-économiques plus ou moins fantaisistes qui se nourrissent de l’absence de faits comme les champignons de l’obscurité des caves.

Interview de Pedro Abrantes : Les Start-ups et la France

Une discussion motivée par une conférence du G9+  où le nombre annoncé de création de start-ups en France s’élevait à 300 000 …

Nous allons aujourd’hui parler du nombre des start-ups …

J’ai eu une réaction d’étonnement par rapport aux chiffres qui m’ont paru excessifs comparé à la réalité du terrain. Je me suis donc rendu sur le site de l’INSEE afin de regarder comment se décomposait le nombre de créations d’activités, tout confondu. Il y a selon l’INSEE entre 100 000 et 150 000 créations, chaque année, de sociétés pouvant ressembler à une start-up. Le constat est que nous manquons cruellement de données publiques permettant de sectoriser la start-up, afin d’en connaître le nombre, que ce soit en terme de stock (car il s’en crée depuis 1990), et le nombre de créations chaque jour.

Combien d’entreprises se créent en France ?

Il se crée chaque année environ 300 000 entités , y compris les sociétés anonymes (SA), les sociétés à responsabilité limitée (SARL) et un bon nombre d’auto-entrepreneurs. Globalement, on en perd autant qu’on en crée.

Qu’est ce qu’est une start-up ?

C’est une société qui a vocation à innover, par son procédé et/ou par sa démarche de commercialisation. Prenons l’exemple d’AirBNB, première chaine hôtelière qui ne bénéficie d’aucun actif, elle met à disposition des logements de particuliers. on peut également évoquer Uber, qui met en contact ses utilisateurs avec des chauffeurs VTC qui possède déjà leur véhicule. Nous parlons de sociétés qui connaissant une expansion et une croissante fulgurante.

Avons nous un chiffre exact concernant le nombre de start-ups en France ?

Nous manquons de données caractérisant les activités qui se créent. Toutefois, nous pouvons extrapoler sur un certain nombre de chiffre. Si nous partons de l’idée qu’en Ile de France, il y a 10% d’entreprises très innovantes, et que l’Ile de France représente 60% des entreprises françaises, nous avons 20 000 sociétés très innovantes en France. Mais nous restons encore loin des 300 000.

Il y a 550 000 sociétés crées en France pour l’année 2014, dont 283 000 auto-entrepreneurs. Si sur ce total nous ne prenons que les sociétés à responsabilité limité et les sociétés anonymes, nous arrivons à 165 000 sociétés qui pourrait potentiellement être des start-ups. Ce chiffre concerne les sociétés déjà présentes ainsi que les créations récentes. Rappelons que nous sommes sur des postures de politique qui essayent de donner une image d’attractivité du territoire pour faire croître le nombre de créations de start-ups.

Sur ce total de créations, il y a certainement une grosse majorité d’entreprises dans le bâtiment, la restauration, le tourisme…

Effectivement, on pourrait détailler de façon plus précise en fonction des secteurs. Mais notons que nous pouvons être start-up dans le bâtiment, c’est à dire apporter une nouveauté qui modifiera le comportement d’un marché. La start-up n’est pas forcément liée au digital. On peut être start-up dans n’importe quel secteur : la santé, l’extraction pétrolière…

Quels sont les rôles des organisations comme Eurostat dans cette problématique ?

la fabrique à start-up Rocket Internet en Allemagne

La fabrique à start-up Rocket Internet en Allemagne

Nous sommes sur une guerre de chiffres. Aujourd’hui, il nous manque une base statistique : les organismes comme INSEE ou EUROSTAT ont quelques tableaux qui demeurent invérifiables. Il n’y a pas de base solide permettant de connaître le nombre de start-ups qui se créent à Londres ou à Munich, par exemple.

C’est un flou artistique qui permet à chaque gouvernement de se valoriser, car n’ayant pas de chiffre, tout semble permis.

C’est dommage, car il y a une vraie opportunité pour l’économie française, qui est celle de comprendre le mécanisme de vie d’une start-up et de savoir si elle sont capables d’irriguer et de renouveler l’économie sur de nouveaux secteurs.

Que peut-on nous faire afin d’éclaircir ce flou autour du nombre de start-ups ?

Il faut absolument créer une plateforme de référencement qui soit transparente et ouverte.

Premièrement, il faudra mettre en place une association avec des organismes qui sont proches des start-ups, comme la FrenchTech, ou l’OpenLab, qui permet de donner accès aux chiffres de l’Etat.

Bénéficier de chiffres fiables est essentiel. De plus, cela donnera l’opportunité de comprendre le mécanisme et de pouvoir créer des business à partir de cela. Pour aller plus loin, nous pouvons créer une base référençant toutes les entreprises qui se créent, et pouvant faire du retour d’expérience.

Concernant le retour d’expérience, nous avons eu quelques exemples avec Qui Va Couler ou Not Another Start Up même si leur point était relativement péjoratif.

Je me dis qu’il y a une opportunité et j’espère pouvoir embarquer l’école Sup de web dans cette direction, et d’autres d’ailleurs, à se dire qu’il faut absolument qu’on crée une plateforme de référencement qui soit transparente et qui soit ouverte. Alors premièrement mettre en place une association avec French Tech, avec d’autres organismes qui sont proches des start-ups et probablement une cellule comme celle de l’état, l’Open Lab, qui permet de donner accès aux chiffres de l’Etat.

Si on donne des chiffres, on donne l’opportunité à des gens de comprendre comment fonctionne le mécanisme et créer de nouveaux business à partir de cela.

Pour aller plus loin, on peut créer une base unique de référencement toutes les sociétés qui se créent et j’aimerais également avoir une base qui puisse faire un peu de retour d’expérience.

La caricature étant une fabrique Internet dont l’Allemagne est spécialiste

Faire du copycat sur une idée qui fonctionne aux Etats Unis, c’est bien. Mais le mieux reste de créer sa boîte autour de sa propre idée, et pas simplement reprendre une idée afin de la revendre et obtenir un revenu substantiel comme le fait Rocket Internet. Et même si cela fonctionne, il faut laisser la place à d’autres business models.

A quand la start-up des start-ups ?

Je souhaite le réaliser avec mes étudiants du Master Start-Up Digital de Sup de Web pour la rentrée 2014, afin qu’il soit en ligne début 2016. Ce qui permettra aux intéressés de s’agréger dessus. J’espère obtenir des partenariats avec des organismes qui sont proches des start-ups.

20/05/15

RP et journalistes : deux métiers à réinventer

« Il y a bien longtemps, dans une galaxie très, très lointaine, le vaisseau Relations Medias parcourait l’univers, propageant la bonne parole… ». Non, cette vidéo n’est pas un nouveau trailer du prochain Star Wars : il s’agit d’une vidéo qui a fait beaucoup de bruit dans le monde du journalisme et des RP. Le titre n’est pas choisi par hasard : Very Press Trip nous raconte la « gueule de bois » du journalisme après l’arrivée des médias sociaux. Cette vidéo, réalisée initialement pour le service des RP de Total a dépassé son auditoire interne pour se répandre sur Internet. Ce qui n’a pas plus à tout le monde… Joss de Richoufftz est dirigeant de So Bam, agence de création d’audiovisuel et multimédia, qui a créé cette vidéo. Il nous apporte son regard sur sa création, l’origine de celle-ci et son impact, plus ou moins attendu.

Very Press Trip, la vidéo de Total sur les RP et les journalistes face aux médias sociaux est une référence à Very Bad Trip, dont le thème est « la gueule de bois après le changement du digital »…

Comment est née cette vidéo ?

Nous travaillions avec le service Relation presse de Total depuis quelques mois. Nous faisions des dossiers de presse et des infographies, toujours dans l’optique de bousculer gentiment leurs méthodes de travail… Puis un jour, la directrice des relations presse de Total, Isabelle Desmet, m’a confié qu’elle aimerait réaliser un court-métrage sur les relations presse afin d’éclaircir le but de ce métier, pour l’interne.

Elle a souhaité qu’il soit réalisé sous forme de film, de manière assez ouverte et décalée, rempli de créativité, en utilisant le point de vue que nous avions des relations presses, au cours de notre collaboration.

 

 

Journalistes - RP - deux métiers à réinventer

Ceci est une capture d’écran du court-métrage « Very Press Trip ».

A qui était destiné ce film?

Il a été réalisé pour l’interne. Comme il est dit à la précédente question, Nous nous sommes servis du regard que nous avions sur les relations presse en collaborant avec eux. Notre sens critique a été essentiel pour la réalisation de ce film. Total a voulu montrer ce film lors d’un séminaire, ce qui nous a laissé 1 mois afin de le scénariser et le réaliser. Nous avions une grande marge de manœuvre, ce qui nous a permis d’exprimer notre créativité.

Quelle a été la réception du film en interne ?

Il y a eu d’excellents retours lors du séminaire. Il a ensuite été diffusé en interne où il a également plu. Par la suite, Total a décidé de le rendre public, notamment lors des vœux de 2015 [NDLR les réactions de certains journalistes ont été mitigées]. Ce film nous a également permis de nous mettre en relation avec d’autres RP, de grosses structures.

Quels ont été les changements quotidiens suite à ce film ?

Dans les grandes entreprises comme Total, le changement prend du temps. Il y a des changements qui ne sont pas dus au film. C’est un mécanisme qui commence à se mettre en route et ce film participe à la prise de conscience du problème. Very Press Trip a permis d’accompagner la structure dans son optique de changement. Cependant, plusieurs changements ont été réalisés suite au film comme la mise en place d’une campagne de formation au digital ou encore l’installation d’un Intranet simplifié.

Quelles ont été les réactions des journalistes ?

L’accueil des journalistes a été positif, malgré les clichés utilisés car n’oublions pas que ce film reste le regard extérieur de So Bam, qui est volontairement caricatural. Le film a été réalisé autour des RP (qui ont fait preuve d’autodérision autour de leur métier) et non des journalistes ; il reflète finalement la perception qu’ont les journalistes des relations presse, et vice versa.

Quel est l’avenir des RP ? Pourrions-nous réaliser le même film dans 5 ans ?

Ce film est très parlant pour beaucoup de RP d’aujourd’hui. Total nous a laissé la liberté de le faire, et a accepté la critique. Je pense qu’une nette évolution des pratiques des RP, dans les 5 ans, est inévitable. Il en est de même pour les journalistes, dans leur métier, leur manière de faire, leur perception des choses et leur façon de gérer les nouveaux médias (Twitter).

Et notamment, pourrons-nous faire un film sur les journalistes qui recopient Twitter ?

Des changements de méthodes de travail sont nécessaires, car l’évolution des médias force les journalistes à réapprendre le métier. Ils sont en train d’évoluer avec des outils dont la gestion, la provenance et la pertinence de l’information, sont essentielles.